ne s’y opposait pas formellement—la femelle du _maquereau_.
Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait
trois francs; j’en offre un franc, moi, et la marchande
m’appelle...—Oui, madame, elle vous appelle... morue!
GAVARNI.
MOTS INCONNUS. La kyrielle de cris d’ardeur, de mots étouffés, mourants
et sans suite que l’on prononce dans le paroxysme de la jouissance,
tels que:
... Tout à toi!... à moi!... arrête... là!... ah!... plus vite...
va donc!... ah! je sens... je fonds... arrête... je jouis!...
oh!...
_Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe les seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus._
A. DE MUSSET.
MOTTE. Le Mont-Sacré, la petite éminence osseuse qui couronne la
nature de la femme, et qui est quelquefois glabre, mais le plus souvent
pubescente, c’est-à-dire, couverte de poils.
Et quand il trouve la chemise, il la lève et m’appuie la main sur
la motte, qu’il pince et frise quelque temps avec les doigts.
MILILOT.
_Le mécréant se reculotte
Et regagne ses bataillons;
L’un va pleurer sur une motte,
Et l’autre hélas! sur des couillons._
B. DE MAURICE.
_Ces petits cons à grosse motte,
Sur qui le poil encor ne glotte,
Sont bien de plus friands boucons._
(_Cabinet satyrique._)
_Mais toutes ces beautés, mon Aline, crois-moi,
Cèdent à la beauté de ta motte vermeille._
THÉOPHILE.
MOUCHER (et Se). Bander, baiser ou se branler—afin de décharger.
Le vieux maréchal de Villeroi ayant été envoyé à Lyon, en 1717,
pour apaiser une sédition, ce ne furent pendant son séjour que
réjouissances et fêtes continuelles. Une grande dame de Paris,
ayant appris que les Lyonnaises s’empressaient fort d’écrire au
maréchal, écrivit à l’une d’elles: «Mandez-moi donc à qui M. le
maréchal a jeté le mouchoir.» La vieille madame de Breault, qui
habitait Lyon, et qui avait été autrefois des amies de Villeroi,
vit cette lettre et dit à celle qui la lui montrait: «Ecrivez
à votre amie qu’il y a longtemps que le maréchal ne se mouche
plus.»
P. LAROUSSE.
MOUCHER LA CHANDELLE. Retirer son membre du vagin de la femme, au
moment de l’éjaculation, afin que le suif qui en coule ne le brûle pas,
et surtout n’y dépose pas de la semence d’enfants.
_Comment, disait-il,
D’un mari, ma belle,
Malgré la chandelle
Tromper l’œil subtil?
—Mouchez, disait-elle._
VICTOR MABILLE.
MOU DE VEAU. Gorge flasque, tombante.
_L’autre dit que sa gorge était un mou de veau._
L. PROTAT.
MOUDRE. Faire l’acte vénérien.
Et moulait au moulin de la dame toujours très-bien, sans y faire
couler l’eau.
BRANTÔME.
Et en jouant et passant le temps ensemble commencèrent à moudre
fort et ferme.
P. DE LARIVEY.
MOUILLER. Faire l’acte vénérien,—au bout duquel les deux acteurs se
sentent réciproquement inondés de sperme.
_La nature entière se pâme
Sous un baiser mystérieux,
Et se mouille comme une femme,
Sous le vit du plus beau des dieux._
(_Parnasse satyrique._)
MOUILLER SES DRAPS. Avoir des pollutions nocturnes; jouir comme Ixion,
d’une nuée qui a le con d’une femme ou la pine d’un homme.
_Il n’est que toi, V***, ma toute belle,
Qui seule, hélas! te chatouillant le sein,
Fais chaque nuit des rêves de pucelle,
Et sans plaisir mouilles ton traversin._
J. DUFLOT.
MOUILLER UNE FEMME. Décharger à son profit la provision de sperme que
l’on a dans les couilles.
Va... va... va... petit homme... Ah! cela vient... Tu me
mouilles... Ah!...
H. MONNIER.
MOULE À MERDE. Le cul,—d’où la merde sort en effet moulée en corde à
puits.
