et le cul de la femme—plus élastique encore.
_Sur le lit que j’ai payé
Je ne sais ce qui se passe:
A peine l’ai-je essayé,
Que le bougre me le casse._
GUSTAVE NADAUD.
CASSER UN ŒUF. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Je ne vous ferai point de mal, je veux casser un œuf, qui est
près de durcir dans votre ventre.
(_Moyen de parvenir._)
CASTRAT. Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs
testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus à
force d’avoir bandé dans le cours de leur vie.
_Dans ton théâtre, où règnent les castrats._
JOACHIM DUFLOT.
_Es-tu pédéraste ou castrat, voyons?
Un pareil état m’excite et m’offense:
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons._
ANONYME.
CATAU, ou CATHOS, ou CATIN. Fille ou femme légère—comme chausson.—Nom
de femme qui est devenu celui de toutes les femmes—galantes.
_Je vous chanterai, dans mes hexamètres,
Superbe catin dont je suis l’amant_
(_Parnasse satyrique._)
_Une catin, sans frapper à la porte,
Des cordeliers jusqu’en la cour entra._
MAROT.
_Parmi les cataux du bon ton,
Plus d’une, de haute lignée,
A force d’être patinée
Est flasque comme du coton._
EMILE DEBRAUX.
Retiens cette leçon, Philippine: quelque catin que soit une
femme, il faut qu’elle sache se faire respecter, jusqu’à ce qu’il
lui plaise de lever sa jupe.—Je pense de même...
ANDRÉA DE NERCIAT.
_... En tout, tant que vous êtes,
Non, vous ne valez pas, ô mes femmes honnêtes,
Un amour de catin._
ALFRED DE MUSSET.
_Des catins du grand monde
J’ai tâté la vertu._
ÉMILE DEBRAUX.
CATZE. Mot à la fois flamand et italien (_cazzo_), signifiant le membre
viril.
_A ton catze prends la carrière,
Pour t’enfoncer en la barrière
De mon chose._
THÉOPHILE.
CAUSER. Faire l’amour. C’est par antiphrase, sans doute, puisqu’on ne
parle guère lorsqu’on baise: on a trop à faire pour cela.
Asseyons-nous sur ce canapé, mon ami, et... causons.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
Il dit à Baron que, quoiqu’il fatiguât beaucoup à la comédie, il
aimerait mieux être obligé d’y danser tous les jours, que d’être
seulement une heure à causer avec la maréchale.
(_La France galante._)
CAUSEUSE. Femme chaude du cul.
Il n’en fut pas de même du Basque, qui trouvait que la maréchale
était une causeuse inexorable.
(_La France galante._)
CÉDER À UN HOMME. Se laisser baiser par lui,—c’est-à-dire par son
membre, qui sait mieux accoler que la bouche.
_Victime d’une ruse indigne,
La trop confiante Léda
Croyait ne caresser qu’un cygne,
Quand à Jupin elle céda._
JULES RUEL.
CECI, ou CELA. Le membre viril—avec quoi on fait cela aux dames,—ou
bien la nature de la femme.
_Parbleu, dit-il, prenez ceci,
Il est d’assez bonne mesure._
GRÉCOURT.
Si vous mettez la main au devant d’une fillette, elle la
repoussera bien vite et dira: Laissez cela.
(_Moyen de parvenir._)
_... Il est nommé Pine par la lorette;
Un Chose, ou bien Cela, par une femme honnête._
LOUIS PROTAT.
CENTRE. La nature de la femme, qui est en effet l’ombilic du monde;
tout part de là, et tout y est ramené.—On dit aussi, mais c’est une
superfétation: _Centre de délices_.
D’un seul coup, Rose rejeta la couverture; il ne s’attendait pas
à nous voir totalement nues, et nos mains placées au centre de la
volupté.
(_Rideau levé._)
Celle des deux qui triomphait par ses gestes et sa débauche,
voyait tout à coup sa rivale éperdue fondre sur elle, la
culbuter, la couvrir de baisers, la manger de caresses, la
dévorer jusqu’au centre le plus secret des plaisirs, se plaçant
toujours de manière à recevoir les mêmes attaques.
