Kerrando.
de Bou Kenzt à l’Ouad Souf ech Cherg comme d’Aït ou Alil
à Kerrando.
Oulad Sidi Bou el Ạlam est sur la rive même de l’Ouad
Souf ech Cherg.
d’Oulad Selîman à Gebdour, 1000 mètres.
de Gebdour à El Ḥarsa, 1500 mètres.
d’El Ḥarsa à Bou Kenzt, 600 mètres.
d’El Ḥarsa à Oulad Sidi Bou el Ạlam, 2000 mètres.
d’Oulad Bou Ḥafra à l’Ouad Mlouïa comme de Tamerrakecht à
Aït Çaleḥ.
d’Oulad S. Bou el Ạlam à Igii comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
=Outat Oulad El Hadj.=
Ouṭat Oulad el Ḥadj, ou El Ouṭat, comme on l’appelle le plus
souvent, est un groupe d’une trentaine de qçars situés sur les
rives de l’Ouad Chegg el Arḍ auprès de son confluent avec la
Mlouïa. Ces qçars sont enveloppés et unis par de superbes vergers
qui font du groupe un seul îlot de verdure. El Ouṭat appartient
aux Oulad el Ḥadj, sur le territoire desquels elle est située, et
n’est peuplée que d’eux, à l’exception de quelques localités
habitées par des marabouts. Voici les qçars qui la composent, dans
l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Chegg el Arḍ :
Oulad El Feḍil rive 6 fusils.
droite,
Oulad Ạbd el Malek rive 20
gauche,
Mellaḥ el Ihoud rive 30
droite,
Oulad El Bekri rive 20
gauche,
El Angab (2 qçars) rive 30
droite,
El Hamouziin rive 30
droite,
Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad rive 40
gauche,
El Ḥarar rive 50
droite,
Oulad Mellouk (groupe de 12 qçars) rive 300
droite,
Cheurfa Qouareṭ (Oulad Moulei Iạqob ; 3 rive 50
qçars) droite,
Cheurfa Touggour (Oulad Moulei Iạqob ; 3 rive 50
qçars) droite,
Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad rive 40
gauche,
Zaouïa Sidi Oumbarek (marabouts de rive
Kenadsa) gauche,
Kechchacha (2 qçars) rive 30
droite,
Beni Bou Ḥi rive 150
gauche,
Ces localités sont toutes situées sur la rivière même ou très
près d’elle, à l’exception d’Oulad Mellouk ; les 12 qçars
qui composent ce groupe, presque contigus les uns aux autres,
s’élèvent à environ 2 kilomètres de la rivière et des autres
qçars ; ils leur sont unis par des jardins et sont compris dans
l’îlot général d’El Ouṭat. Oulad Mellouk est alimentée par
des canaux dérivés de l’Oulad Chegg el Arḍ.
El Ouṭat, étant aux Oulad el Ḥadj, suit leur sort, et chaque qçar
suit celui de la fraction à laquelle il appartient. En ce moment,
la tribu est insoumise au sultan. Les Oulad el Ḥadj sont de race et
de langue arabe ; mais beaucoup d’habitants d’El Ouṭat savent
aussi le tamaziṛt.
Point de marché à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Un mellaḥ.
On considère souvent comme faisant partie d’Ouṭat Oulad el Ḥadj
le groupe isolé d’El Ạrzan : il se compose d’environ 10 qçars
(300 fusils) entourés de jardins. C’est un îlot, séparé de celui
d’El Ouṭat et distant de lui de 5 kilomètres ; il appartient
aussi aux Oulad el Ḥadj et est de tout point analogue à celui dont
on le regarde comme un complément.
Distances : d’Oulad El Feḍil à Kechchacha comme de Mellaḥ Tiallalin
au Gers.
d’El Ạrzan à l’Ouad Chegg el Arḍ comme d’Aït Çaleḥ à Aït
ou Alil.
d’El Ạrzan à Kechchacha comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
Zaouïa Sidi Ạbd el Ouaḥad est en face d’El Hamouziin.