_D’un moule à merde il fait un moule à pine
Et bat le beurre au milieu d’un étron._
(_Chanson anonyme moderne._)
MOULIN À MERDE. Se dit d’une vilaine bouche,—comme de la plus mignonne
et la plus rose.
Si vous croyez baiser une belle petite bouche, avec des dents
bien blanches, vous baisez un moulin à merde; tous les mets les
plus délicats: les biscuits, les pâtés, les tourtes, les farcis,
les jambons, les perdrix, les faisans, le tout n’est que pour
faire de la merde mâchée.
(_Lettre de la duchesse d’Orléans à l’Electrice de Hanovre._)
MOURIR. Arriver, par l’excès de la jouissance vénérienne, à un état de
béatitude—ou plutôt d’hébètement—qui vous enlève aux choses de la terre
et vous transporte dans le monde inconnu où l’on ne pense plus, où l’on
ne parle plus, où l’on ne remue plus, où l’on nage dans une atmosphère
spermatisée.
_Vous me voyez, tendre fougère,
Avec mon berger chaque jour
Mourir dans les bras de l’Amour._
(_Épigrammes._)
_Laisse Roger baiser ta gorge ronde
Et Louis se mourir dans tes bras._
J. DUFLOT.
MUNITIONS D’AMOUR. Le fard, les pommades, etc. pour les femmes, et,
pour les hommes, de bons vits bien bandants.
_Il part: après un mois d’absence,
Il revient avec cent amis,
Jeunes, discrets et bien munis._
PARNY.
MUSARDINE. Drôlesse qui hante les Concerts-Musard, où le miché donne
plus qu’ailleurs.
On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette.
ALBÉRIC SECOND.
MYSTÈRES. Se dit de toutes les choses de l’amour qui, devant être
tenues secrètes, ne sont révélées que par les initiés, aux soupirants
après l’initiation de ces choses.
Avec quels transports il me remerciait de l’avoir initié dans de
si agréables mystères.
(_Mémoires de miss Fanny._)
_Tout va bien mieux, comme m’ont assuré
Ceux que l’on tient savants en ce mystère._
LA FONTAINE.
_Quand sur le déclin du mystère
Le galant transporté du plaisir qu’il ressent._
GRÉCOURT.
_Vous demeurez sans voix, sans mouvement,
Loin de me seconder dans l’amoureux mystère._
PIRON.
N
NANAN. L’acte vénérien et la jouissance qui en est le résultat,—la plus
exquise des friandises, la plus savoureuse de toutes les jouissances.
_Mais avec ceux que la victoire
A trahis, fais-le gratuit’ment;
Rendr’ service aux fils de la gloire,
C’est du nanan._
E. DEBRAUX.
NATURE DE LA FEMME (La). Messire le Con, qui, comme son seigneur et
maître le vit, ne manque pas de prénoms. Ainsi:
L’abricot fendu, l’affaire, l’angora, l’anneau d’Hans Carvel,
l’atelier, l’autel de Vénus, l’avec, la bague, le baquet, le bas,
les basses marches, le bassin, le bénitier, le bijou, le bissac,
la blouse, le bonnet à poil, le bonnet de grenadier, la bouche
d’en bas, la bourse à vit, la boutique, le brasier, la brèche,
le cabinet, le cadran, la cage, le calendrier, le calibistri,
le calibre, le cas, la cave, la caverne, ça, le Céleste-Empire,
le centre, le champ, le chandelier, le chapeau, le chat, le
chaudron, le chemin du paradis, la cheminée, le chose, la cité
d’amour, le clapier, le cœur, la coiffe, le combien, le concon,
le connin, la connasse, le conneau, le cornichon, le conil,
la coquille, le corridor d’amour, la crevasse, le dédale, le
devant, la divine ouverture, l’écoutille, l’écrevisse, l’empire
du Milieu, l’entonnoir, l’entremise, l’entre-deux, l’entre-sol,
l’éteignoir, l’éternelle cicatrice, l’étoffe à faire la pauvreté,
l’étui, la fendasse, la fente, la figue, le formulaire, le fruit
d’amour, le golfe, la guérite, le harnois, le hérisson, l’hiatus
divin, l’histoire, le jardin d’amour, la lampe amoureuse, la
lampe merveilleuse, la lanterne, la latrine (un vieux con), le
machin, le maljoint, la marchandise, messire Noc, le mirliton,
le mortier, le moule à pine, le moulin-à-eau, la moniche, le
noir, l’objet, les Pays-Bas, le petit lapin, _Quoniam bonus_,
le réduit, le salon du plaisir, le Sénégal, la serrure, le
tabernacle, le temple de Cypris, la tirelire, le trou chéri, le
trou de service, le trou madame, le trou mignon, le trou par où
la femme pisse, le trou velu, le vagin, etc., etc.