(_Gamiani._)
CÉRÉMONIE. L’acte le plus important de la vie, celui qui se fait avec
le plus de pompe—quand on a affaire à une bonne suceuse.
J’en connais qui sont adonnées à la cérémonie—Qu’entends-tu
par la cérémonie? interrompit-elle—C’est, Madame, repris-je, de
donner le fouet ou de le recevoir.
(_Mœurs du temps_, I, 159.)
_Que bonne part de la cérémonie
Ne fût déjà par le prêtre accomplie._
LA FONTAINE.
CERNER LES YEUX (Se). Se masturber,—ce qui _culotte_ furieusement les
yeux, en effet.
Voilà que j’bande... Ah! n’craignez rien, j’n’ai jamais eu
c’défaut-là... Et puis... ça cerne les yeux.
TISSERAND.
CERTAIN BOBO. La vérole, qui est un mal certain. Piron l’appelait un
_petit mal gaillard_.
_Un jeune élève d’Esculape
Me guérit de certain bobo...
Un beau jour, il me dit: Ma chère,
En moi, vos yeux ont excité
Certain feu. Je le laissai faire,
Pour m’assurer de ma santé._
(_Gaudriole de 1834._)
CERVELAS. Nom que donnent au vit la plupart des cuisinières; aussi bien
que: _boudin_, _saucisson_, _andouille_, _bout de viande_, etc., selon
la forme, la longueur ou la grosseur de l’objet, qui est un produit de
la _cochonnerie_.
_Oui, mon cher, à vot’ cervelas
On a fait un’ rud’ brèche...
Vous n’ me l’mettrez pas, Nicolas:
Je n’aim’ que la viand’ fraîche._
J. E. AUBRY.
CESSER DE L’ÊTRE. Ne plus être pucelle.
Je le suis encore, m’a-t-elle dit en riant, je voudrais cesser de
l’être par un joli homme comme toi.
RÉTIF DE LA BRETONNE.
CHAHUTEUSE. Coureuse de bals publics, qui danse volontiers la chahut au
lit.
CHAIR. Le membre viril, que les femmes ne craignent pas de consommer
même en Carême,—parce que ce jeûne-là serait de tous le plus pénible et
le plus impossible.—D’où l’expression biblique d’_œuvre de chair_.
_Bon, bon! sur ce ton-là, la petite friande,
Il lui faut la chair vive après toute autre viande._
J. DE SCHÉLANDRE.
CHALEUR (Être en). Avoir envie d’homme lorsqu’on est femme, de femme
lorsqu’on est homme,—et de chienne lorsqu’on est chien.
_De sa fécondité la cause
S’explique en y réfléchissant!...
Il est clair pour l’observateur
Qu’il doit toujours être en chaleur._
LOUIS PROTAT.
CHALUMEAU. Le roseau percé d’un trou avec lequel l’homme joue les airs
variés de la polissonnerie dans le vagin de la femme.
_Mais son doux chalumeau
M’ayant d’amour éprise,
Ce n’est rien de nouveau
Si je fis la sottise._
(_La Comédie des chansons._)
CHAMBRER. Sécurité que l’on prend en renfermant dans sa chambre l’homme
ou la femme qu’on destine à ses plaisirs amoureux, dans la crainte
qu’ils ne portent à d’autres une partie du tribut que l’on se réserve.
Ailleurs, la comtesse, avec moins d’égards pour son estomac,
chambre le joli Fessange.
(_Les Aphrodites._)
_Sachez, dit-il, que je chambre
Certaine femme de chambre._
GRÉCOURT.
CHAMEAU. Fille de mauvaises mœurs, nommée ainsi par antiphrase sans
doute, le chameau étant l’emblème de la sobriété et de la docilité, et
la gourgandine, l’emblème de l’indiscipline et de la gourmandise.
_L’autre dit que sa gorge a l’air d’un mou de veau,
Et toutes sont d’accord que ce n’est qu’un chameau._
LOUIS PROTAT.
_Suivre la folie
Au sein des plaisirs et des ris,
Oui, voilà la vie
Des chameaux chéris
A Paris._
JUSTIN CABASSOL.
CHAMP. La nature de la femme, que Dieu a condamné l’homme à labourer et
à ensemencer, ce à quoi il ne manque pas.
