1764, deux parties, sans indication de ville ni de librairie.
Un amant à la recherche de sa maîtresse, que des parents barbares
dérobent à tous les yeux, fait rencontre, au bord d'une fontaine, de la
fée Almanzine, qui lui offre une ceinture magique destinée à le rendre
invisible. Il parcourt une partie des maisons de Cythéropolis et assiste
à diverses scènes tour à tour plaisantes et tragiques, qui rappellent,
mal à propos pour l'auteur anonyme de ce livre, la marche du _Diable
boiteux_. Enfin, après avoir visité les promenades, les théâtres, les
petites maisons, il finit par retrouver l'objet de sa flamme... entre
les bras d'un Génie de qui la fée Almanzine avait tout lieu de se croire
adorée. «Qu'on ne pense pas que je m'occupai à lui faire des reproches;
on ne les emploie d'ordinaire qu'avec celles pour qui l'on conserve
encore de la tendresse. Je rentrai chez moi, je l'ose dire,
tranquillement. Heureux si j'avais gardé la précieuse ceinture! J'aurais
pu la prêter quelquefois à un petit-maître, fier de lui-même et de tout
ce qu'on dit de son mérite en sa présence; à des hommes follement épris
d'une beauté qu'ils ne voient jamais qu'au sortir d'une longue toilette;
et alors, combien de gens eussent été désabusés qui ne le seront
jamais!»