La risée des femmes fut grande, quand ils virent la femme à
Landrin lui montrer sa nature.
P. DE LARIVEY.
_Et je crois que votre nature
Est si étroite à l’embouchure,
Qu’on n’y pourrait mettre deux doigts._
THÉOPHILE.
Passant les doigts entre les poils qui sont dessus la motte,
laquelle il empoigna aussi, faisant par ce moyen entr’ouvrir la
fente de ma nature.
MILILOT.
_Mais le monstre, avec joie inspectant ma nature,
Semblait chercher comment et de quelle façon
J’allais être foutue; en cul, con ou téton
Qu’il regardait déjà comme étant sa pâture._
LOUIS PROTAT.
NATURE DE L’HOMME (La). La pine—qui est le pendant de la nature de la
femme.
_Aux petits des oiseaux, Dieu
Donne, dit-on, la pâture:
Sa bonté devrait un peu
S’étendre sur ma nature._
ALTAROCHE.
NAVETTE. Le membre viril, que les femmes font aller et venir entre
leurs doigts, et qui sert à filer la trame de la vie humaine.
_D’un vieux je tenais la navette,
La sonde en main et la cuvette._
(_Chanson._)
N’AVOIR NI CUL NI TÉTONS, comme la poupée de Jeanneton. Se dit
d’une femme maigre, qui n’a ni gorge ni fesses,—l’envers de la Vénus
Callipyge.
NÉ COIFFÉ (Etre). C’est-à-dire: être né pour être cocu, comme tant
d’autres, ou pour avoir tous les bonheurs.
Il a une chance de cocu.
(_Vieux dicton._)
_De ma vive et juste colère
Pour avoir ainsi triomphé,
Il faut, en vérité, ma chère,
Que votre époux soit né coiffé._
ÉT. JOURDAN.
NÉNETS. Tétons.—dans l’argot des enfants et des filles.
Tiens, vois mes nénets, comme ils sont engraissés.
H. MONNIER.
Petite maman s’est fait des nénets avec du coton.
GAVARNI.
N’ÊTRE PAS DE MARBRE, ou DE PIERRE. Se dit pour s’excuser de bander
devant une belle fille—qui, au contraire, souhaiterait que l’homme fût
toujours de marbre ou de pierre.
_Lindor n’était pas de pierre,
Il s’enflamma tout à coup
Il aida la peur beaucoup!
Quel coup! ah! quel coup! quel coup!
Quel heureux coup de tonnerre!_
COLLÉ.
NERF. Le membre viril, qui est en effet tout nerf dans l’ardeur
vénérienne.
Il me troussa incontinent et, sans parler, me renversa là sur le
lit, me le fit là sur-le-champ et me fit tâter son gros nerf, qui
était extrêmement dur.
MILILOT.
NEZ. Le vit;—que l’on juge d’après le nez: plus il est fort, mieux il
se fait sentir.
_Ah! quel né! (bis)
Tout l’ monde en est étonné._
GUINARD.
_Belles, jamais ne prenez
Ceux qui n’ont pas un grand nez._
COLLÉ.
«Grand nez, grand vit,» dit un vieux proverbe.
_Œil étincelant,
Doigt vif et galant,
Nez de bon augure
Et bonne figure._
DAUPHIN.
NOC. Le con, par anagramme.
_Vous nous dites, belle farouche,
Que l’amour ne peut vous troubler.
Si votre_ noc _savait parler,
Il démentirait votre bouche._
GOMBAULD.
NOCE (Faire la). Passer son temps à baiser quand on est homme, à se
faire baiser quand on est femme.
Faut s’dire eune chose, il en est des prêtres comme des gens
qui s’ marient: l’homme n’est tranquille, dans un ménage, que
d’autant qu’il a fait la noce; donc, un prêtre qui l’a faite ne
la fait plus.
