jésuites ayant inventé le plaisir solitaire—après Onan.
BÂTER L’ÂNE. Faire l’acte vénérien.—L’expression date probablement du
conte de La Fontaine, le _Bât_,—imité de Béroalde de Verville.
BÂTI. Membré convenablement: se dit en parlant d’un homme qui a tout ce
qu’il faut pour faire jouir une femme.
_La résistance est nulle, ou très légère;
Tu vois pourtant comme je suis bâti._
PARNY.
BÂTON. Le membre viril, à cause de ses fréquentes érections qui lui
donnent la dureté du bois—dont on fait les cocus. Les femmes s’appuient
si fort dessus qu’elles finissent par le casser.
_Vous connaissez, j’en suis certaine,
Derrière un petit bois touffu,
Dans le département de l’Aisne,
Le village de Confoutu.
Par suite d’un ancien usage
Qui remonte au premier humain,
Tout homme y fait pèlerinage,
La gourde et le bâton en main._
EUGÈNE VACHETTE.
BÂTON (Faire). Bander.
Le temps... où la première guenon venue qui me mettait la main
dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
_J’crois ben qu’ la seul’ médecine
Qui pourrait m’ guérir tout d’ bon
Et m’empêcher d’fair’ bâton,
Ce s’rait d’ fair’ sombrer ma pine,
Capitain’, dans un pied d’ con._
G. DE LA LANDELLE.
BÂTON À UN BOUT. Le membre viril,—le seul bâton qui n’ait qu’un bout,
en effet.
C’est le bâton à un bout qui me pend entre les jambes.
RABELAIS.
BÂTON DE SUCRE DE POMME (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme,
de sa longueur et du goût sucré qu’il a en fondant de plaisir dans la
bouche de la femme qui le suce.
_Fillettes, qui mourez d’ennui
Et languissez dans la retraite,
Pour mieux dormir toute la nuit,
Il faut employer ma recette:
Si vous désirez un amant,
Si tout bas votre cœur le nomme,
A vos maux il faut un calmant...
Prenez bien vite, mon enfant,
Un bâton de sucre de pomme._
DUMOULIN-DARCY.
BÂTON PASTORAL. Le membre viril,—avec lequel nous conduisons des
troupeaux de femmes au bonheur.
Le simple maniement volontaire d’une main blanche et délicate qui
se promène autour de leur bâton pastoral, est suffisant pour leur
expliquer tous les mouvements du cœur de leur dame.
MILILOT.
Il lui montre son bâton pastoral tout rougeâtre et enflé.
NOEL DU FAIL.
BATTRE LE BEURRE. Introduire son engin dans un vagin un peu gras et l’y
agiter avec énergie comme dans une baratte.
_D’un moule à merde il fait un moule à pine
Et bat le beurre au milieu d’un étron._
(_Parnasse satyrique XIXe siècle._)
BATTRE SA FLÈME. Courir le guilledou, aller dans les quartiers où la
femme donne le plus.
Eh bien! puisque je suis en train de battre ma flème, je vais
connaître cette maison.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BATTRE SON QUART. Se dit des filles de bordel, qui descendent à tour de
rôle, pendant un quart d’heure ou une demi-heure, sur le trottoir, où
elles raccrochent les passants.
Dorante, en se promenant devant la maison au grand numéro, croise
Sylvia, qui bat son quart.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BATTRE UN BAN AU MICHÉ. Le préparer à la jouissance suprême par des
attouchements habiles et souvent répétés.
_Je sais attacher un ruban
Selon la grosseur d’une pine;
Au miché je sais battre un ban,
Je sais tortiller de l’échine._
(_Parnasse satyrique._)
BAUDE (La). La vérole,—dans l’argot des voleurs, qui se rapproche
plus qu’on ne croit du vieux langage, puisqu’on trouve dans
Eutrapel: «Je cuidai avoir le _baut_, c’est-à-dire avoir gagné le mal
padouan.»—_Baude_ ne serait-il pas une syncope de _ribaude_?
