ORGON, ARISTE.
ARISTE.
Je vous attends, Orgon, pour vous dire que les choses me
paroissent moins avancées que jamais.
ORGON.
Que diable est-ce que tout ceci? On n'a guère vu d'amants plus
difficiles à accorder. Dites-moi donc de quoi il est question?
Il faut que votre conversation n'ait pas été du goût de Julie;
car je l'ai vue passer tout-à-l'heure: le dépit étoit peint
sur son visage; mais, ma foi, elle n'en étoit que plus belle.
ARISTE.
Ce que je puis vous dire, c'est qu'après bien des réflexions,
je ne crois pas que le marquis soit aussi bien auprès d'elle
qu'il vous l'a fait entendre.
ORGON.
Oui.... Attendez donc, ceci mérite examen.... Si les choses
sont ainsi, je voudrois savoir à propos de quoi les démarches
qu'il m'a fait faire? Me prend-il pour une benêt, un sot?
Parbleu!....
ARISTE, l'interrompant.
Un homme tel que lui est excusable de se croire aimé.
ORGON.
Je suis votre serviteur.
ARISTE.
Il est enjoué, bien fait, et d'âge....
ORGON, l'interrompant.
Oh! d'âge, tant qu'il vous plaira. Son âge est l'âge où l'on
fait le plus d'impertinences; et je prétends, ne vous
déplaise....