H. MONNIER.
NOCEUSE. Fille qui a jeté son bonnet par-dessus les moulins de
Montmartre et qui l’a remplacé par un bouchon de paille signifiant
clairement, même pour les aveugles, qu’elle est à vendre—et pas du tout
à louer.
_Ce sont là nos dignes femelles!
O mes frères! ce sont nos sœurs,
Et l’on nous méprise autant qu’elles:
Aux noceuses vont les noceurs!_
(_Parnasse satyrique._)
NŒUD (Le). La pine et les couilles qui, réunies, forment un nœud assez
solide... pour nouer la femme à l’homme.
L’homme qui a beaucoup baisé de femmes et qui pour faire une fin,
se marie, appelle cela: former d’autres liens.
La femme, également logique, dit: former un nouveau nœud.
Ce mot est employé fréquemment par les voyous qui disent: _mon
nœud_! plus facilement qu’ils ne disaient: du flan!
_La femme n’est pas au monde pour lire!
Le nœud d’un goujat vaut celui d’un roi._
(_Parnasse satyrique._)
NOIR (Le). La nature de la femme, où, en effet, il fait noir comme dans
un four—et aussi chaud.
Le procureur, qui avait la braguette bandée, ne laissa pas de
donner dans le noir.
BONAVENTURE DESPERRIERS.
Bref, je veux qu’elle ait tant de beautés que le galant soit déjà
perdu d’aise et de transport avant que d’être arrivé jusqu’au
noir.
MILILOT.
NOMS D’OISEAUX. Petits noms que donnent ces dames à leurs messieurs,
selon le degré d’amitié, d’estime ou d’amour qu’elles ont pour eux:
Mon _ange_, mon _chien_, mon _chat_, mon _chou_, mon _loulou_,
ma _biche_, mon _bichon_, mon _lapin_, mon _cochon_, etc. On peut
ajouter devant: mon grand, mon gros, mon petit, selon le physique
de l’animal privilégié; et à la suite le mot _chéri_: mon gros
chien chéri, gros bibi chéri, etc.—J’en passe et... des plus
bêtes.
NON-CONFORMISTE. Pédéraste, ce qui est le schisme en amour.
NOUER L’AIGUILLETTE. Empêcher un mari ou un amant de consommer
l’agréable sacrifice, non pas en lui jetant un sort, comme on le
croyait autrefois, mais en épuisant complètement son stock de foutre,
de sorte qu’on peut le laisser courir un peu dans la ville sans crainte
d’infidélité.
Il avait peut-être l’aiguillette nouée.
(_Moyen de parvenir._)
Lequel ayant eu l’aiguillette nouée la première nuit de ses
noces.
BRANTÔME.
_Ami lecteur, vous avez quelquefois
Ouï conter qu’on nouait l’aiguillette._
VOLTAIRE.
NOVATEURS DES PLAISIRS. Noms tirés de l’oubli, ou supposés par l’auteur
de l’_Art priapique_.
_Ah! qu’ils faisaient l’amour platement autrefois,
Ces chevaliers errants, ces paladins courtois!
Filant à leurs beautés une tendresse pure,
Ils pensaient que les foutre était leur faire injure,
Pinus sut le premier, dans ces siècles grossiers,
Cocufier plusieurs de ces preux chevaliers.
Tribadinus après fit fleurir l’encuissade;
Loyola fut, dit-on, père de l’enculade;
Vaginus renchérit par-dessus ces ribauds
Et créa pour jouir des moyens tout nouveaux;
Gamahu, qui suivit, eut une autre méthode:
Il devint, par sa langue, un ribaud à la mode
Et longtemps, près du sexe, eut un heureux destin.
Mais les imitateurs de ce sale mâtin,
Accablés de mépris par un goût si grotesque,
Abjurèrent bientôt leur méthode tudesque.
Ce paillard ordurier, trébuché de si haut,
Rendit plus retenus Chancrin et Poulinot.