BAUDRUCHE. Pellicule de boyau de mouton, que l’on neutralise pour en
faire des _choses_ très utiles:—des capotes anglaises.
V. MILLAN.
BAUME DE VIE (_ou de vit_). La semence de l’homme,—que donne le _vit_
et qui donne la _vie_.
C’était pour me procurer mille morts délicieuses, qu’il ménageait
avec art ce baume précieux qui donne la vie.
(_Félicia._)
BAZAR. Bordel,—qui est en effet un endroit où l’on expose la femme
comme marchandise.
Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites
dames.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BEAU CORPS (Elle a un). Se dit de toute femme laide de visage, quand
on veut s’excuser d’avoir couché avec elle une fois ou d’y coucher tous
les jours.
BEAUTÉ VÉNALE. Femme qui fait métier et marchandise de ce qu’elle
devrait donner pour rien,—l’homme, après tout, ne faisant pas payer les
services de sa pine, qui valent bien ceux du con.
_O vous, vénales beautés
A l’humeur aventurière,
Vainement vous présentez
Le devant ou le derrière
A l’abbé
La Bédollière,
L’abbé
Qui sera flambé._
EMILE DE LA BÉDOLLIÈRE.
BEAUTÉS OCCIDENTALES. Les fesses d’une femme, dont les tétons sont les
beautés orientales.
BEAUTÉS POSTÉRIEURES. Les fesses.
Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait
préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette...
et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul
le dénichaient comme sans dessein.
(_Mon noviciat._)
BÉBÉ. Nom d’amitié que les filles donnent depuis quelques années aux
hommes avec qui elles baisent,—maquereaux ou michés.
Théodore, c’est mon bébé; M. Martin, c’est mon monsieur.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
_Un mot dont on nous favorise,
Mot aux nourrices dérobé,
C’est, aurait-on la barbe grise:
—Comment ça va? Bonjour, bébé._
FR. DE COURCY.
BÉCOT (Donner un). Baiser la tête d’un vit comme on baise le bec d’une
clarinette. Cette aimable action ne faisant aucun bruit, on peut aller
longtemps: d’abord _moderato_, puis _allegretto_, _vivace_..... chaque
pause vaut un soupir.
_Et quand je lui donne un bécot,
Comme il lève la tête,
Jacquot!_
AL. DALÈS.
BÉCOTTER. Donner des bécots.
_Petit bossu
Noir et tortu,
Qui me bécottes
Et fripes mes cottes;
Petit bossu, noir et tortu,
De me baiser, finiras-tu?_
BÉRANGER.
BÉGUIN (Avoir un). Avoir envie de coucher avec un homme lorsqu’on est
femme, avec une femme lorsqu’on est homme.
Ah! je ne sais pas quand il se passera, mais j’ai un fier béguin
pour toi, va!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BELINER. Faire l’acte vénérien, l’acte bestial par
excellence,—_belluinus_.
BELLE EN CUISSES. Galanterie que les gens du peuple adressent
volontiers à une femme—dont ils n’ont pas encore relevé la robe.
J’ prendrais bien quéque chose, moi... Et toi, la belle en
cuisses?
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BELLE ENFANT. Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en
âge de faire _l’enfant_, ou de faire _un enfant_.
_Ma belle enfant!_
Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et
impossibles, depuis la _Pie voleuse_, jusqu’à la _Grâce de
Dieu_, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à
mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme
mademoiselle Georges:—_La belle enfant!_
BELLE SOUS LE LINGE (Être). Ne rien perdre de ses séductions en se
mettant nue devant un homme qui vous a trouvée belle habillée.
Il y avait à côté de son nom: bonne créature, assez belle sous le
linge, mais gauche et sans mouvement.
LA POPELINIÈRE.
BELUTER. Faire l’acte copulatif, pendant lequel on remue
beaucoup,—_volutare_.
BÉNIR DES PIEDS. Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l’homme
et la femme gigotent des jambes, comme s’ils voulaient envoyer leur
bénédiction _urbi et orbi_.
BÉNITIER. La nature de la femme, que nous emplissons de sperme
bénit—par elle.
