(Écriture de M. Louaisot, sans signature.)
Pas d'adresse. Paris, 23 juillet 65.
Je suis étonné de ne rien recevoir de vous. Est-ce que vous dormez? Le
moment ne serait pas bien choisi.
Je n'ai aucun avis à vous donner, mais si par hasard vous reculez
maintenant devant l'arrestation et ce qui s'ensuit, que faire de la
petite?
Vous m'avez mis en avant, allez-vous me lâcher?
Après la visite domiciliaire, pas moyen de reprendre l'enfant à la
maison.
La police et la justice pataugent, selon leur habitude. Ça fait plaisir,
mais ça ne mène à rien. Il serait grand temps de leur fournir un point
de départ raisonnable, sous main, s'entend, et de les prendre par la
patte pour les conduire tout doucement sur le chemin de la _vérité_ (ce
dernier mot était souligné au crayon.)
Je vous prie de me répondre courrier pour courrier, ça en vaut la peine.
Je suis très ennuyé de cette histoire, indépendamment même de la
descente de police, qui a porté atteinte à la considération dont je
jouis dans mon quartier. Vous aurez à m'en tenir compte.