_Si pour cueillir tu veux donques semer,
Trouve autre champ, et du mien te retire._
MAROT.
De manière que mon champ ne demeurât point en friche.
CH. SOREL.
CHAMP DE BATAILLE. Le lit, sur lequel se tirent tant de coups et, tout
au contraire de l’autre, se fabriquent tant de créatures humaines.—On
employait autrefois ce mot pour: la nature de la femme.—L’expression
moderne est plus exacte.
Il fallut abandonner le champ de bataille et céder Haria.
DIDEROT.
Quoiqu’il me parût fort dur de quitter le champ de bataille avant
d’avoir remporté la victoire, il fallut m’y décider pourtant.
LOUVET.
CHAMPIGNON (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme, qui rappelle
celle des cryptogames dont les femmes sont si friandes, surtout quand
ce sont des champignons de _couche_.
_Si son champignon
Ressemble à son piton.
Quel champignon,
Gnon, gnon,
Qu’il a, Gandon,
Don, don!_
ALEXANDRE POTHEY.
CHAMPIGNON. Végétation charnue et maligne qui vient sur le membre viril
par suite d’un contact suspect.
_Elle n’eut jamais chaude-pisse,
Ni vérole, ni champignon._
H. RAISSON.
CHANCRE. Petit ulcère cancéreux qui se déclare ordinairement sur le
membre viril à la suite d’un contact malsain et qui, s’il n’est pas
soigné, finit par infecter l’économie.
_Jamais du moins on ne m’a vu
Foutre des chaudes-pisses;
Pleins de chancres et de morpions._
(_Parnasse satyrique._)
CHANDELIER. La nature de la femme, dans laquelle brûle la chandelle de
l’homme.
CHANDELLE. Le membre viril, qui fond—et coule trop souvent—au feu du
vagin de la femme.
Voici maître curé qui vient pour allumer sa chandelle, ou pour
mieux dire l’éteindre.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
_De femmes qui montrent leurs seins,
Leurs tétins, leurs poitrines froides,
On doit présumer que tels saincts
Ne demandent que chandelles roides._
G. COQUILLART.
CHANTER L’INTROÏT. Introduire son membre dans le vagin d’une femme,—ce
qui est le commencement (_introitus_) de la jouissance.
_Une catin s’offrant à l’accolade,
A quarante ans, il dit son introït._
PIRON.
CHAPEAU. La nature de la femme, dont se coiffe si volontiers la tête du
membre viril.
_Que ta main s’est piqué les doigts
Au chapeau de la mariée._
BÉRANGER.
CHAPEAU DE GOUDRON (Avoir un). Enculer un homme ou une femme,—ce qui
couvre le membre viril d’un brai de vilaine couleur et de plus vilaine
odeur.
_Dans l’ trou d’ ton cul faut que j’ m’affalle;
Tach’ de ravaler ton étron,
Pour que je n’ sorte pas d’ la cale
Avec un chapeau de goudron._
ALPHONSE KARR.
CHAPELLE. Le con—que l’homme ne voit pas sans ployer les genoux.
Il tâcha de faire entrer son idole dans ma chapelle; à quoi je
l’aidai en écartant les cuisses et en avançant le croupion autant
qu’il me fut possible.
(_Mémoires de miss Fanny._)
_Tous les passants dedans cette chapelle
Voulaient dévots apporter leur chandelle._
(_La Chapelle d’amour._)
_Le compagnon lui plut si fort,
Qu’elle voulut en orner sa chapelle._
PIRON.
CHAPON (Au figuré): Homme châtré ou impuissant.
En termes de cuisine, l’on appelle chapon le croûton de pain
frotté d’ail qui aromatise la salade.
Un de nos confrères, célèbre par sa continence... forcée, dînait
dimanche à la campagne.
—Aimez-vous le chapon? lui demande la maîtresse de la maison.
—Oh! non, je ne peux pas le sentir.
—Parbleu! fit un convive, ça lui rappelle Boileau.
EMILE BLONDET.
_Pour ma part, moi j’en réponds,
Bienheureux sont les chapons._
BÉRANGER.