_Je crois bien que notre gros vicaire
Aura mis le doigt au bénitier._
BÉRANGER.
_... Aussi, ma foi,
Laissez-moi mettre un doigt
Au bénitier de ma belle Lise._
EMM. DELORME.
BÉQUILLE DU PÈRE BARNABA (La). Le membre viril de tous les hommes, sur
lequel s’appuient si volontiers toutes les femmes. Expression employée
dès l’époque de la régence dans de nombreuses chansons.
_J’ai perdu ma béquille,
S’écriait Barnaba;
Quelle est l’honnête fille
Qui la rapportera?_
COLLÉ.
_Marc une béquille avoit
Faite en fourche, et de manière
Qu’à la fois elle trouvoit
L’œillet et la boutonnière._
GRÉCOURT.
BERLINGOT. Le membre viril.
BESACE. Tétons flasques et pendants, comme une besace dont les toiles
se touchent; ou bien le ventre d’une fille enceinte.
_Finalement, v’là Boniface
Qui s’ présente et veut m’épouser:
Comme il faut qu’ chacun port’ sa b’sace,
Je m’ promets bien d’ l’utiliser.
Un mal de cœur, suit’ d’un’ scène amoureuse,
Rendit bientôt ma position chanceuse..._
PH. VIONET.
BESOGNE. L’acte vénérien, que nous accomplissons sans douleur—mais non
sans fatigue. C’est ce que Fourier appelle le _travail attrayant_.
Quand ils ont bien travaillé et qu’ils sont saouls de la besogne.
TABARIN.
_De le faire cent coups, voire à beau cul levé,
Avec votre Brillant, qui besogne en crevé._
TROTTEREL.
_La belle en train de bien apprendre,
Serrait Lucas, qui, las de besogner,
Par un air abattu lui fit assez comprendre
Qu’on ne peut toujours enseigner._
VIDA.
BESTIALITÉ. Crime honteux que l’on commet avec une bête.
«Rien ne fut plus commun au moyen-âge que ce crime que l’on
punissait de mort quand il était patent et confirmé par le
tribunal.—Les registres du Parlement sont remplis de ces
malheureux qu’on brûlait avec leur chien, avec leur chèvre,
avec leur vache, avec leur pourceau, avec leur oie!—On aurait
volontiers pardonné à la bête plutôt qu’à l’homme; mais on
la tuait de peur qu’elle ne vint à engendrer un monstrueux
assemblage de la bête et de l’homme.»
PIERRE DUFOUR.
La lutte s’engage, les coups se portent, la bête devient l’égale
de l’homme, Sainte est embestialisée... ensinginée.
ALFRED DE MUSSET. (_Gamiani._)
BÊTE (La). La femme,—après l’homme.
_Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme._
BOILEAU.
_Si je veux croire les railleurs,
Elle a fort peu de cheveux à la tête;
Les sujets qu’on en dit ne sont pas des meilleurs;
Ce n’est pas bien l’endroit par où j’ai vu la bête,
Mais elle en a beaucoup ailleurs
Où elle est souvent arrosée
Par la plus douce des liqueurs._
(_Le Zombi du grand Pérou._)
_Ciel! poursuit-il, quand est-ce qu’on
Pourra désabuser le monde
De foutre ces bêtes à con
Des animaux le plus immonde._
COLLÉ.
BÊTE À DEUX DOS (Faire la). Faire l’acte vénérien, pendant lequel les
deux fouteurs, collés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que
des dos.—L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais
après lui, et, après Rabelais, Shakespeare—dans la première scène
d’_Othello_:
Your daughter and the Moor are now making _the beast with two
backs_...
On s’en sert toujours avec avantage dans la conversation.
BÊTISES (Dire des). Tenir des propos gaillards, qui font rougir—et
godiller—les dames.
BÊTISES (Faire des). Patiner une femme, peloter un homme; baiser;
sodomiser.
Sois bien sage et bien raisonnable, mais pas trop cochon; si nous
voulons, nous ferons des bêtises.
