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Where our Chiefs of Old; where our heroes of mighty name?
The fields of their battles are silent--scarce their mossy tombs remain!
OSSIAK
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MONTRÉAL
DE L'IMPRIMERIE DE LOVELL ET GIBSON, RUE SAINT NICOLAS
1848
PETIT DICTIONNAIRE
DE LA
MYTHOLOGIE AMÉRICAINE.
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AMÉRIQUE, ainsi nommée d'Amerigo Vespucci. On la peint comme une femme
au teint olivâtre, coiffée de plumes et armée de flèches. A ses pieds,
une tête percée d'une flèche, dénote qu'elle a des habitans
antropophages. A ses côtés est le calumet, dont les ailes du caducée de
Mercure annoncent l'usage. La pêche et la chasse, principale occupation
des Américains, sont désignés par deux enfans changés l'un de poisson,
l'autre de gibier. Le caïman et le bananier achèvent de la caractériser.
Lebrun l'a exprimée par une femme d'une carnation olivâtre, qui a
quelque chose de barbare. Elle est assise sur une tortue, et tient d'une
main une javeline, et de l'autre un arc. Sa coiffure est composée de
plumes de diverses couleurs; elle est revêtue d'une espèce de jupe qui
ne la couvre que de la ceinture aux genoux.
ARESKOVI, AREOUSKI, dieu de la guerre, que les Hurons invoquaient avant
de se préparer au combat, par cette prière que prononçait leur Chef: «Je
t'invoque pour que tu sois favorable à mon entreprise; et vous, esprits,
bons ou mauvais, vous tous qui êtes dans les cieux, sur terre et sous
terre, je vous invoque aussi. Pressez votre puissance, et faites en
sortir tous les fléaux vengeurs, qui versent la destruction sur nos
ennemis. Rendez-les victimes de notre colère, et ramenez-nous dans notre
pays couverts des ornemens de la victoire; que la gloire nous porte sur
ses ailes jusque dans les pays les plus éloignés. Et toi! mort, aiguise
ta faux tranchante: fais baiser la poussière de nos pieds à ces tribus
qui nous veulent la guerre.»
ATAHUATA, nom du créateur du monde dans l'opinion de certains sauvages
riverains du St. Laurent. _V. Otkee_.
ATLANTIDE, île fabuleuse, que Platon place dans l'Océan près des
colonnes d'Hercule, et qu'il suppose avoir été engloutie. Je ne la
mentionne que parce que M. Garneau, de Québec, qui publie une nouvelle
histoire du Canada, semble être d'opinion que des auteurs ont cru que
l'Atlantide était l'Amérique.--Diodore, sicule, place dans cette île le
berceau de toute les mythologies.
CHOUN, divinité adorée dans le Pérou, avant l'origine des Incas. Les
Péruviens racontaient qu'il vint chez eux, des parties septentrionales
du monde, un homme extraordinaire, qui avait un corps sans os et sans
muscles; qu'il abaissait les montagnes, comblait les vallées, et se
frayait un chemin en des lieux inaccessibles. Ce choun, législateur du
Pérou, établit ce pays, auparavant inhabité. Les parties septentrionales
dénotent clairement le nord de l'Europe.
COSMOGONIE. Les peuples qui habitaient les rives du Mississipi, et
certains d'entre ceux du Canada s'imaginaient que le ciel, la terre et
les hommes ont été faits par une femme qui gouverne le monde avec son
fils. Le fils est le principe du bien, et la mère, celui du mal. Voici
comment ils expliquent la création. Une femme descendit du ciel, et
voltigea quelques temps en l'air, se sachant où poser le pied. La tortue
lui offrit son dos: elle l'accepta, et y fit sa demeure. Dans la suite,
les immondices de la mer se ramassèrent autour de la tortue, et y
formèrent insensiblement une grande étendue de terre. Un esprit, qui
savait que la solitude n'était point du goût de cette femme, descendit
aussi, et ils eurent deux jumeaux, qui s'occupèrent de la chasse. La
jalousie les brouilla, et il y en eut un qui fut enlevé au ciel.