CHAPONNER UN HOMME. Le châtrer, lui couper les testicules,—comme le bon
chanoine Fulbert fit au libertin Abeilard.
Je te chaponnerai, puis je t’arracherai les couilles rasibus.
LOUIS PROTAT.
CHARADES. Jeu de société qui, comme tous les jeux innocents, ne
contribue pas peu à l’instruction des jeunes filles.
On jouait aux charades chez la princesse M...—Une jeune dame
proposa celle-ci:
«Mon _premier_ est un instrument de plaisir.
Mon _second_ sert dans les jeux de hasard,
Et mon _tout_ est le nom d’un grand homme.»
—Je le tiens! s’écria madame A... Et elle articula, presque
timidement, ces deux syllabes: _Con-dé_.
—C’est assez compris, dit l’auteur; mais il y a quelque chose de
trop grand et quelque chose de trop petit.
Une dernière dame hasarda: _Lamotte-Piquet_.
—Il y a du bon, mais ce n’est pas encore cela. Voyons... personne
ne dit plus mot?... Eh bien! le nom de mon homme, c’est...
_Vagin-jeton_.
La princesse en rit encore!
Voici une anecdote qui concerne cette aimable femme:
On lui avait recommandé un jeune auteur d’avenir. Celui-ci se
présente au jour qu’elle avait fixé pour le recevoir.
—Ah! c’est vous, dit-elle, Monsieur... Monsieur _Lévy_, je
crois?...
—Madame, je me nomme _Lépine_.
—Oh! mon Dieu, reprend la princesse, c’est la même chose. Il
me semblait bien aussi qu’il y avait un _vit_ ou une _pine_ au
bout de votre _Lé_.—Asseyez-vous donc, je vous prie, et quand je
connaîtrai _votre affaire_, je verrai ce que je puis pour vous.
(_Historique._)
CHARMES. Les tétons, les fesses, etc., de la femme—qui charment en
effet nos yeux et notre imagination.
Avec beaucoup de _charmes_, c’est-à-dire de beauté, on peut
manquer de _charme_: on peut de même avoir beaucoup de _charme_
avec très peu de beauté. Réunir _le_ et _les_, c’est la
perfection à son comble.
A. DE NERCIAT.
_Et laisse voir ses charmes, dont la vue
Est pour l’amant la dernière faveur._
PARNY.
_... Y vendre au poids de l’or toutes les voluptés,
Et des charmes, souvent, qu’on n’a pas achetés._
LOUIS PROTAT.
CHARNIÈRE. Le périnée,—c’est-à-dire, l’endroit qui sépare le con du
trou du cul.
_Elle s’en est tant foutu,
Qu’ell’ s’est rompu la charnière...
Si bien que du con au cul,
Ça n’fait plus qu’une gouttière:
Bon, bon, de la Bretonnière._
(_Vieille chanson._)
CHAT. Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont
au bas du ventre,—à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois
à cause des griffes avec lesquelles elle déchire la pine des honnêtes
gens qui s’y frottent.
_Elle aime tous les rats,
Et voudrait, la Lesbienne,
Qu’à sa langue de chienne
Elles livrent leurs chats._
JOACHIM DUFLOT.
CHÂTRER. Rendre un homme inhabile à la génération, en lui coupant les
testicules.
_Beau con, dont la beauté tient mon âme ravie,
Qui les plus vieux châtrés pourrait faire dresser._
THÉOPHILE.
CHAUD COMME BRAISE (Être). Se dit d’un homme qui bande toujours, pour
qui toutes les femmes sont égales devant sa pine.
_Dans les gardes-françaises
J’avais un amoureux,
Fringant, chaud comme braise,
Jeune, beau, vigoureux._
J.-J. VADÉ.
_Je suis étroit, chaud comme braise,
Mon pucelage vaut le tien._
(_Parnasse satyrique._)
CHAUD DE LA PINCE. Homme ardent aux plaisirs vénériens; bon fouteur.
_C’était un chaud de la pince
Qui peuplait dans chaqu’ province
L’hospice d’s enfants trouvés._
LOUIS FESTEAU.
CHAUDE-LANCE. Le faux-nez de la chaude-pisse.
