XIII

«A nos Seigneurs à toujours, Gundégisil, Nicasius, et Saffarius,

très dignes possesseurs du siège apostolique, les évêques

Ethérius, Syagrius, Eunacharius, Hésychius, Agrœcola, Urbicus,

Félix, Véranus, item Félix et Bertchramm. Nous avons reçu les

lettres de vos béatitudes; et autant, à l’ouverture des

nouvelles, nous avons été réjouis au sujet de votre santé,

autant nous sommes saisis d’un chagrin profond au sujet de

l’injure que vous nous marquez avoir reçue, puisqu’on brise la

règle et qu’on ne conserve aucun respect pour la religion. Vous

nous avez fait connaître que les religieuses qui, à

l’instigation du Diable, sont sorties du monastère de Radegunde,

d’heureuse mémoire, n’ont consenti à écouter aucune de vos

admonitions ni rentrer dans l’enceinte de leur monastère

qu’elles avaient quitté, et que de plus elles ont insulté à la

basilique du bienheureux Hilaire, en vous y maltraitant vous et

les vôtres; qu’à cette cause vous avez cru devoir les suspendre

du bienfait de la communion; et vous avez souhaité de recevoir

sur cela les avis de notre médiocrité. En conséquence, comme

nous savons que vous avez très à propos cité les canons, et que

la règle statue formellement que ceux qui seront surpris en de

pareils excès doivent être punis non seulement par

l’excommunication, mais par les peines de la pénitence; ajoutant

en cette affaire aux témoignages de notre respect notre

sentiment ardemment désireux de notre affection, nous déclarons

adhérer complètement à votre avis relativement aux points que

vous avez touchés jusqu’à ce que, réunis au concile synodal des

calendes de novembre, nous délibérions ensemble sur le moyen de

mettre un frein à l’audace de telles gens, afin que dorénavant

nul n’ose se permettre, encouragé par l’indulgence, de commettre

de pareilles choses. Cependant, comme la parole du Seigneur

Apôtre Paul nous avertit sans cesse que nous devons à _à temps

et à contretemps_ corriger par la prédication tous ceux qui

s’oublient; et comme elle nous assure que la _piété est utile à

tout_, nous vous engageons encore à conjurer par des prières la

miséricorde divine, afin que l’esprit de componction daigne

enflammer ces femmes et qu’elles rachètent dignement par la

pénitence les fautes qu’elles ont commises; afin que, par votre

prédication, Christ aidant, ces âmes, mortes, en quelque sorte,

retournent dans leur monastère; afin que celui qui rapporta sur

ses épaules dans la bergerie la brebis égarée daigne se réjouir

de leur retour comme de l’acquisition d’un troupeau. Nous vous

demandons surtout de constamment nous accorder, comme nous

l’espérons, le secours de votre intercession.

Votre dévoué Ethérius, humble pécheur, qui se permet de vous

saluer. Votre client Eséchius, qui prend la liberté de vous

saluer respectueusement. Votre ami Syagrius, qui vous salue

respectueusement. Urbicus, pécheur, qui vous honore et vous

salue avec soumission. L’évêque Véranus qui vous vénère et vous

salue respectueusement. Votre serviteur Félix, qui se permet de

vous saluer. Votre humble et affectionné item Félix, qui ose

vous saluer. Votre humble et obéissant Bertchramm, évêque, qui

prend la liberté de vous saluer.»

_Lettre des évêques à Gundégisil_, donnée par

Le meneur de louves · 第 25 / 36 题