M. A.

Nervi, ce 16 février 1856.

Ma Chère Comtesse, j'ai prié notre commune Amie, la bonne Mme Mollien,

d'être mon interprète auprès de Vous, ma santé ne me permettant pas de

Vous écrire comme je l'aurois désiré depuis longtemps; mais, à

présent, que, graces à un retour de beau temps, mes forces reviennent

journellement, je ne veux plus tarder à Vous remercier de votre lettre

du 3 de ce mois, des bons voeux qu'elle contient, et à Vous offrir

ceux que je forme pour votre conservation et pour votre bonheur. J'ai

vû avec peine que la santé du Chancelier vous avoit donné des

inquiétudes, heureusement j'ai appris depuis qu'il étoit parfaitement

rétabli, j'espère qu'il ne doute pas du vif et constant intérêt que

je lui porte. J'ai bien pensé au chagrin que vous avoit causé la mort

de M. Molé, il est si triste de voir ainsi finir les uns après les

autres des anciens amis qu'on ne retrouve plus. Nemours et sa femme me

chargent de Vous remercier de votre bon souvenir et de Vous dire bien

des choses de leur part, ils me soignent avec une constante tendresse.

Quant à Clémentine; elle est retournée chez Elle depuis le mois de

Xbre; et Elle a eu son fils ainé avec une fièvre typhoïde qui l'a fort

inquiétée; il en est à présent entièrement rétabli. Adieu, ma Chère

Amie, comptez sur tous les anciens et constants sentimens pour Vous de

la vieille solitaire, de

Votre bien affectionnée

MARIE AMÉLIE.

Récits d'une tante (Vol. 3 de 4) Mémoires de la Comtesse de Boigne, née d'Osmond · 第 33 / 106 题