_Le soldat de Lobau,
Dit-on, n’eut pas de chance,
Car une chaude-lance
Lui corda le boyau._
JOACHIM DUFLOT.
CHAUDE-PISSE. Écoulement vénérien du canal de l’urètre,—une des épines
de cette rose qu’on appelle la femme.
_... Sais-tu d’abord quel nom
Donner à l’instrument par où le mâle pisse
Et par lequel aussi lui vient la chaude-pisse?_
LOUIS PROTAT.
CHAUDRON. La nature de la femme,—vase que la pine de l’homme se charge
de fourbir et de laver.
Son mari n’était d’aventure assez roide fourbisseur d’un chaudron
tel que le sien.
(_Le Synode nocturne des tribades._)
CHAUFFER UNE FEMME, CHAUFFEUR. Homme qui bande pour une femme et qui
la serre de près, comme l’épervier la colombe, pour épier le moment
favorable où il pourra fondre dessus, la pine en avant.
Loquemans, c’est l’officier, le chauffeur de la petite.
H. MONNIER.
CHAUSSER UNE FEMME. Être le mâle qui lui convient, avoir le membre qui
s’adapte le mieux à son con.
Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme
jamais, en effet, je n’ai été chaussée.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
CHAUSSON. Fille de la dernière catégorie, qui chausse tout le monde et
se fait chausser par tout le monde.
Joséphine! elle a chaussé le cothurne à la salle de la
Tour-d’Auvergne, chez Ricourt...—C’est pour cela que je l’appelle
_chausson_... qu’elle est.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
CHEMIN DU PARADIS. La nature de la femme,—où l’on ne peut aller qu’un à
un, le bâton de chair à la main.
CHEMINÉE. La nature de la femme, que l’homme se charge de ramoner
souvent avec sa pine,—de peur d’incendie, car elle flambe toujours.
_Ramonnez-moy ma cheminée,
Ramonnez-la-moy hault et bas;
Une dame, la matinée,
Ramonnez-moy ma cheminée,
Disoit, de chaleur forcenée:
Mon amy, prenons nos esbas,
Ramonnez-moy ma cheminée,
Ramonnez-la-moy hault et bas._
(_Fleur de poésie._)
CHEMINER AUTREMENT QUE DES PIEDS. Faire l’acte vénérien, dans lequel,
en effet, on fait beaucoup marcher la pine,—cette troisième jambe qui
se fatigue si vite.
_Lycaste pourrait bien l’avoir fait cheminer
Autrement que des pieds; ce sexe est si fragile
Que, prenant bien son temps, vertement on l’enfile._
TROTTEREL.
CHEVALIER DE LA ROSETTE. Pédéraste actif ou passif.
CHEVAUCHER. Monter sur une femme comme sur une cavale pleine d’ardeur,
et la conduire au bonheur à grands coups de cet éperon que nous avons
tous au bas du ventre.
Il m’a dit que, lorsqu’il me pouvait tirer à l’écart, il était
si animé à me chevaucher sur-le-champ, qu’il ne pouvait plus
commander à son vit roide.
MILILOT.
Vous me promîtes que quand vous seriez mariée, je vous
chevaucherois.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
_Carmes chevauchent nos voisines,
Mais cela ne m’est que du meins._
F. VILLON.
_Un médecin, toi sachant,
Va ta femme chevauchant._
TABOUROT, S. DES ACCORDS.
_Les dévotes beautés qui vont baissant les yeux,
Sont celles plus souvent qui chevauchent le mieux._
PIRON.
CHEVAUCHER À L’ANTIQUE. Enculer une femme ou un homme,—ce qui est, en
somme, la plus logique manière de monter à cheval.
_Jaquet, ignorant la pratique
D’Hippocrate et de Gallien,
Chevauchait un jour à l’antique
Margot, que chacun connaît bien._
THÉOPHILE.
CHEVAUCHEUR. Baiseur, homme monté sur une femme—qui galope vers la
jouissance.
_Et rien alors n’est plus gai pour le chevaucheur
Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
Le joyeux va-et-vient de l’énorme derrière._
EMMANUEL DES ESSARTS.
CHEVILLE OUVRIÈRE ou CHEVILLE D’ADAM. Le membre viril avec lequel on
bouche le trou de toutes les Èves que l’on rencontre.
