LE MAJOR GÉNÉRAL À MARMONT.

«Schoenbrunn, le 19 juin 1809.

«Je vous ai envoyé plusieurs fois, monsieur le duc, l'ordre de marcher

sur Gratz, et, à la distance où vous êtes, vous n'aviez pas besoin de

cet ordre pour agir. L'Empereur trouve que vous avez commis une faute

en laissant intercepter la communication avec Gratz, car, le 18, les

avant-postes du général Broussier ont été attaqués: nous ignorons ce qui

se sera passé. Toutefois, général, l'intention de l'Empereur est que

vous marchiez sans délai sur Gratz et que vous culbutiez les corps de

Giulay et de Chasteler, qui y sont. Si le général Broussier est obligé

d'évacuer Gratz, son instruction lui prescrit de se retirer sur Bruck.

Sa Majesté est étonnée que vous restiez tranquille et que vous

n'envoyiez pas chaque jour un officier de votre armée avec des

nouvelles, quand les plus grandes choses vont se décider et que vous

avez sous vos ordres le meilleur corps d'armée. Vous sentez, général,

qu'à la distance où vous êtes et avec votre grade, ce n'est point un

ordre littéral qui doit vous faire mouvoir, mais la masse des

événements.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (3/9) · 第 69 / 136 题