H. MONNIER.
_Lors le prélat, relevant son étole,
Après m’avoir caressé le menton,
M’ fit des bêtis’s au pied du Capitole:
J’ai, mes amis, toujours été cochon._
(_Parnasse satyrique._)
BIBI. Jouvenceau, mignon qui sert aux plaisirs libertins des
vieillards—le _giton_ du Satyricon, le _Ganymède_ de Jupiter,
l’_officiosus_ des bains publics, à Rome;—ou mignon de dame.
BIBITE. Le membre viril—quand il n’est plus ou quand il n’est pas
encore assez viril.
_Ta pine n’est plus qu’une humble bibite
Indigne d’entrer dans mon entonnoir._
ANONYME.
... _Il est appelé...
La bibite au petit par la bonne d’enfant._
LOUIS PROTAT.
BICHETTE. Le membre viril,—ou plutôt, pour lui restituer son véritable
sexe, la pine.—Cette expression, maintenant répandue à Paris,
appartient à Nadar, à qui l’on prête des conversations intimes avec
Mlle Bichette. Un couplet d’Alexandre Pothey la consacre:
_Avis aux dam’s! qu’on se le dise!
Nadar a l’ sac, et pour de bon!
Le Monstre Vert, Frisette, Élise,
Jusqu’à l’antique Pavillon,
Pour célébrer ce jour de fête,
S’en vont fair’ la cour à Bichette!
D’être avalée elle a le trac!
Nadar a l’ sac!_
BICHON. Jeune homme qui sert aux plaisirs d’un homme mûr. C’est le
giton moderne.—C’est aussi l’amant de cœur, le petit chien complaisant
des femmes qui aiment à se faire _bichonner_, c’est-à-dire, lécher le
cul.
BIDAULT. Vieux mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour
désigner:
1º Le membre viril.
Celle-là vouloit bien avoir de vous autre chose que le bidault.
P. DE LARIVEY.
2º La nature de la femme.
_Si j’avois vu votre bidault,
Je serois guéri, ce me semble,
Mais pour voir un peu s’il ressemble
A celui de ma ménagère._
(_Farces et Moralités._)
BIDET. 1º Cuvette de forme ovale, ordinairement enchâssée dans un
tabouret de même forme, au-dessus de laquelle la femme se place à
califourchon pour se laver—après le coït.—Ce meuble indispensable,
essentiel, était connu des Romains, qui se lavaient _post rem veneream,
et quasi religiose_. Sa forme était à peu près la même qu’aujourd’hui.
_Des coups de Pincecul, quelques coups de bidet,
Enlèveront bientôt, et la trace, et l’effet._
LOUIS PROTAT.
_Femme prudente se sauve,
A dada sur son bidet._
A. JACQUEMART.
2º Le membre viril, dada que les femmes enfourchent pour aller au
bonheur.
_Il est d’une vigueur que rien ne peut abattre
Que ce drôle était bien mon fait!
Trois fois sans débrider il poussa son bidet._
(_Les Plaisirs du cloître._)
_A dada, à dada,
A dada sur mon bidet._
JACQUEMART.
_Il la jeta d’abord sur sa couchette,
Lui présenta son pétulant bidet._
(_Le Cosmopolite._)
_Chaque père en voyant cette jeune fillette,
Sent son bidet tout prêt à rompre sa gourmette._
PIRON.
BIEN SERVIR UN HOMME. Le faire bien jouir par des mouvements de croupe
habiles et par toutes les fioritures amoureuses connues des femmes
savantes.
_Les dames de nos bourgeois,
Et j’en eus vingt dans un mois,
M’auraient mieux servi cent fois._
BÉRANGER.
BIGARREAU ROUGE (Le). Le gland, lorsqu’il n’est plus recouvert par la
peau du prépuce et qu’il montre aux regards des jeunes filles sa tête
chauve, source de volupté pour elles.
A force de se bander comme je dis, il y a une peau vers le haut
qui se retire contre le ventre et découvre une tête qui est faite
comme un gros bigarreau rouge.
MILILOT.
