Après la messe, les deux héros se confient leurs destinées bien
différentes. Sîfrit, à l'aide de son talisman, promet à Gunther de
l'aider à dompter l'épouse rebelle.
Ici le poëme, semblable à _Daphnis et Chloé_ ou plutôt à l'Arioste,
change de ton et tourne par sa crudité naïve en tragi-comique. Sîfrit,
à l'aide de l'obscurité, pénètre sans être vu dans l'appartement
nuptial, il lutte longtemps invisible avec Brunhilt et remet au roi
son épouse vaincue et soumise. Il lui dérobe seulement un anneau et
une ceinture soustraits pendant la lutte. Il s'évade sans avoir été
reconnu et va rejoindre sa femme Kriemhilt. Le sujet nous oblige à
abréger ces détails aussi poétiques, mais moins chastes qu'Homère.
Cela est bien beau, mais un peu barbare. Passons.