Beni Bou Ḥi est en face de Kechchacha.
2o. — VALLÉE DE LA MLOUIA.
La vallée de la Mlouïa est en général très large ; voici les
aspects qu’elle prend successivement.
Nous ne savons point ce qu’elle est dans sa partie haute, chez les
Beni Mgild.
Du confluent de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg à El Bridja, elle a
une largeur uniforme d’environ 16 kilomètres. C’est une vaste
plaine, unie au milieu, en pente légère sur les deux bords, bornée
à gauche par le pied du Moyen Atlas, à droite par le Grand Atlas.
A El Bridja, la vallée s’élargit beaucoup ; à Misour, elle
atteint sa plus grande largeur, environ 32 kilomètres. De là à Oulad
Ḥamid, c’est une immense plaine, unie et nue, appelée du nom du
fleuve, _Mlouïa_ ; elle est bornée à gauche par le Moyen Atlas,
haute muraille sombre aux crêtes neigeuses ; à droite par le Rekkam,
mouvement de terrain à peine sensible apparaissant comme une ligne
jaune à l’horizon : le Rekkam est une succession de côtes très
douces et de plateaux très bas, formant dans leur ensemble une longue
rampe ondulée, de pente très faible, au sommet de laquelle commence,
sous le nom de Ḍahra, la vaste région des Hauts Plateaux. Le Rekkam
a son origine au Grand Atlas, se dirige à peu près du sud au nord,
et se prolonge jusqu’aux monts Debdou. De Misour à Oulad Ḥamid,
la vallée va en se rétrécissant d’une façon insensible,
mais continue. A Ouṭat Oulad el Ḥadj, elle n’a plus que 20
kilomètres ; à Oulad Ḥamid, elle est beaucoup plus étroite. Aux
environs de ce point, le fleuve traverse un kheneg. C’est la trouée
par laquelle il perce le Moyen Atlas ; là, le Rekkam a disparu :
des deux côtés du fleuve, s’élèvent les hautes murailles de
la chaîne où il se fraie un passage, après en avoir si longtemps
longé le pied. A droite du kheneg, le Moyen Atlas porte le nom de
Djebel Debdou. A sa gauche, il n’a pas de nom spécial ; c’est
la partie de la chaîne occupée, à quelque distance du fleuve,
par les Beni Ouaṛaïn.
A cet étranglement de la vallée succède une plaine : sur la rive
droite, c’est le vaste désert de Tafrâta, commençant près
d’Oulad Ḥamid et se prolongeant jusqu’au pays de Za ; sur la
rive gauche, c’est la vallée de l’Ouad Melillo : celui-ci coule
entre le Moyen Atlas et la chaîne des Ṛiata et se jette dans la
Mlouïa à Gersif.
Cette plaine est suivie d’une autre, qui est séparée de la
première par une ligne de coteaux très bas unissant le Djebel Ṛiata
à la chaîne des monts Mergeshoum, Beni Bou Zeggou et Zekkara, son
prolongement ; le fleuve perce ces hauteurs presque insensibles vers
les confins des Houara et des Ḥallaf, et entre dans la nouvelle
plaine qui porte à droite le nom d’Angad, à gauche ceux de
Jell d’abord, de Ṛaret ensuite : la plaine de Jell et celle de
Ṛaret sont séparées par une chaîne de collines peu élevées,
le Gelez. L’Angad, le Tafrâta, le Jell, le Ṛaret sont de vastes
surfaces unies et désertes s’étendant très loin à l’est et
à l’ouest, et bornées dans ces directions par des mouvements de
terrain peu élevés qu’on n’aperçoit pas de la Mlouïa ; rien,
pendant que le fleuve parcourt ces plaines, ne détermine les limites
de sa vallée.
