LA PETITE FEMME ET SES ENFANTS

Juillet 1915.

Fineke rentre de l’école à une heure inaccoutumée, les yeux rouges et

gonflés, et encore soulevée de hoquets de pleurs. Elle va droit à sa

mère, la dégrafe, prend son sein gauche à deux mains et se met à téter

goulument.

Sa mère lui demande à plusieurs reprises pourquoi elle a pleuré et si

elle ne va pas laisser un peu pour Mileke, mais Fineke tète et ne répond

pas; elle se contente de regarder sa mère de ses grands yeux voilés de

volupté gourmande. Quand elle en a pris son saoul, elle lâche la mamelle

et dit en zézayant et la bouche encore gonflée de lait:

--J’ai pleuré parce que je voulais revenir pour téter, et que la sœur ne

voulait pas me laisser partir. J’ai dit alors qu’elle devait me donner à

téter; elle n’a pas voulu, j’ai pleuré encore, et elle m’a laissé

partir.

Angelinette · 第 6 / 60 题