L'esprit donna à la femme une fille qui peupla l'Amérique méridionale.
La femme, chassée du ciel, selon les Hurons et les Iroquois, pour
l'avoir souillé par son commerce avec Hougoaho, s'appelait Atehentsick.
Le Chippeouais croient que le globe n'était d'abord qu'un vaste Océan,
et qu'il n'y avait d'être vivant qu'un puissant oiseau, dont les yeux
étaient de feu, les regards des éclairs, et le mouvement des ailes un
tonnerre éclatant. Il descendit sur l'Océan, et aussitôt qu'il le
toucha, la terre s'élança au-dessus des eaux, et y demeura en équilibre.
L'ancienne école de géologie, qui se forma en Europe au seizième siècle,
s'expliquait à peu près comme les Chippeouais, è part le puissant oiseau
de ces derniers.
D'autre croient que l'être suprême porté sur les eaux avec tous les
esprits qui composaient sa cour, forma le monde d'un grain de sable
qu'il tira de l'Océan.
CUNTUR, oiseau fameux au Pérou, où il était adoré comme une divinité.
Les Espagnols l'appellent condor. Les naturalistes pensent que c'est le
même que le _rouch_ de Arabes.
CUPAY, selon les Floridiens, préside dans le _bas monde_ où les méchans
sont punis après leur mort. C'est leur Pluton.
DABAIBA, déesse des habitans de Panama, née de race mortelle, fut
déifiée après sa mort, et appelée la mère des dieux. Quand il tonne,
c'est au dire des habitans, Dabaiba, qui est en colère.
DÉLUGE. Les Brésiliens racontent qu'un étranger fort puissant, et qui
haïssait extrêmement leurs ancêtres, les fit tous périr par une violente
inondation, excepté deux, qu'il conserva pour faire de nouveaux hommes.
Les Mexicains prétendent que Dieu avait fait de terre un homme et une
femme, et que ces deux modèles de la race humaine étant allé se baigner,
perdirent leur forme dans l'eau. Dieu la leur rendit par le moyen d'un
mélange de métaux. Leurs descendans, étant tombés dans l'oubli de leur
devoir, en furent punis par un déluge, qui les détruisit, à l'exception
d'un prêtre nommé Tezpi, qui s'était mis avec sa femme et ses enfans
dans un grand coffre de bois, où il avait aussi rassemblé quantité
d'animaux et d'excellentes semences. Après l'abaissement des eaux, il
avait lâché un oiseau nommé _Aura_, et plusieurs autres successivement.
Le plus petit, et celui que les Mexicains estiment le plus par la
variété de ses couleurs, revint avec une branche dans son bec.--_V. à
l'article de Passaconaoua un récit différent d'après les livres peints._
ESPRITS. Les Chrystinaux s'imaginaient que lorsqu'un homme est enterré
sans qu'on place à côté de lui tout ce qui lui a appartenu, son esprit
revêt une forme humaine, et se montre sur les arbres les plus voisins de
sa cabane, ne prenant de repos qu'après que les objets qu'il réclame ont
été déposés dans sa tombe.
ÉTERNITÉ. Les Virginiens regardaient le cours perpétuel des fleuves
comme le symbole de l'éternité de Dieu, et dans cette idée, leur
offraient des sacrifices.
JONGLEURS. Les Illinois et les peuples du sud ont des prêtres fort
habiles, et d'autant plus redoutés que l'on croit qu'ils peuvent faire
mourir un homme, fût-il à 200 lieues de distance. Ces fourbes font une
figure d'homme qui représente leur ennemi, et lui décochent une flèche
dans le coeur: l'homme représenté par cette image, a infailliblement,
selon eux, ressenti l'effet de dette blessure. Le même préjugé régnait
en Europe au moyen âge: j'en trouve un exemple remarquable dans
l'histoire d'Angleterre.
JOUANAS, prêtres de Floride. Voyez ce que je dis d'Iarva au chapitre des
Paraoustis.
JOUKESKA, le premier des bons génies, ou le soleil, selon les sauvages
du Nord.
