C'était le lendemain.
--Une lettre pour monsieur, dit La Brie.
--Donne, belître, fit le chevalier de Pimprenelle.
Le chevalier décacheta et lut ce qui suit:
«Mon cher chevalier,
»Je sais tout.--Ce matin, madame d'Obligny est entrée sur la pointe du
pied dans mon cabinet. Elle tenait à la main ce fameux poulet que vous
savez, et elle le posa devant moi sans mot dire. Puis elle prit une
plume sur mon pupitre et traça quelques lettres à côté de la
signature. L'écriture était différente. Je tombai de mon haut.
»--Fi! monsieur, me dit-elle; ne voyez-vous pas que c'était une
comédie imaginée avec M. le chevalier de Pimprenelle pour vous guérir
de votre sotte jalousie?
»Savez-vous, mon cher, que vous êtes l'un et l'autre de parfaits
comédiens? J'en suis encore délicieusement étourdi. Acceptez un
million d'excuses et venez dîner ce soir avec nous.--Madame d'Obligny
vous en prie.
»D'OBLIGNY.»
Le chevalier sourit et mit la lettre dans sa poche.
Mais il n'alla pas chez le Mondor--parce qu'il rencontra sur son chemin
le vicomte de Trublay qui lui proposa un coup d'épée.
M. le chevalier de Pimprenelle en eut pour huit jours de lit,--au bout
desquels, par malheur pour la moralité de ce conte, il se rendit, sans
encombre, à une nouvelle invitation du financier--et de la financière.
Ce conte se passera donc de moralité.