Je retourne voir la pauvre Zohor. Elle est plus mal ce matin. Allah
dispose de nous!
Une odeur de fumée, de saucisses et de fièvre, flotte en la chambre. Les
parentes sont parties, mais le notaire, accroupi sur le matelas auprès
de sa femme, la contemple avec angoisse.
Il me salue, me complimente, sans omettre une seule formule; puis il
retourne au chevet de la malade.
--Zohor!... Zohor!... répète-t-il d’une voix chargée d’émotion.
Je l’avais toujours vu si hautain et froid avec elle!... D’un geste
affectueux il serre sa main et il essuie son front où la sueur
ruisselle.
Un cierge crépite et s’éteint tout à coup... La petite vie jaunâtre de
celui qui reste, semble palpiter avec peine en l’atmosphère trop lourde.
Si Thami murmure des choses dont je ne perçois que la douceur.
Le cœur serré, je me retire, et, tout le jour, comme une hantise,
j’entends la voix si tendre du pauvre homme, implorant l’épouse qui ne
répond plus...