L’Angad et le Ṛaret finissent au-dessous des dernières tentes des
Beni Oukil. Là le fleuve rentre en montagne. Sa vallée, jusqu’à
la mer, demeure resserrée entre les flancs d’une haute chaîne
au milieu de laquelle il s’est percé un passage ; cette chaîne,
prenant les noms des tribus qui l’habitent, s’appelle, à droite
de la Mlouïa, Djebel Beni Iznâten, à gauche Djebel Kebdana.
Après avoir dessiné à grands traits la vallée de la Mlouïa,
nous allons énumérer les qçars qui s’y trouvent, situés dans le
fond ou sur les flancs, sans être sur le cours du fleuve ni sur ceux
de ses affluents. Il y en a fort peu dans le fond, mais un certain
nombre sur les premières pentes des chaînes qui le bordent. Nous
les diviserons en cinq classes :
1o Qçars des Aït ou Afella.
2o Qçars au pied du Grand Atlas.
3o Qçars du Rekkam.
4o Qçars des premières pentes du flanc gauche de la vallée
(Moyen Atlas).
5o Qçars du Djebel Debdou (Moyen Atlas).
=1o Qçars des Aït ou Afella.=
Ils sont au nombre de trois, tous situés dans le fond de la vallée,
entre le Grand Atlas et la Mlouïa : ce sont :
_Zebzat._ 200 fusils.
_Bou Aïach_ (arrosée par un ruisseau sortant du 30
Djebel Aldoun dans le Grand Atlas).
_Entrit_ (arrosée par des sources). 15
Nous les avons vus tous trois en allant du col de Telṛemt à Qçâbi
ech Cheurfa ; les deux premiers étaient à l’ouest de notre route,
le dernier à l’est.
Distances : de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Entrit comme d’Aït Çaleḥ
à Kerrando.
d’Entrit à Bou Ạïach comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
de Qaçba el Makhzen à Zebzat comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ
Tiallalin.
=2o Qçars au pied du Grand Atlas.=
Voici leurs noms, dans l’ordre où on les rencontre en longeant le
pied du Grand Atlas, de l’ouest à l’est :
_Zriouila_ (Aït Tseṛrouchen et Aït Izdeg). 20 fusils.
_Bertat_ (Aït Izdeg). 200
Ces localités sont arrosées par des sources ; elles appartiennent
aux tribus que nous venons de citer. Dans chacune, la population
se compose partie d’individus de la tribu qui possède le qçar,
partie de Qebala.
Ni marché, ni Juifs en aucun de ces points.
Distances : de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Zriouila comme d’Aït
Çaleḥ au Gers.
de Zriouila à Bertat comme d’Aït Çaleḥ à Mellaḥ Tiallalin.
de Bertat à Ạïat (Ouad Ouizert) comme d’Aït Ọtman à
Mellaḥ Tiallalin.
d’Ạïat à Bou Sellam comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Bou Sellam à Tagenza comme du Gers à Nezala.
de Tagenza à Azdad comme d’Aït Ọtman à Aït Çaleḥ.
de Qaçba el Makhzen à Azdad, un jour 1/2 de marche.
de Tagenza à Tanslemt comme d’Aït Ọtman à Qçar es Souq.
de Tanslemt à Talsit comme de Qçar es Souq à Mellaḥ
Tiallalin.
de Talsit à Anoual comme de Nezala à Qçâbi ech Cheurfa.
Les cinq points d’Azdad, de Talsit, d’Anoual, de Tagenza et de
Tanslemt, dont il est parlé ici, sont des localités du Ḍahra ou du
pied du Grand Atlas. Azdad est un groupe de 5 qçars appartenant aux
Aït Tseṛrouchen : 200 fusils. Talsit est un groupe indépendant
de 3 qçars contigus, habités par des marabouts de Sidi Ben Ạbd
Allah ; il est situé sur une rivière de même nom que lui, dont
le reste du cours est à sec et désert : 300 fusils. Anoual est un
qçar de 60 fusils, peuplé d’Aït Tseṛrouchen et de marabouts ;
il compte dans le Ḍahra[121]. Tagenza est un qçar de 80 fusils,
peuplé moitié d’Aït Izdeg, moitié d’Aït Tseṛrouchen, et
dépendant des deux tribus ; il est situé sur un petit cours d’eau
de même nom que lui dont le reste du cours est désert. Tanslemt
est un qçar isolé de 100 fusils, habité par des Qebala ; ceux-ci,
comme les autres Qebala de la région, sont vassaux des puissantes
tribus voisines et indépendants du sultan ; Tanslemt est sur une
petite rivière dont le reste du cours est désert.
