«Paris, le 7 mars 1808.
«Général, il a été rendu compte à Sa Majesté que, d'après les ordres que
vous aviez donnés, le payeur de la guerre du royaume d'Italie, qui se
trouve à l'armée que vous commandez, avait été contraint de prélever,
sur les fonds qui lui avaient été faits pour les dépenses de la solde et
des masses des troupes italiennes, une somme de quatre cent
soixante-treize mille deux cent quatre-vingt-deux francs pour les
dépenses de l'artillerie, du génie, des approvisionnements, et dépenses
diverses.
«Sa Majesté m'a ordonné de faire connaître à Votre Excellence qu'elle
désapprouvait les mesures que vous avez prises dans cette circonstance.
Elle m'a chargé de vous prévenir que les fonds pour les travaux de
l'artillerie, du génie, et pour les approvisionnements de siége ayant
été déterminés par les décrets de S. A. I. le prince vice-roi d'Italie,
on ne pouvait, en aucune manière les outre-passer, avant d'avoir pris de
nouveaux ordres.
«L'Empereur, qui porte un oeil attentif sur toutes les dépenses de ses
armées, a remarqué que celles de l'armée de Dalmatie étaient
considérables, et que cette armée coûtait plus qu'une autre qui aurait
le double de sa force.
«Sa Majesté veut que l'administration de l'armée que vous commandez,
général, soit plus régulière, et qu'en aucune manière il ne soit fait de
violation de caisse.
«En transmettant à Votre Excellence les ordres de l'Empereur, je la prie
de vouloir bien prendre toutes les mesures nécessaires pour qu'ils
reçoivent leur prompte et entière exécution.
«Je la prie aussi de m'accuser la réception de cette dépêche.»