BIJOU. La nature de la femme, pour l’homme; le membre viril, pour la
femme,—deux choses précieuses.
_Qu’il soit pauvre, avare ou brutal,
Un père au moins donne à sa fille
Pour en jouir, soit bien, soit mal,
Un petit bijou de famille._
E. DEBRAUX.
_Non, je l’avoue; aussi je te rends grâce,
Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou._
VADÉ.
_Répondez-moi, tendres amis des dames,
Si vous me manquiez du plus beau des bijoux,
Par quels moyens, hélas! leur plairiez-vous?_
E. T. SIMON.
BIJOU ARTIFICIEL. Phallus de cuir,—_vulgo_ godemiché.
_J’ai des bijoux artificiels
D’une forte structure
Qui, dans les cons superficiels
Remplacent la nature._
(_Chansons anonymes modernes._)
_Certain bijou, qui d’un sexe chéri
Offre l’image et le trait favori,
Sert de Zoé la langueur amoureuse._
PARNY.
BISCOTTER UNE FEMME. La baiser, acte pendant lequel on se remue
fortement,—de l’italien _scuotere_, étymologie tirée par les poils.
Il aimait mieux dépuceler cent filles que biscotter une veuve.
RABELAIS.
_Lucrèce fait bien de la sotte
Et ne veut pas qu’on la biscotte._
THÉOPHILE.
C’est celui à qui l’on biscotte la femme.
NOEL DU FAIL.
BISSAC. La nature de la femme, qu’elle tend si fréquemment à l’homme,
pour qu’il l’emplisse—de sperme.
_Le texte dit que foullando,
En foulant et fesant zic, zac,
Le galant se trouve au bissac._
(_Ancien Théâtre français._)
_Après cinq ou six bons mots
Fait entrer Genfrey au bissac._
(_Farces et Moralités._)
BISTOQUER. Vieux mot hors d’usage, signifiant se servir du bistoquet,
espèce de queue de billard, employé dans un sens obscène pour faire
l’acte vénérien.
_Notre mignon lui répondit
Que deux fois l’avait bistoquée._
(_Recueil de poésies françaises._)
_Mais au moins, dites-moi, l’a-t-il point bistoquée?_
P. DE LARIVEY.
BISTOQUETTE. La pine.
_Savez-vous, bons citadins,
Ce que le dieu des jardins
A bien plus gros que la tête?
Turlurette,
C’est la bistoquette._
LOUIS FESTEAU.
BLAGUES À TABAC. Se dit des tétons qui ne se tiennent pas assez.
_Ceux qui disent que les tétons
Flottent au vent comme des vagues,
Suzanne, sont des polissons:
On voit bien que ce sont des blagues._
ANONYME.
BLANCHISSEUSE DE TUYAUX DE PIPE. Fille ou femme galante qui, d’une
_pipe_ en terre rouge, fait en un tour de cul ou de main une _pipe_ en
écume.
BLONDE. Maîtresse,—quelle que soit la couleur de ses cheveux ou de son
poil.
_Puissé-je...
Cramper dans le cul
De ma blonde!_
EMILE DEBRAUX.
BLONDIN. Séducteur, quelle que soit la couleur de ses cheveux.
_L’autr’ jour, en rentrant chez moi,
J’ trouv’ la clé dans la serrure...
J’entre et j’ vois ma femm’ près d’un grand blondin,
Tout autre aurait pris la mouche soudain..._
J. E. AUBRY.
_De certain blondin la binette
Me faisait mazurker le cœur._
S. TOSTAIN.
BLOUSE. La nature de la femme, qui, au jeu de billard amoureux, reçoit
les deux billes de l’homme—avec la queue.
_Que je voudrais avoir aussitôt un écu,
Voire deux, voire trois, dans ma pauvre fouillouse,
Comme on a mis de coups dedans votre belouse._
TROTTEREL.
BOBOSSE. Entreteneur, miché sérieux.
_Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses
Qui sans façon vous font présent
D’une guimbarde et de deux rosses:
C’est du nanan._
ÉMILE DEBRAUX.