=3o Qçars du Rekkam.=
Ils sont au nombre de quatre, contigus les uns aux autres, et
enveloppés dans une même ceinture de jardins. Ce groupe se nomme :
_Tiissaf._ 300 fusils.
La population de Tiissaf est composée de marabouts des Oulad Sidi
Ạïssa ; ces religieux sont regardés comme formant une des fractions
des Oulad el Ḥadj.
Une grande ḍaïa alimente ce lieu.
Distances : de Tiissaf au lit de la Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
Tiissaf est à peu près en face de Tirnest par rapport à
la Mlouïa.
=4o Qçars sur les premières pentes du flanc gauche de la vallée.=
Ils forment cinq groupes, situés sur les premières pentes du Moyen
Atlas, dans la région de cette chaîne comprise entre Misour et
Oulad Ḥamid. En voici les noms, dans l’ordre où on les trouve
en suivant les premières pentes du Moyen Atlas du sud au nord :
Almis (un seul village ; Chellaḥa). 250 fusils.
Tirnest (10 qçars ; Oulad el Ḥadj). 600
Reggou (5 qçars ; Chellaḥa). 400
Qçar el Mạllemin (1 qçar ; Chellaḥa). 12
Feggouç (2 qçars ; marabouts des Oulad Sidi Iạqob). 80
Tous ces points sont arrosés par des sources et entourés de jardins
fertiles. Tirnest, Reggou, Feggouç ont chacun leurs qçars contigus
et groupés au milieu d’un seul îlot de verdure, comme Misour
et El Ouṭat. Almis et Reggou, bien que peuplés de Chellaḥa,
sont constamment alliés aux Oulad el Ḥadj. Qçar el Mạllemin
dépend des Oulad el Ḥadj. A Tirnest, ils forment la majorité des
habitants et sont les maîtres. Ni marché, ni Juifs dans aucune de
ces localités.
Almis est fort riche ; ce village possède à lui seul 100 chevaux.
Distances : d’Almis à Ouṭat Oulad el Ḥadj comme d’Ouṭat Oulad el Ḥadj
à Misour.
d’Almis à Misour comme de Megdoul à Misour.
d’Almis à Tiouant comme de Megdoul à Misour.
de Tirnest à Mellaḥ el Ihoud (Ouṭat Oulad el Ḥadj) comme
de Megdoul à Misour.
de Tirnest à El Ạrzan comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
de Tirnest à Oulad Ạli (Ouad Chegg el Arḍ) comme de Qçâbi
ech Cheurfa à Megdoul.
de Tirnest à Reggou comme de Megdoul à Misour.
de Reggou à Oulad Jerrar comme d’El Bridja à Misour.
de Reggou à l’Ouad Mlouïa comme de Qçar es Souq à Aït
Ọtman.
de Reggou à Oulad S. Ben Ạïada comme de Qçar es Souq à
Aït Ọtman.
de Reggou à Qçar el Mạllemin comme de Kerrando au Gers.
de Qçar el Mạllemin à l’Ouad Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ au
Gers.
de Qçar el Mạllemin à Feggouç comme d’Aït Çaleḥ à
Kerrando.
de Feggouç à Reggou comme de Megdoul à Misour.
de Feggouç à l’Ouad Mlouïa comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
=5o Qçars du Djebel Debdou.=
On appelle _Djebel Debdou_ la portion du Moyen Atlas qui s’étend
de Sidi Ạli ben Ạbd er Raḥman d Admer à Sidi Ạli ben Samaḥ
d Oulad Ạmer, c’est-à-dire de la Mlouïa à l’Ouad Za.
