MONROSE, OU LE LIBERTIN PAR FATALITÉ

Suite de FÉLICIA, par le même auteur, quatre parties. Paris, 1795.

De nouveaux personnages ajoutés à ceux que nous connaissons recommencent

une série d'orgies, pourvue du même genre d'attrait que la première.

L'abbé de Saint-Lubin, la baronne de Liesseval, Mimi, madame de

Flakbach, Armande, Floricourt, Senneville, placés pour ainsi dire sous

le commandement de Félicia et de Monrose, vont passer la saison d'été

dans une délicieuse terre située à quelques lieues de Paris; ils n'y

couronnent point de rosières, comme on le pense bien; ils se contentent

de jouer la comédie,--_Les Fausses Infidélités_, par exemple,--et de

chasser tout le jour dans les bois, souvent même le soir. De temps à

autre, comme dans _Félicia_, le drame intervient brusquement et se

prolonge quelquefois dans une proportion fatigante; l'auteur s'en

aperçoit, mais seulement vers la fin du quatrième volume: «Je conviens

avec vous, dit-il, cher lecteur, que la marche de toutes ces aventures

n'est pas ordinaire. Ce mélange singulier de vertu, de faiblesse, de

sentiment, de caprice, ces brusques transitions de la tristesse au

plaisir, du plaisir au remords, du courroux à l'attendrissement, tout

cela est de nature à vous ballotter peut-être désagréablement, si vous

avez l'habitude et le goût de ces scènes uniformes où chaque acteur

conserve son premier masque d'un bout à l'autre de son rôle. La plupart

de mes personnages sont à moitié purs et à moitié atteints d'une

corruption dont il est bien difficile de se garantir au sein des

capitales, quand on y apporte des passions et d'assez grands moyens de

les satisfaire. De là, tant de disparates. L'histoire de mes acteurs est

celle des trois quarts des mondains de tous les pays de l'Europe.»

Il faut remarquer dans _Monrose_ un individu italien qui pourrait bien

avoir servi de modèle à Balzac pour son ou sa Zambinella, dans le petit

roman de _Sarrazine_.

Les amours du temps passé · 第 87 / 125 题