JUBILÉ. Les Mexicains avaient une espèce de jubilé, de quatre en quatre
ans, durant lequel ils croyaient obtenir le pardon de leurs fautes. Des
jeunes gens des plus lestes et des plus vigoureux se défiaient à la
course. Il s'agissait de monter sans reprendre haleine, au sommet d'une
montagne, où était bâti le Temple de Tescalipuca, dieu de la pénitence.
Celui qui arrivait le premier recevait les plus grands honneurs, et le
privilège d'enlever les viandes sacrées.
KICHTAN, l'être suprême, selon les premiers sauvages de la Nouvelle
Angleterre, a créé le monde et tout ce qu'il contient. Après la mort,
les hommes vont frapper à la porte de son palais. Il reçoit les bons;
mais il dit aux méchans: Retirez-vous, il n'y a point ici de place pour
vous.
KITCHI-MANITOU, déité des sauvages du Canada, à laquelle ils
attribuaient tout le bien. _V. Matchi-Manitou._
KIWASA, dieu des Virginiens. Ils le représentaient avec un calumet,
auquel ils mettaient le feu. Un prêtre, caché derrière l'idole, aspirait
le tabac, è la faveur de l'obscurité dont il s'environnait. Kiwase
apparaissait quelque fois, en personne, à ses adorateurs, sous la figure
d'un bel homme, avec, sur un côté de la tête, une touffe de cheveux qui
lui descendait jusques aux pieds. Il se rendait au Temple, y fesait
quelques tours dans une grande agitation, et retournait au ciel, quand
on lui avait envoyé huit prêtres pour savoir sa volonté.
KUPAY, nom du démon chez les Péruviens. Quand ils prononçaient ce nom,
ils crachaient à terre en signe d'exécration.
LAÏCA, nom de fée au Pérou. Elle était bienfaisante, au lieu que la
plupart des magiciens se plaisaient à faire du mal.
LUGUBRE, oiseau du Brézil dont le cri funèbre ne se fait entendre que la
nuit, ce qui le fait respecter des naturels, qui s'imaginent qu'il est
chargé de leur porter des nouvelles des morts. Léry, voyageur français,
raconte, que passant par un village, et ayant ri de l'attention avec
laquelle ils écoutaient les cris de cet oiseau, un ancien lui dit
rudement: Tais-toi, et ne nous empêche point d'entendre les nouvelles
que nous font annoncer nos grands-pères.
LUNE. Les Péruviens regardaient la lune comme la mère de leurs Incas.
Ils prétendaient aussi que les marques noires que l'on aperçois en elle,
lui ont été faite par une renard, devenu amoureux d'elle, et qui, ayant
monté ciel, l'embrassa si étroitement, qu'il lui fit ces taches à force
de la serrer.
MAMACOCHA, sous ce nom les Péruviens adoraient l'Océan. _Acosta apud
Noël_.
MANCO-CAPAC, législateur et dieu de ces peuples. Manco et sa femme
étaient les enfans du soleil. Cet astre les ayant chargés d'instruire et
d'humaniser les Péruviens, ils se mirent en route, et se guidèrent au
moyen d'une verge d'or. Arrivés dans la vallée de Cusco, la verge
s'abyma en terre, d'où ils conclurent que ce lieu devait être le siège
de l'empire. _V. Pacha-camac._
MATCHI-MANITOU, esprit malfaisant des sauvages du Nord. Plusieurs
croyaient que les orages sont causés par l'esprit de la lune qui s'agite
dans les eaux. Ils jetaient alors dans la mer ce qu'ils avaient de plus
précieux dans leurs canots, croyant l'apaiser par ce sacrifice.
MATCOMECH, dieu de l'hiver chez les Iroquois.
MATILALCUIA, déesse des eaux chez les Mexicains. Elle était revêtue
d'une chemise bleue céleste.
MESSOU, déité qui répara les désastres causés par le déluge. Ce Messou
allant à la chasse, ses chiens se perdirent dans un grand lac, qui,
venant à se déborder, couvrit la terre en peu de temps; mais ce Dieu
changea d'autres animaux en hommes, et repeupla le monde.