Ce massif renferme un assez grand nombre de qçars et de villages ;
on leur donne le nom général de Haouz Debdou. Ils peuvent se diviser
en trois groupes :
I. Villages de la vallée de l’Ouad Debdou.
II. Rechida et qçars voisins.
III. Villages des Beni Ṛiis.
Nous allons dire un mot des deux premiers groupes ; le troisième
est situé sur un affluent de la Mlouïa dont il sera parlé plus bas.
I. _VILLAGES DE LA VALLÉE DE L’OUAD DEBDOU_. — L’Ouad Debdou
n’est qu’un ruisseau qui se perd dans le désert de Tafrâta,
sans atteindre la Mlouïa. Les villages de sa vallée se composent
d’abord de ceux qui sont situés au fond ; ce sont, en descendant :
_Debdou_ (300 familles israélites et rive droite, 100 fusils.
100 musulmanes)
_Qaçba Debdou_ rive droite, 50
_Qoubbouin_ rive droite, 15
_El Mesalla_ rive gauche, 100
_Bou Aïach_ rive gauche, 10
ensuite de ceux qui se trouvent à mi-côte des flancs ; ce sont,
en descendant la vallée :
_Sellaout_ flanc droit, 50 fusils.
_Flouch_ flanc gauche, 30
Ces 7 villages, avec les deux groupes de tentes des Beni Fachat
(contigu à Sellaout ; flanc droit ; 150 fusils) et des Beni Ouchgel
(en aval du précédent ; flanc droit ; 30 fusils), groupes qui,
situés auprès de sources, de jardins, de cultures, sont aussi
invariables dans leurs positions que des villages, forment ce qu’on
appelle le pays de Debdou, _El Debdou_.
Le Debdou est soumis au sultan et dépend du qaïd de Tâza (en ce
moment Ạbd Allah Ech Cherradi) ; mais celui-ci n’y a placé ni
lieutenant, ni mkhaznis, ni aucun représentant de l’autorité ;
il se borne à venir en tournée tous les ans ou tous les deux ans,
et à envoyer de temps en temps quelques mkhaznis lever l’impôt
sur les Musulmans. Chose curieuse, le qaïd de Tâza n’a sous ses
ordres directs que les Musulmans du Debdou ; les Israélites, fort
nombreux dans le district, dépendent non de lui, mais d’un des
bachas de Fâs, Ould Ba Moḥammed ; c’est à ce dernier qu’ils
remettent tous les ans le montant de leur tribut.
Les habitants du Debdou s’administrent donc eux-mêmes et, pour
les difficultés, s’en réfèrent à Tâza. On les désigne sous
le nom d’Ahel Debdou. Ce semble être une population mêlée,
Arabes et Chellaḥa, ces derniers dominant. La langue est pour les
uns l’arabe, pour les autres le tamaziṛt.
Marché permanent au village de Debdou et, de plus, souq el khemîs
dans la même localité.
Un mellaḥ.
II. _RECHIDA ET QÇARS VOISINS_. — Ce second groupe se compose
d’un certain nombre de qçars isolés les uns des autres, situés
ceux-ci sur les pentes, ceux-là au pied du revers occidental du
Djebel Debdou ; ils sont beaucoup plus près de la Mlouïa que les
précédents et sont situés sur le flanc même de sa vallée. Voici
leurs noms, dans l’ordre où on les rencontre en descendant
celle-ci :
_Admer_ (marabouts de Sidi Ạli ben Ạbd er 100 fusils.
Raḥman).
_Beni Khelften._ 150
_Rechida_ (marabouts). 200
_Alouana._ 30
Les habitants de Rechida et d’Admer sont marabouts. Ils font partie,
ainsi que les gens de Beni Khelften, des Oulad el Ḥadj, dont les Ahel
Rechida et les Oulad Admer sont deux fractions. Mais en ce moment ils
sont en guerre avec le reste de leur tribu. Celle-ci est insoumise ;
eux obéissent au sultan ; d’où querelle.