BOC, BOCAN, BOUCAN ou BOCARD. Bordel,—dans l’argot militaire ou
populaire.—Voir aussi BOXON et BOUSIN.
_Le meilleur bocan du Marais
Devient presque une solitude._
CYRANO DE BERGERAC.
_Chez la grosse Cateau, vas-tu donc au bocan?_
LA FONTAINE.
BOIRE AU GOULOT. Sucer un homme.
_Mais, grossier comme un matelot,
Par le rustre je fus forcée
De boire à même le goulot._
MARCILLAC.
BOIRE DANS LE MÊME VERRE. Baiser à plusieurs la même femme,—qui
heureusement a le soin de se rincer après que chacun de ses amants a
bu.
BOIRE SEUL. Se masturber, ce qui est jouir en égoïste, sans trinquer
avec un vagin.
V’là que j’bande... Ah! n’ craignez rien... J’ n’ai jamais eu c’
défaut-là... Un Français ne... boit... jamais seul...
TISSERAND.
BOIRE UN COUP. Gamahucher une femme après l’avoir baisée, pour se
préparer au second coup. La femme ne s’étant pas lavée, on est obligé
d’ingurgiter le résultat de la première émission. Ce qui est _rentrer
dans son bien_... avec intérêts. Voici à ce sujet une anecdote qui
explique la chose:
M. Z., couché avec une actrice de la Comédie-Française,
Mademoiselle X, avait déjà, courant la poste, fait une course...
féconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc
la dame à passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne
tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna
pas se déranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s’écria en
riant:
«Ah! bah!... quand le _coup_ est _tiré_, il faut _le boire_!»
BOÎTE. Sous-entendu: à jouissance, ou bien encore, boîte à pines. Fille
publique.
BONDON. Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.
A peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent
avoir le bondon.
TABARIN.
_C’est mon tonneau, j’en porte le bondon._
VOLTAIRE.
BONHEUR. ALLER AU BONHEUR. Employé dans un sens obscène pour désigner
l’acte vénérien.
Il ne répondit aux reproches qu’on lui faisait qu’en achevant son
bonheur.
DIDEROT.
BONNEAU. Homme serviable qui se charge—moyennant finance—d’aplanir les
difficultés que pourraient éprouver à se rencontrer une femme mariée et
son amant. Son obligeance va même jusqu’à procurer des amants à celles
et des maîtresses à ceux qui en désirent.
BONNE ENFANT (Être). C’est, pour une putain, se prêter à tous les
caprices libertins de l’homme qu’elle a raccroché.
_Déboutonn’-toi, tu verras comme
J’ s’rai bonne enfant: j’ t’amus’rai bien._
HENRY MONNIER.
BONNES FORTUNES. Coups qu’un homme tire avec le sexe: autant de femmes,
autant de bonnes fortunes.
Une jeune fille dira sans rougir, d’un jeune homme:—Il a eu tant
de bonnes fortunes.—Mais elle se croirait déshonorée si elle
disait de lui:—Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c’est
exactement la même chose.
A. FRANÇOIS.
_Chacun rencontre sa chacune,
Nul ne fut sans bonne fortune._
VOITURE.
BONNET ou BONNET À POIL. La nature de la femme, que l’homme place sur
la tête de son priape à la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des
bonnets pour toutes les têtes et des têtes pour tous les bonnets.
_Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet._
E. DEBRAUX.
_Tu vas me dire, je le gage,
Que la chaleur de ton bonnet
Fera transpirer son... visage_
GUILLEMÉ.
_Un bonnet à poil, je te jure,
Aujourd’hui ferait son bonheur;
Pour faire admirer sa tournure,
Coiffe mon petit voltigeur._
GUILLEMÉ.
_Mon ourson ne servit plus guère;
Car, comm’ disait notre aumônier:
J’ connais c’ pays qu’on prône,
Novi, Florence, Ancône;
Mais l’Italien, peu guerrier,
Rarement coiffe—un bonnet d’ guernadier._
HENRI SIMON.