OIROU, objet du culte des anciens Iroquois. C'était la première
bagatelle qu'ils voyaient en songe, un calumet, une plante, etc., etc.
OTKEE, selon les sauvages de Virginie, Otkon suivant les Iroquois, était
le nom du créateur du monde.
OUAHICHE, génie dont les prêtres iroquois prétendaient savoir le passé,
le présent et l'avenir.
OUIKKA, l'Eole des Esquimaux, fait naître les tempêtes, renverse les
barques, et rend inutiles les plus généreux efforts de ceux qui
conduisent les pirogues. Ceux qui découvrirent les premiers l'Amérique
n'avaient point avec eux de Camoëns. Dans la Susiade, par ce grand
poëte, lorsque Vasco de Gama est près de doubler le Cap des Tempêtes,
tout-à-coup, on aperçoit un personnage formidable qui s'élève du fond
des mers, sa tête souche les nues, les vents, les tonnerres sont autour
de lui, ses bras s'étendent sur la surface des eaux. Ce génie est le
gardien de cet Océan, dont nul vaisseau n'avait encore fendu les ondes.
Il menace la flotte, il se plaint de l'audace des Portugais qui viennent
lui disputer l'empire de ces mers, et leur annonce toutes les calamités
qui doivent traverser leurs entreprises. Cette fiction est une des plus
belles que l'on puisse opposer aux anciens.
PACHACAMAC, celui qui anime le monde, nom de l'être suprême au Pérou. La
terre était adorée sous le nom de Pachacamama.
PARADIS. Les mexicains pensaient que le ciel est placé près du soleil.
Dans ce séjour, les défenseurs de la patrie occupent le premier rang, et
les victimes immolées aux dieux, le second.
Les Floridiens apalaches croient que les âmes des bons prennent rang
parmi les étoiles.
PAWORANCE, c'est le nom que les Virginiens donnaient à leurs autels.
Avant l'arrivée des Anglais, le principal Temple était bâti dans un lieu
appelé Ultamus Sak. On y voyait trois grands bâtimens de soixante pieds
chacun et tout remplis d'images. On conservait les corps des rois dans
ces maisons religieuses où les prêtres seule et les princes avaient le
privilège d'entrer. Le Paworance était d'un crystal solide et si
transparent, que l'on pouvait voir au travers le grain de la peau d'un
homme. Les Virginiens respectaient beaucoup un petit oiseau qui répète
sans cesse le mot Paworance. Ils disaient que cet oiseau était l'aîné
d'un de leurs princes.
QUITZALCOAT, dieu du commerce chez les Mexicains. C'était leur Mercure.
On l'honorait particulièrement à Cholula, ville que l'on croyait qu'il
avait fondée.
SERMENT. Lorsque les Arkansas, sauvages de la Louisiane, juraient ou
fesaient quelque serment, ils prenaient un casse-tête, avec lequel ils
frappaient sur un poteau, en rappellant les beaux coups qu'ils avaient
faits à la guerre, et en promettant de tenir leur parole--(_Noël
d'après_ Bossu).
SOLEIL. On peut ranger parmi les adorateurs du soleil les Floridiens
apalaches. Ils attribuaient à cet astre la création de l'Univers, et
racontaient, qu'ayant cessé de paraître durant vingt-quatre heures, son
absence occasionna un affreux déluge. Les eaux du grand lac Théomi ayant
débordé couvrirent la terre et jusques aux plus hautes montagnes,
excepté celle d'Olaimy, sur laquelle se soleil s'était lui-même bâti un
temple.
Les Natchez et les peuples du Mississipi regardaient le soleil comme un
des aïeux de leurs Chefs.
Les femmes, dans le Canada, haranguaient l'astre du jour à son lever, et
lui présentaient leurs enfans.
SOULBIECHE, nom de l'être suprême chez les Allibamons, peuplade de la
Louisiane.
TATUSIO, dieu des Magnacicas, peuplade du Paraguay, garde jour et nuit
un pont de bois jeté sur un grand fleuve, où se rendent les âmes au
sortir du corps. Ce dieu les purifie avant de les laisser passer pour
aller en paradis, et si elles font la moindre résistance, il les
précipite dans le fleuve--(_Le P. Charlevoix, Hist. du Paraguay._)
TAZI, mère commune, nom que les Mexicains donnaient à la terre.