Rechida est un grand et beau qçar, situé à mi-côte du Djebel
Debdou, dans un lieu escarpé. Sources abondantes, grands jardins,
beaux oliviers.
Beni Khelften est au pied de Rechida, dans la position de Debdou par
rapport à Qaçba Debdou.
Admer est au sud de Beni Khelften ; des sources l’arrosent.
Ạlouana se trouve dans un repli de la montagne, au nord-ouest
de Debdou.
Admer, Beni Khelften, Rechida, Ạlouana, sont soumis au sultan et
dépendent du qaïd de Tâza.
Distances : d’Admer à Beni Khelften, le tiers de la distance de Lalla
Maṛnia à Oudjda.
d’Admer à Oulad Sidi Bou Iạqob, la moitié de la distance
de Lalla Maṛnia à Oudjda.
de Rechida à la Mlouïa, la distance de Lalla Maṛnia à
Oudjda.
de Rechida à Beni Ṛiis, la moitié de la distance de Lalla
Maṛnia à Oudjda.
de Debdou à Beni Ṛiis, la moitié de la distance de Lalla
Maṛnia à Oudjda.
Beni Khelften est au pied de Rechida.
3o. — AFFLUENTS DE LA MLOUIA.
La Mlouïa reçoit un grand nombre d’affluents. Voici les principaux
d’entre eux, dans l’ordre où on les rencontre en descendant
le fleuve :
Ouad Ouṭat Aït Izdeg, se jetant sur sa rive droite aux confins
des Beni Mgild et des Aït ou Afella.
Ouad Ouizert, se jetant sur sa rive droite entre Megdoul et
El Bridja.
Ouad Souf ech Cherg, se jetant sur sa rive gauche à quelques
mètres au-dessus d’Igli.
Ouad Tiddarin, se jetant sur sa rive droite à 1000 mètres
au-dessous d’Igli.
Ouad Tiouant, se jetant sur sa rive gauche entre Touggour et
Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Ouad Medfạ Keddou, se jetant sur sa rive droite entre Touggour
et Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Ouad Chegg el Arḍ, se jetant sur sa rive gauche à Ouṭat
Oulad el Ḥadj.
Ouad Beni Ṛiis, se jetant sur sa rive droite dans la fraction
des Ạtamna (Houara).
Ouad Melillo, se jetant sur sa rive gauche à Gersif.
Ouad Messoun, se jetant sur sa rive gauche dans la fraction des
Oulad Reḥou (Ḥallaf).
Ouad Za, se jetant sur sa rive droite dans la plus haute des 3
fractions des Beni Oukil.
Ouad el Qceb, se jetant sur sa rive droite chez les Beni Oukil,
au-dessous du Za.
_OUAD OUTAT AIT IZDEG_. — Cette rivière prend sa source dans le
Grand Atlas au Djebel El Ạïachi. Elle arrose sur son cours le
district d’Ouṭat Aït Izdeg ; le reste du temps, elle coule dans
le désert. Voici les qçars dont se compose Ouṭat Aït Izdeg,
dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :
RIVE DROITE :
Tatteouin. 60 fusils.
Afelilou (2 qçars). 150
Tissouit. 20
Asellim (2 qçars). 150
Aït ou Afella (3 qçars). 100
Ikher Imzioun. 60
RIVE GAUCHE :
Berrom. 100 fusils.
Tabnattout. 50
Semmoura. 60
Bou Zmella. 60
Aït Ọtman ou Mousa. 150
Teççaouit. 100
Ces divers qçars ne forment qu’un seul groupe et sont, sur chaque
rive, unis entre eux par des cultures. Ils appartiennent aux Aït
Izdeg. Ceux-ci en sont la seule population. La localité d’Aït ou
Afella dépend de la fraction de ce nom.
