«Vicence, 3 mai 1809.
«Je vous ai fait connaître, ces jours derniers, monsieur le général duc
de Raguse, les heureux et brillants événements de la grande armée.
L'armée d'Italie a repris l'offensive et l'armée autrichienne est forcée
à la retraite. Depuis deux jours elle fuit. Il est instant que celle de
Dalmatie commence son mouvement et que ses efforts contribuent à la
défaite totale des ennemis. Vous voudrez donc bien les attaquer et les
pousser avec la plus grande vigueur, au reçu de cette lettre. Nos
avant-postes sont sur la Brenta. Je marcherai au moins par journée
d'étape; et, si nos mouvements peuvent s'accorder, comme je n'en doute
pas, l'armée autrichienne peut être entièrement détruite; mais il n'y a
pas un instant à perdre, et je crains les retards que la mer pourra
mettre dans la transmission de cette lettre. J'espère que l'armée de
Dalmatie pourra recueillir la portion de gloire à laquelle elle a droit
de prétendre.»