TEPHRAMANCIE, espèce de divination dans laquelle on se servait de la
cendre du feu qui avait consumé les victimes. On prétend que les
Algonquins et les Abénaquis la pratiquaient.
TESCALIPUCA, dieu de la pénitence au Mexique. Son idole était d'une
pierre noire et polie comme le marbre. Elle avait à la lèvre inférieure
des anneaux d'or avec un petit tuyau de crystal, d'où sortait une plume
verte ou bleue; la tresse de ses cheveux était dorée, et supportait une
oreille d'or, symbole de l'attention. Elle avait sur la poitrine un
lingot d'or; ses bras étaient couverts de chaînes du même métal; une
émeraude formait son ombilic, et elle avait à la main gauche une plaque
d'or unie comme un miroir, d'où sortaient en forme d'éventail, des
plumes de diverses couleurs.
TLALOCATETULTHLI, dieu des eaux, le Neptune des Mexicains.
TOIA, dieu de la guerre chez les Floridiens.
TORI, grand'mère, nom donné à une ancienne reine des Mexicains, qu'ils
avaient divinisée, et qui était comme leur Cybelle.
TOUPAN, nom sous lequel les peuples du Brésil honorent le tonnerre. Ils
sont saisis de la plus grande frayeur en l'entendant gronder, et quand
on leur dit qu'il faut adorer le vrai Dieu, qui est le maître du tonner:
chose étrange! disent-ils, que Dieu qui est si bon, épouvante ainsi les
hommes.
TUPARAN ou WAC, selon les Edues peuplade de la Californie, se révolta
autrefois contre _Niparaya_, créateur du ciel et de la terre, et osa lui
livrer bataille. Mais Niparaya le défit, le dépouilla de sa puissance,
le chassa du ciel, et le confina dans une caverne souterraine, qu'il
donna en garde aus baleines. Ce dieu bienfaisant n'aime pas que les
hommes se battent, et ceux qui meurent d'un coup de flèche ou d'épée ne
vont point au ciel. Au contraire Tuparan aime la guerre, parce qu'elle
peuple sa caverne.
UCUPACHA, bas monde, un des noms que les Péruviens donnent à leur
principal dieu Pacha-camac.
VEU PACHA, centre de la terre. Les Amautas, docteurs et philosophes du
Pérou, appellaient ainsi l'enfer. Ils pensaient à peu près comme le
célèbre théologien Lessius, qui place aussi l'enfer au centre de la
terre; mais ils n'y mettaient pas comme lui de l'huile bouillante, et ne
fesaient consister ses tourmens que dans les maux ordinaires de la vie,
sans aucun mélange de bonheur ni de consolation.
VICTIMES. Quelques peuplades du Mexique ayant été battues par Ferdinand
Cortez lui envoyèrent des députés avec trois sortes de présens.
«Seigneur, lui dirent-ils, voilà cinq esclaves que nous t'offrons; si tu
es un dieu qui se nourrisse de chair et de sang, sacrifie les; si tu es
un dieu débonnaire, voilà de l'encens et des plumes; si tu es un homme,
prends ces oiseaux et ces fruits.»
VITZILIPUTZILI, le plus fameux des dieux du Mexique, y conduisit les
Mexicains comme Jehovah conduisit les Hébreux. Les Mexicains, ainsi
appellés de Mexi leur général, étaient d'abord des peuplades vagabondes.
Ils firent une irruption sur les terres de certains peuples appellés
Navatelcas, assurés du succès de leur dieu, qui marchait lui-même à leur
tête, porté par quatre prêtres, dans un coffre tissu de roseaux. Les
Mexicains avaient une immense étendue de pays à parcourir avant
d'arriver à cette terre promise; mais enfin, Viziliputzili ordonna à
Mexi d'asseoir son camp dans un endroit où l'on trouva un figuier planté
dans un rocher, sur les branches duquel était perché un aigle tenant
entre ses griffes un petit oiseau.