J'ai eu trois jours de crise. La crise va revenir. Elle n'est pas loin,
je la sens, elle me guette.--Depuis quinze jours, j'en ai souvent.
Je n'étais pas assez misérablement impuissant! Il me faut ce surcroît.
Ta lettre est encore sur mon bureau: la lettre que je t'ai écrite.
Que vais-je te demander, si tu viens? que peux-tu faire? Tu as une
carrière. Puis-je exiger de toi que tu me donnes ta vie?
Et sur quels indices te mettrais-je en campagne?
Un billet anonyme, écrit par cette femme qui m'a déjà trompé....
Je suis découragé jusqu'à l'agonie.
Ta lettre est là. Elle y reste....
Te souviens-tu? Ce Martroy dont parle la quêteuse s'est présenté à moi
de lui-même au moins deux fois, peut-être trois fois....
Je viens de feuilleter tout le dossier: c'est trois fois.
La dernière fois, qui est assez récente, il prenait le nom de J.-B.
Calvaire et me disait de lui écrire poste restante. C'était vers la fin
de septembre.
J'ai écrit ce matin poste restante et j'ai mis un bon dans la lettre.
Mais de septembre en avril! sept mois! Il a dû se fatiguer d'aller au
bureau de poste sans y jamais rien trouver.
J'ai remords de ma négligence. Que de fautes il y a dans mon malheur!
Et d'un autre côté, puis-je accorder confiance à un avis qui me vient de
cette femme!
Que le bon Dieu ait pitié de moi!