_Que je voudrais bien être
Femme d’un menuisier,
Ils ne font rien que cheviller._
GAUTIER-GARGUILLE.
CHIBRE. Un des mille noms du dieu de Lampsaque.—Le mot nous vient des
marins, qui appellent le nez _guibre_, surtout lorsqu’il est un peu
fort. D’où le proverbe: gros nez, gros—chibre.
_J’y vois le brutal vent du Nord
Qui son énorme chibre agite
Pour enfiler dame Amphitrite._
P. J.
_Tu me disais alors que pour pouvoir te plaire,
Une femme devait vous dire et savoir faire
Toutes les saletés et toutes les horreurs;
Que cela ranimait le chibre des fouteurs._
LOUIS PROTAT.
CHIEN (Avoir du). Se dit en parlant d’une femme qui s’attife d’une
façon provocante, qui porte incontinent—à l’incontinence.
CHIENNER. Se livrer, avec une femme, à toutes sortes de polissonneries
cyniques, _caninæ nuptiæ_.
CHIFFE. Se dit d’un membre viril trop mou,—qui n’est plus ou qui n’est
pas encore assez viril.
Ah! vous n’êtes pas un homme, vous êtes une chiffe!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
CHIFFRE. Le prix d’un coucher avec une courtisane, ou avec une putain.
A Mabille:
LA DAME.—Finissez donc, monsieur! vous chiffonnez mon
mouchoir!.....
LE MONSIEUR.—Madame, c’est pour voir votre chiffre.
LA DAME.—Mon _chiffre_, c’est cent francs.
(_Nain jaune._)
CHINOIS. Le vit, toujours chauve—par la tête—et pour qui le con est le
_céleste empire_.
On dit: se polir, ou se balancer le Chinois, pour se branler.
CHOSE (Le). Pseudonyme pudibond de la pine ou du con.
Après, il me fait empoigner son chose, qu’il a roide, et
quelquefois me prend à force de corps et me fait rouler sur lui.
MILILOT.
Mais votre chose est tout petit, comme l’on dit, que si vous
l’apportez en quelque lieu, à peine si l’on se perçoit qu’il y
est.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
_Quand je l’eus lavé une pose,
Soudain je vis dresser son chose._
(_Farces et Moralités._)
_Serait-il vrai, bouche de rose,
Ce que m’a dit un imprudent:
Que vous vous passez moins de chose
Qu’un Espagnol de cure-dent?_
THÉOPHILE.
_O! ouy, ma foi, elle a un chose
Qui ne bouge de la maison,
Ainsi que fait celuy Lison,
Ainsi fatelu et douillet._
(_Ancien Théâtre français._)
_Ton chose, me dis-tu,
A si petite ouverture,
Qu’un vit moindre qu’un fétu
Y serait à la torture._
(_Cabinet satyrique._)
CHOUART. Ancien mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour
désigner le membre viril.
Voici maître Jean Chouart qui demande logis.
RABELAIS.
Il tira son chouart vif et glorieux.
(_Moyen de parvenir._)
_Le sculpteur à la main savante,
Par un chef-d’œuvre de son art,
A surtout formé Jean Chouart._
PIRON.
CIERGE. Le membre viril—qui brûle et se fond sur l’autel de la femme.
_Fondre_ est mis là, souvent, pour _couler_.
Mais cela seulement fut suffisant pour l’en dégoûter, disant
qu’elle avait vu la mèche qui était si déliée, qu’il n’y avait
guère d’apparence que le cierge fût bien gros.
D’OUVILLE.
La femme, quelque putain qu’elle soit est la sainte à qui l’on
doit le plus de cierges.
LEMERCIER.
CIGARETTE. Le membre viril—que les femmes savent si bien rouler dans
leurs mains et porter à leur bouche par le gros bout.
_Vous, luronnes, qui des dragons
Porteriez l’épaulette,
De cigares bien gros, bien longs,
Avez-vous fait emplette?
S’ils sont trop mous ou mal tournés,
Prenez ma cigarette,
Prenez,
Prenez ma cigarette._
J. LAGARDE.
CLAPIER. Grand con où peuvent se loger lapin et _la pine_.