Le district étant la propriété des Aït Izdeg, il va de soi qu’il
est indépendant du sultan et qu’on y parle le tamaziṛt.
Marché permanent (le samedi excepté) à Bou Zmella. C’est le seul
d’Ouṭat Aït Izdeg.
Deux mellaḥs.
Distances : de Tatteouin à Ikher Imzioun comme de Mellaḥ Tiallalin à
Aït ou Alil.
Berrom est en face d’Asellim.
Ikher Imzioun est en face d’Aït Ọtman ou Mousa.
d’Ouṭat Aït Izdeg au confluent de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg
et de la Mlouïa comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.
=AFFLUENT.= — L’Ouad Ouṭat Aït Izdeg reçoit un affluent,
l’Ouad Aït Ạïach, se jetant sur sa rive gauche à une certaine
distance au-dessous du district d’Ouṭat Aït Izdeg.
OUAD AIT AIACH. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et
arrose en descendant quatre qçars appartenant aux Aït Ạïach ;
le reste de son cours est désert. Voici les quatre qçars, dans
l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Aït Tiferraḥin rive droite, 50 fusils.
Aït Tourast rive droite, 50
Aït Ben Ạli rive gauche, 50
Ansegmir rive gauche, 150
Les deux derniers qçars sont en face des deux premiers ; ils ne
forment tous quatre qu’un seul groupe ; les jardins sont unis sur
chaque rive du cours d’eau.
Les Aït Ạïach sont une fraction des Aït Iafelman. C’est dire
qu’ils sont indépendants et parlent le tamaziṛt. Ils composent
la seule population des 4 qçars de l’Ouad Aït Ạïach.
Ni marché, ni Juifs dans aucun d’eux.
Distances : du confluent de la Mlouïa et de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg à
celui de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg et de l’Ouad Aït Ạïach
comme de Qçar es Souq à Aït Ọtman.
de Qaçba el Makhzen (El Qçâbi) à Ansegmir comme de Nezala
à El Qçâbi.
_OUAD OUIZERT_. — Il prend sa source dans le Grand Atlas, au sommet
appelé Ikhf n Iṛir (Djebel Gir). Plusieurs qçars se trouvent
sur son cours ; les voici, dans l’ordre où on les rencontre en
le descendant :
Ạïat (3 petits qçars : Qcîra Cheurfa ; Qcîra 60 fusils.
Aït Attou ; Qcîra Sidi Ben Ḥachem).
Bou Sellam (5 petits qçars : Qçar Ṭoual, rive 200
gauche ; Qcîra Sidi Moḥammed bel Bachir, rive
gauche ; Qcîra ech Cheurfa, rive gauche ;
Qçar Oulad Moulei El Ḥasen, rive droite ;
Qçar Ousebri, rive droite).
Tisana rive 10
gauche,
Tikoutamin (2 qçars : Ḥaselfa ; Oulad Deḥou). 50
Ouizert (3 qçars : Oulad Deḥou ; Oulad Ious ; rive 150
Oulad Abbou) droite,
Ces localités sont échelonnées sur la rivière, assez loin les
unes des autres. Aucun lien ne les unit. Entre elles, au-dessus et
au-dessous, le cours de l’ouad est désert.
Ạïat est peuplée de cherifs et d’Aït Tseṛrouchen, Bou Sellam
de Qebala, Tisana de Qebala, Tikoutamin et Ouizert d’Oulad Khaoua.
Distances : d’Ạïat à Bou Sellam comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Bou Sellam à Tisana comme d’Aït Çaleḥ au Gers.
de Tisana à Tikoutamin comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
de Tikoutamin à Ouizert comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
d’Ouizert à Megdoul comme d’Aït Çaleḥ à Aït ou Alil.
d’Ouizert à Megdoul comme de Mellaḥ Tiallalin au Gers.
d’Ouizert au confluent de l’Ouad Ouizert et de la Mlouïa
comme d’Aït Çaleḥ à Kerrando.
d’Ouizert à Igli comme d’Aït Ọtman au Gers.
de Megdoul au confluent de l’Ouad Ouizert et de la Mlouïa
comme d’Aït Ọtman au Gers.