Enfin Priapus vint et, le premier en France,
Corrigeant l’art de foutre, en bannit la licence;
D’un vit mis en sa place enseigna le pouvoir,
Et réduisit la couille aux règles du devoir._
(_L’Art priapique._)
NOVICE. Le garçon ou la fille qui, destinés par la nature à la vie
amoureuse, n’ont pas encore prononcé leurs vœux aux pieds d’une femme
l’un, dans les bras d’un homme l’autre, et, par conséquent, sont un peu
neufs (_novus_, _novi_) pour les choses de la fouterie.
_La donzelle encore novice,
Ne sut comment prendre l’objet
Que, par un surcroît d’artifice,
Le drôle au ventre lui mettait._
BÉRANGER.
NUMÉROTÉE (Être). Être inscrite, avoir son nom et son numéro sur les
registres de la préfecture.—Être fille publique.
_Du beau quartier, plus d’un’ bell’ dame
Qui pour un cach’mire ouvr’ ses draps,
Épous’ d’ultras, nièc’ de prélats,
Tout ça travaille et n’ se numérot’ pas._
E. DEBRAUX.
NYMPHE. Déesse qui consent à sortir de son nuage pour entrer dans le
lit d’un homme qui la paie pour cela.
Il avait pris je ne sais quelle habitude vituperosa avec une
nymphe de la rue des Gravilliers.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Une nymphe, jeune et gentille,
Par un matin déménageait._
GRÉCOURT.
Nous entrâmes dans la salle où se trouvaient renfermées beaucoup
de nymphes.
LOUVET.
_Chez nos nymphes gentilles,
Aller négocier;
Avoir toutes les filles,
Quand on est financier..._
COLLÉ.
NYMPHES (Les). Les petites lèvres de la matrice.—_Nymphomanes_,
tribades. Femmes qui s’aiment et se le prouvent, entre cuisses—et
nymphes.
Que faire de mes deux recluses, que j’ai laissées la bouche
béante et attendant les promesses de l’amour? Les voilà
nymphomanes et tribades: elles vont se dessécher et périr avant
le temps comme une fleur qui soupire après la rosée.
MERCIER DE COMPIÈGNE.
O
OBÉLISQUE. Le membre viril.
Où q’tu vas?—J’ monte chez Mélanie, pour mettre mon obélisque en
pension.
On dit aussi: _L’Obélisque de l’Uxor_, c’est-à-dire de l’épouse, quand
son mari le dresse devant elle.
OBJET. La maîtresse, la femme que l’on baise—ou bien l’amant.
_Oui, Lindor, je suis à toi
Cher objet de ma flamme,
Je veux vivre sous ta loi._
LE BARBIER.
_Ce n’est qu’au Lion d’or
Que le plaisir charme la vie:
Sans bruit, sans effort,
On y brave les coups du sort;
Sitôt que l’archet
Vient exhaler son harmonie,
A trois sous l’ cachet
On peut fair’ danser son objet._
COGNIARD frères.
Nous irons au bal ce soir et tu me montreras ton objet.
A. VITU.
OBSCÈNE. Impudique, indécent, ordurier.
_L’autre emmène un jeune homme imberbe, aux traits rougis,
Puis injurie, avec une obscène posture,
Le stupide garçon qui sert en ce logis._
A. GLATIGNY.
OBSTACLE. Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.
_Du vin que l’on buvait alors,
La vertu tenait du miracle,
Puisque Loth, sans beaucoup d’efforts,
Sut triompher d’un double obstacle._
PARNY.
OBTENIR TOUT D’UNE FEMME. Coucher avec elle,—les parties, en ce cas,
étant le tout.
Il y a une dame de considération dans le monde qui veut faire
châtier un jeune homme, pour l’avoir méprisée après avoir tout
obtenu d’elle.
LA POPELINIÈRE.
ŒILLADE AMÉRICAINE. Coup d’œil égrillard, que lance une femme à l’homme
qu’elle veut allumer, et qui promet ordinairement plus de beurre que de
pain.
L’œillade américaine est grosse de promesses: elle promet l’or
du Pérou, elle promet un cœur non moins vierge que les forêts
vierges de l’Amérique, elle promet une ardeur amoureuse de
soixante degrés Réaumur.
EDOUARD LEMOINE.
ŒUVRE. L’acte vénérien.