Je les ai furetés tous deux, ces clapiers-là, j’en connais peu
d’aussi logeables.
A. DE NERCIAT.
_Mais au clapier de qui les bords
Sont couverts de nouvelle mousse._
(_Cabinet satyrique._)
CLÉ. Le membre viril—qui, sous le prétexte fripon d’ouvrir la serrure
féminine, la bouche en jetant des saletés dedans.
CLIQUETER UNE FEMME. La baiser, faire aller dans son vagin le membre
viril comme un cliquet de moulin,—avec moins de bruit cependant.
Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquetée.
SOREL.
CLITORIS. Le gland de la femme, qui, dans le prurit vénérien, bande
comme le membre de l’homme; d’où, chez les Grecs, l’expression de
κλὶτοριάζειν, pour _clitoridem attractare_, genre de masturbation
spéciale aux femmes.
_... Mon clitoris, par tous étant fêté,
Aurait pu faire au tien beaucoup de concurrence._
LOUIS PROTAT.
CLITORISER (Se). Se branler entre femmes; se chatouiller le clitoris,
seule ou à deux, réciproquement.
La nature le veut: c’est le seul moyen d’être sage au couvent,
puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser ou se manuéliser.
MERCIER DE COMPIÈGNE.
Quelle vision! grand Dieu!... Ma mère sur le dos, les cuisses
repliées vers sa poitrine et les jambes en l’air, d’une main
tenant un livre et de l’autre... se chatouillant le clitoris avec
la plus belle vivacité.
(_Mon noviciat._)
CLOU. Le membre viril, avec lequel on fixe la femme sur le dos.
COCARDE. Blanche ou rouge... affaire d’opinion. C’est le foutre qu’on
lance, ou le sang que l’on fait répandre, au con d’une pucelle.
_Heureux qui mettra la cocarde
Au bonnet de Mimi-Pinson._
ALFRED DE MUSSET.
COCHON (Être). Savoir bien besogner de l’outil que la nature a eu
l’obligeance de placer au bas du ventre de l’homme; baiser fort et
longtemps.
_Ce n’est pas cela, mon cher, qui m’amuse
Sois moins poète et beaucoup plus cochon._
(_Parnasse satyrique._)
COCHON (Être). Se dit aussi des choses obscènes, des discours qui
provoquent l’érection,—des cochonneries en un mot.
_Antoine, c’est un joli nom,
Un peu cochon._
ALEXANDRE POTHEY.
COCHONNE (Être). Connaître une foule de petits secrets pour arriver à
faire bander les pines les plus réfractaires et jouir les hommes les
plus indifférents.
COCHONNERIES. Exercices amoureux: gamahuchage, branlage, suçage,
postillon, feuille de rose, patte d’araignée,—en un mot, tout ce
qu’ignorent les femmes honnêtes et que savent si bien les femmes
galantes.—Le libertinage a emprunté beaucoup de termes à la charcuterie
(V. _langue fourrée_, _boudin_, _andouille_, _saucisse_, _vessie_,
etc.), et cela se comprend de reste, χοιρος signifiant à la fois
_cochon_ et _con_.
COCHONNERIES (Dire des). Avoir un langage de «haulte gresse,» appeler
les choses par leur nom, dire _pine_ au lieu de _machin_, _foutre_ au
lieu d’_aimer_, enfin raconter des prouesses concubitales.
COCODÈS. Imbécile élégant, ou singeant l’élégance, qui fréquente plus
volontiers avec les filles entretenues qu’avec les femmes honnêtes.
Ce n’est pas un homme, c’est un cocodès.
AURÉLIEN SCHOLL.
COCODÈTE ou DANDYE. Femme du monde qui imite la cocotte—dans sa mise—et
quelquefois la surpasse par l’excentricité.
COCOTTE. Fille de mœurs excessivement légères, qui se fait grimper par
l’homme aussi souvent que la poule par le coq.
_Cocotte_, terme enfantin pour désigner une poule;—petit carré
de papier plié de manière à présenter une ressemblance éloignée
avec une poule.—Terme d’amitié donné à une petite fille: _ma
cocotte_;—et quelquefois à une grande dame dans un sens un peu
libre.
LITTRÉ.