Ces deux semaines ont été comme un rêve douloureux.
Ma mère est venue hier, toute seule. Elle a pleuré en me voyant. Je dois
être bien changé. Elle m'a demandé si je répugnerais à voir un prêtre.
J'ai écrit à Jeanne, comme je t'écris à toi, pour laisser mon coeur
parler. Si nous devions nous retrouver dans l'autre vie....
Voilà maintenant dix-neuf jours que je ne me suis levé. Mes yeux
faiblissent; je ne vois plus bien Paris.
Quand ma mère est partie, elle a parlé au docteur dans l'antichambre.
J'ai entendu qu'il lui disait: «Ça peut durer un mois, deux mois, mais
ça peut finir brusquement.» Il me semble que Jeanne est morte. J'ai hâte
de mourir aussi.