Quatre parties.
«Ce fut un mardi que, sortant de l'Opéra, encore extasié des attitudes
légères de nos Terpsichores, mes pas me conduisirent au jardin du
Palais-Royal, où, bientôt après, je vis arriver un objet enchanteur qui
depuis longtemps fixait mes désirs. Léonore (c'était son nom de guerre)
était parée élégamment; sa taille et son maintien frivole ne laissaient
rien à souhaiter; ses regards volaient de toutes parts et annonçaient le
désir de plaire, souvent la certitude d'y réussir. Affectant toujours de
passer à côté d'elle, mes regards enflammés, accompagnés chaque fois
d'un sourire, la forcèrent de rompre un silence qui lui pesait sans
doute autant qu'à moi.--Ai-je donc quelque chose de ridicule, me
dit-elle, qui vous oblige, monsieur, à m'observer de la sorte? Ma
réponse fut prompte, en lui disant:--Le sourire, mademoiselle, est
presque toujours l'effet du plaisir.» Cette entrée en matière ne se
soutient pas longtemps; les amours deviennent vulgaires et même
mélodramatiques: à Léonore succèdent Lise, Ninon, Ursule, Sézine,
Victoire, Bibiane. Et puis, l'éternel couvent! les éternelles nonnes!
avec cette différence que le héros, au lieu de se travestir en femme ou
en abbé, s'habille en médecin, ce qui est aussi vieux, mais moins
amusant. _Ma Jeunesse_, dont le style est inégal, se fait lire avec
impatience; c'est trop de quatre parties: on n'est pas jeune pendant si
longtemps, ou bien on l'est davantage.