(Même écriture que les deux billets anonymes, attribués à la quêteuse de
Notre-Dame des Victoires. Sans signature.)
Londres, 30 février 1866.
_À M. L. Thibaut._
Il se peut, il se doit même que vous ayez défiance de moi. Vous avez vu
mes traits. C'est un très grand malheur _pour vous,--et pour elle._
Vous en savez assez pour condamner. Vous ignorez trop pour juger.
J'avais accompli un acte très difficile, presque impossible, dans la
nuit du 7 au 8 décembre. On m'a volée du résultat de mes efforts.
Ce qui avait été fait pour elle a tourné contre elle.
Je ne me suis pas découragée. Mon devoir reste le même: mon devoir
impérieux.
J'arrive de New York. Une fausse indication m'avait dirigée sur
l'Amérique où je croyais trouver Jeanne.
Jeanne n'a pas quitté la France, peut-être même n'a-t-elle pas quitté
Paris. J'y retourne.
Ne craignez aucune catastrophe immédiate. _Quelque chose protège
Jeanne._
_Et quelqu'un aussi_.
N'avez-vous pas des amis? N'avez-vous pas au moins un ami? Personne
n'est sans avoir un ami.
Appelez à votre aide. Tout n'est pas désespéré.
Il serait de la plus haute importance de trouver un homme du nom de
J.-B. Martroy, qui doit être à Paris en ce moment.
J'ai lieu de croire qu'il se cache. Encore une fois, appelez à votre
aide. Efforcez-vous.
La protection qui couvre Jeanne peut faiblir--ou disparaître.
_Mention de la main de Lucien_.--Cette lettre fut trouvée par moi à mon
ancien logement, lors de ma première sortie. On m'y demandait si j'avais
un ami, Geoffroy, je songeai à toi.