«Cillex, 19 juin 1809.
«Monseigneur, j'ai reçu hier la lettre que Votre Altesse Sérénissime m'a
fait l'honneur de m'écrire le 14 au soir. J'étais parti la veille de
Laybach, ainsi que j'avais eu l'honneur de vous en rendre compte.
J'espère que je serai demain à Marbourg de bonne heure, si l'ennemi n'y
est pas assez en force pour mettre obstacle au passage de la Drave,
chose que j'ignore encore; dans le cas contraire, je serai obligé de
remonter cette rivière, ce qui retarderait mon arrivée de deux jours.
«J'ai rencontré avant-hier les avant-postes du général Zach, qui est sur
la route d'Agram, à ce qu'il paraît, avec quatre ou cinq bataillons
croates. Ces avant-postes ne s'étant pas retirés assez vite, une
trentaine d'hommes ont été sabrés et pris.
«J'ose espérer que la lettre que j'ai eu l'honneur d'adresser à Votre
Altesse Sérénissime le 10 me justifiera dans l'esprit de Sa Majesté sur
l'opinion du défaut d'activité qu'elle a conçue sur mon compte. J'ai été
en mouvement quatre heures après que j'eus reçu la nouvelle de la
présence du général Chasteler; mais, la route qu'il devait prendre étant
incertaine, j'ai dû, avant de m'éloigner beaucoup de Laybach, attendre
des renseignements sur lesquels j'avais droit de compter. Ce n'est pas
le silence du général Rusca qui m'a induit en erreur, ce sont les
fausses nouvelles qu'il m'a données une heure avant d'être attaqué et
bloqué.
«Permettez-moi de joindre à cette lettre une notice rapprochant les
dates des événements et de mes mouvements.
«Je n'ai reçu qu'hier les deux lettres dont Sa Majesté m'a honoré, et
les différents ordres et instructions que vous supposiez qui m'étaient
parvenus.
«Je n'ai reçu encore ni l'artillerie ni la cavalerie qui m'ont été
annoncées.»