_OUAD SOUF ECH CHERG_. — Il prend sa source dans le Moyen Atlas,
sur le territoire des Aït Ioussi. Il arrose deux qçars avant
d’arriver à Misour ; ce sont, en descendant la rivière :
Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman. 40 fusils.
El Kseạt. 40
De là il passe à Misour, qui a été décrit plus haut.
Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman et El Kseạt sont habités par des
Aït Ioussi et appartiennent à cette tribu. Ces deux qçars sont
isolés l’un de l’autre ; entre eux, au-dessus et au-dessous,
le cours de la rivière est désert.
Distances : de Misour à El Kseạt comme d’Aït Ọtman à Kerrando.
d’El Kseạt à Qcîra Aït Ḥamed ou Selîman comme du Gers à
Aït Çaleḥ.
_OUAD TIDDARIN_. — Il prend sa source dans le Grand Atlas. Tout le
cours en est désert.
_OUAD TIOUANT_. — Il prend sa source dans le Moyen Atlas, au Djebel
Tiouant. Cette montagne, où l’on trouve du sel, est située, par
rapport à la Mlouïa, au-dessus de Touggour. A son pied, la rivière
arrose quelques villages qui composent le district de Tiouant. Ce
sont les seuls lieux habités de son cours, qui tout le reste du
temps est désert. Voici les noms de ces villages, dans l’ordre
où on les rencontre en descendant l’ouad :
Bou Ḥennoun rive 80 fusils.
droite,
Aït Ḥammou rive 150
gauche,
Aït Ạïssa rive 80
gauche,
Aït Baroukh rive 120
gauche,
Aït ou Iaḥian (2 petits villages se faisant 150
face, l’un sur la rive droite, l’autre sur
la rive gauche)
Ces localités ne forment qu’un seul groupe ; leurs cultures se
touchent sur les deux rives du cours d’eau. A elles cinq, elles
composent tout le district de Tiouant.
Les gens du Tiouant sont toujours alliés aux Oulad el Ḥadj. Ils
sont Chellaḥa et sédentaires. Leur langue est le tamaziṛt. Point
de relations avec le sultan.
Ni marché, ni Juifs sur leur territoire.
L’Ouad Tiouant a toujours de l’eau dans son lit.
Distances : de la Mlouïa à Aït ou Iaḥian 1/2 jour de chemin.
de la Mlouïa à Aït ou Iaḥian comme d’Aït Ọtman à Kerrando.
d’Aït Ḥammou à Aït ou Iaḥian comme de Mellaḥ Ouṭat Oulad
el Ḥadj à Kechchacha.
Aït Ḥammou et Bou Ḥennoun se font face.
_OUAD MEDFA KEDDOU_. — Il prend naissance dans le Ḍahra. Tout le
cours en est désert. De sa source à son confluent avec la Mlouïa,
il y a environ 2 jours de marche.
_OUAD CHEGG EL ARD_. — La source en est dans le Moyen Atlas. Avant
d’arriver à Ouṭat Oulad el Ḥadj, il arrose plusieurs
villages. En voici les noms, dans l’ordre où on les trouve en
descendant la rivière :
Oulad Bou Ṛilas (bien qu’isolé, ce village rive
compte avec les Beni Ḥassan). droite,
Beni Ḥassan (4 villages ; 1 sur la rive 600 fusils.
gauche, 3 sur la rive droite)
Oulad Ạli (4 villages) rive 200
gauche,
Beni Ḥaïoun (2 villages) rive 200
droite,
Oulad Sạïd rive 30
gauche,
De là il descend à Ouṭat Oulad el Ḥadj.
Ces diverses localités sont espacées, à distance les unes des
autres ; entre elles, le cours de la rivière est désert.