BONTÉS. Coups tirés avec un homme. Expression chaste, sens obscène.
Vous êtes un ingrat: je regrette d’avoir eu des bontés pour vous,
et de vous avoir ainsi donné le droit de me mépriser.
J. DU BOYS.
BORDEL. Couvent de femmes qui ont fait vœu de lubricité. C’est le
_ganea_ (γάνος, joie) des Anciens, ordinairement situé loin de la
ville, et la _Borde_ (petite maison) des Modernes, située aussi dans la
campagne, loin des regards indiscrets.
L’on envoie sa conscience au bordel, et l’on tient sa contenance
en règle.
P. CHARRON.
_Misérable Philis, veux-tu vivre toujours
Un pied dans le bordel, l’autre dans la taverne?_
MAYNARD.
_Cependant vengeons-nous
Sur la grosse Cateau, qui tient bordel infâme._
LA FONTAINE.
BORDEL AMBULANT. Fiacre, dont les stores baissés permettent aux
amoureux, qui l’ont pris à l’heure pour aller plus doucement, de faire
leurs petites affaires de cul.
BORDELIER ou BORDELIÈRE. Homme ou femme qui hante les bordels.
BOSSOIRS (Les). Les tétons, par allusion aux deux grosses pièces de
bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres d’un navire et
qui font saillie au-dessus de l’éperon, à l’avant.—D’où cette facétie
libertine: «Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits.»
_Rembarque-moi ces bossoirs,
Quoi qu’ tu fais d’ ces morceaux d’ tripe?_
(_Parnasse satyrique._)
BOTTE FLORENTINE. Enculage d’un homme ou d’une femme,—par allusion
aux habitudes pédérastiques, vraies ou supposées, des habitants de
Florence, une façon de Sodome.
Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une
femme... fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la
botte florentine qui pourrait la menacer.
(_Les Aphrodites._)
BOUCHE D’EN BAS (La). La nature de la femme,—si éloquente dans son
langage muet.
D’autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de là si pâle, qu’on
dirait qu’elles y ont la fièvre.
BRANTÔME.
_Pour récompenser mon mérite,
Arrachant les dents bien à point,
Permettez que je vous visite
Votre bouche qui n’en a point._
(_Cabinet satyrique._)
BOUCHE IMPURE (La). Le trou du cul,—qui parle plus souvent qu’on ne
voudrait, et dont le langage n’est en odeur de sainteté qu’auprès des
pédérastes.
Déjà le comte, dans un moment de délire assaisonné des
exclamations les plus passionnées, est allé jusqu’à déposer un
baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en
pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.
ANDRÉA DE NERCIAT.
BOUCHÈRE EN CHAMBRE. Fille ou femme galante, qui pèse la
viande—masculine—avec la main.
BOUCHERIE. Bordel, où abondent les gros morceaux de viande,—humaine.
Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à
son étal, à cette boucherie-là.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
BOUCHER LA SERRURE. Mastiquer le vagin de la femme à force de décharger
dedans, et le rendre impropre à la fécondation.
BOUCHER UN TROU, UNE BRÈCHE, UNE FENTE. Introduire le membre viril dans
le vagin d’une femme, sous prétexte d’en mastiquer les fissures.
_Plus loin, j’ trouvons madam’ vot’ mère
Sous not’ aumônier Goupillon;
J’ dis: Vous bouchez un’ brèch’, not’ père,
Par où pass’rait un bataillon._
BÉRANGER.
BOUCHON. Le membre viril, que la nature a destiné à fermer
hermétiquement le goulot de la femme.
BOUDER. Joli mot, sotte chose, a dit Commerson.—Laisser voir, par
l’expression de son visage, qu’on a de l’humeur ou du ressentiment
contre quelqu’un.
_On ne saurait bouder longtemps
Quand on boude contre son ventre._
(_Improvisateur français._)
Tu sais que ta ci-devant femme, quant à ce qui est d’ça (foutre),
n’aime à bouder ni contre son ventre, ni contre son bas-ventre.
SOPHIE ARNOULD.