_Qu’autant de fois que la fillette
Commettrait l’œuvre de la chair._
(_Cabinet satyrique._)
_Or, les œuvres de mariage
Étant un bien, comme savez._
LA FONTAINE.
_Ces mécréants, au grand œuvre attachés,
N’écoutaient rien, sur leurs nonnains juchés._
VOLTAIRE.
ONANISME. La masturbation—qui était, comme on sait, le vice d’Onan.
_Judas, dit l’Écriture Sainte,
De sa postérité jaloux,
A Thamar, qu’il veut voir enceinte,
Donne ses trois fils pour époux.
Her s’épuise, Sela s’échine;
Homme impuissant et sans pitié,
Onan, auprès de sa moitié,
Chaque nuit se branle la pine.
Il est certains ribauds dont les pines glacées
Par un coup de poignet veulent être excitées,
On voit devant un con leur verge se baisser,
Et sous leur propre main aussitôt se dresser._
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
_Pour vous justifier, n’offrez pas à mes yeux
De l’impudique Onan l’exemple vicieux..._
(_L’Art priapique._)
ORAISON JACULATOIRE (Faire l’). Darder son aiguillon et lancer son
sperme dans le con d’une femme, pendant qu’elle fait sa prière—sur le
dos.
_Maman, vois-les donc tous deux.
Avec quelle ardeur ils prient!
Regarde comme ils s’écrient:
Mon amour!.. je vois... les cieux!
—Ils font, la chose est notoire,
Comme un acte méritoire,
L’oraison jaculatoire
Qu’en mon temps j’ai faite aussi._
LÉGER.
ORDINAIRE BOURGEOIS (L’). Le nombre de coups, ordinairement très
restreint, qu’un bourgeois tire avec sa femme,—la régularité de la vie
empêche les extravagances du vit.
_Il ne cessa de dire:
L’ordinaire bourgeois
Est de trois:
Jugez quel pauvre sire!_
COLLÉ.
ORDINAIRES. Les menstrues des femmes, qui devraient venir ordinairement
tous les mois.
_Le con, en entendant cela,
Se mit tant en colère
Que cela vous lui supprima
D’abord ses ordinaires._
(_Parnasse satyrique._)
ORDURES. Obscénités dites ou faites comme se plaisent à en dire ou en
faire les honnêtes gens—qui sont ordinairement plus impudiques que les
libertins.
_Les femm’ n’aim’ pas les ordures,
Ni les couplets de chansons
Polissons._
COLLÉ.
_Il fait nuit. Mots confus, romances ordurières,
Se croisent sous le toit du logis ténébreux._
A. GLATIGNY.
ÔTER LE PETIT CHAPEAU. Décalotter un homme en le branlant.—L’expression
est moderne et imagée. Je ne saurais résister à la démangeaison
que j’ai de citer l’anecdote qui y a trait. Un vieux monsieur croit
apprendre à une ingénue la manœuvre de la masturbation.—«Ote le petit
chapeau, lui dit-il; remets le petit chapeau; ôte le petit chapeau;
remets, etc.» Après le Capitole et la roche Tarpéienne, l’ingénue
s’écrie: «Il fallait donc me dire tout de suite de vous branler!»
OURCINE (L’). Hôpital spécial pour les écloppées et les blessées de
Cythère. C’est le _Midi_ des femmes.
OURSER. Faire l’acte vénérien. Ce n’est pas du dernier galant, mais
c’est fréquemment employé—par les goujats.
_A la Courtille, où le beau sexe abonde,
J’étais allé dans l’intention d’ourser._
DUMOULIN.
_Monter chez une fille en lui disant: Oursons!
Est une expression commune, saugrenue,
Propre aux palefreniers..._
L. PROTAT.
OURSON. La toison qui protége la nature de la femme, et qui est souvent
hérissée comme un petit ours blanc ou noir.
_Thomas est un monsieur sans gêne:
Malgré mon r’fus, il va son train;
Dans mon ourson couleur d’ébène,
Sans façon il glisse la main._
LAUJON.
OUTIL. Le membre viril—avec lequel on travaille les femmes.
_Le jeune homme puceau l’appelle son affaire,
L’ouvrier son outil..._
L. PROTAT.
_Les dieux après nous avoir fait
Les outils de la fouterie,
Seraient dignes de moquerie,
S’ils nous en défendaient l’effet._
MOTIN.
_C’est fait, hélas! du pauvre outil.
Mon Dieu, il était si gentil,
Et si gentiment encresté!_
(_Ancien Théâtre français._)
_Lise couchée au retour de l’église,
Disait à Jean: Mon dieu, le bel outil!_
GRÉCOURT.
_Un jour Robin vint Margot empoigner,
En lui montrant l’outil de son ouvrage._
CL. MAROT.
OUVERTURE DIVINE (L’). La nature de la femme, dont la complète
occlusion amènerait la fin du monde.
_Ah! divine ouverture!
Ravissante nature!
Qu’il est petit!..._
MARC-CONSTANTIN.
OUVRAGE. La besogne de la fille,—le temps qu’elle consacre, moyennant
finance, aux plaisirs de l’homme.
J’te laisse ta nuit, j’ vas m’ coucher, travaille...—Du froid qui
fait? Merci! j’ voudrais t’y voir, tu rirais... Pus souvent que
j’ vas en avoir, à l’heure qu’il est, d’ l’ouvrage!
H. MONNIER.
OUVRIER DE NATURE (L’). Le membre viril, qui ne boude jamais devant une
besogne amoureuse, dimanches et fêtes, à minuit comme à midi.
_Je suis pour te faire court
Bon ouvrier scieur de planche
Qui travaille, nuict et jour,
D’un outil qui point ne tranche._
(_Chansons folastres._)
Ombragée au-dessous du nombril d’un poil large et épais, du
milieu duquel on voit sortir un bel ouvrier de nature, fort
bandé, qui à bon droit mérite d’être appelé membre.
MILILOT.
Quand La Ferté eut cuvé son vin, elle voulut le lendemain matin
le faire retourner à l’ouvrage.
(_La France galante._)
OUVRIR SES DRAPS. Ouvrir ses cuisses, se faire baiser.
_Qui faites tant les resserrées,
Quand on veut ouvrir vos genoux._
TABARIN.
_Du beau quartier plus d’un’ bell’ dame
Qui pour un cach’mire ouvr’ ses draps._
E. DEBRAUX.
OVALE. Le con, qui en effet a cette forme,—si l’on y met un peu de
bonne volonté.
Entre deux colonnes d’un albâtre lisse et arrondies, est situé
cet ovale charmant, protégé par une petite éminence et une jolie
motte.
(_Veillées du couvent._)
_Dès qu’il passa par un certain ovale,
A l’instant même à sa mère on cria:
Soyez tranquille, allez, c’est bien un mâle:
Dieu! quelle tête il a!_
E. DEBRAUX.
La grande Jeanne de l’échiquier d’Alençon l’appelait son ovale.
NOEL DU FAIL.
P
PAILLARD. Libertin, homme qui aime la femme, et qui s’amuse avec
elle, non comme un bourgeois qui obéit aux commandements de Dieu et
à l’habitude, mais comme un gourmet qui se plaît à manger l’amour à
toutes les sauces.
_Vente, gresle, gelle, j’ai mon pain cuit;
Je suis paillard, la paillarde me duit._
F. VILLON.
Le paillard! il y prenait donc bien du plaisir!
MILILOT.
_Le paillard, friand de donzelles,
S’était fait un vaste sérail._
J. CABASSOL.
PAILLARDE. Femme qui ne voit dans les hommes, quels qu’ils soient, ni
des amants, ni des maris, mais des pines, et qui s’en sert avec une
gloutonnerie à s’en donner des indigestions.
_Tant que le bon ton durera,
Les honnêtes femmes paillardes
S’en tiendront aux soldats aux gardes._
COLLÉ.
PAILLARDER. Baiser une femme, ou seulement la peloter.
Il fut surpris paillardant derrière le grand autel.
H. ESTIENNE.
Elle ne faisoit tout le jour que paillarder avec lui.
BRANTÔME.
PAILLARDISE. Libertinage, lubricité.
En fait de paillardise, nous l’entendons au suprême, et les dames
du monde ne sont que des bêtes auprès de nous.
LA POPELINIÈRE.
PAILLASSE. Fille de la dernière catégorie,—la digne femelle du
paillasson.