Sainte-Marie de l'Epine (pl. 26, C 5), est un petit temple, heureusement
restauré de nos jours, qui, bien que de petite dimension, donne une idée
du Saint-Ambroìse de Milan. Tout y est mignon, mais d'un travail exquis.
D'élégantes aiguilles, des statuettes, de petits tabernacles, des
rosaces, et d'autres ouvrages en marbre très fins de sculpture
embellissent l'église de trois côtés, mais surtout du côté méridional.
Elle a été édifiée en 1323 par le Sénat et par les soins de la famille
Gualandi. C'est là que venaient prier les marins au moment de leur
départ. Elle fut construite à la place d'un oratoire dit de
_Sainte-Marie du Pont Neuf_. Ce pont fut emporté dans un débordement de
l'Arno. Elle est appelée _Sainte-Marie de l'Epine_ parce que, en 1333,
une insigne relique de la Couronne sacrée d'épines de Notre-Seigneur y
fut enfermée.
Les statues qu'on remarque dans l'intérieur, sur l'autel, sont de _Ninus
de Pise_, lequel, comme l'a observé le Vasari, exprima l'effigie de son
propre père dans une des statues représentant saint Pierre; mais les
deux statues qui sont de chaque côté de l'autel, sont attribuées au
_Moschino_. On voit encore une autre statue de _Ninus_ entre les deux
portes.
Cette église contient peu de tableaux et ceux-ci sont de _Jean-Antoine
Razzi_. L'ornementation extérieure est en grande partie l'oeuvre de
_Jean de Pise_ et de quelques-uns de ses élèves. (Sonner vis-à-vis, au
n° 22, pour le gardien auquel on donne un pourboire.) De là, on monte
par une douce pente au nouveau et élégant pont Solferino, commencé le 18
août 1871 et achevé le 10 avril 1875, sous la direction de l'architecte
_Micheli_. En suivant toujours Lungarno Gambacorti, après avoir passé
devant le monastère de _S. Benedetto_ (Benoît) (pl. 41, B6), qui a sa
façade ornée d'ouvrages en terre cuite exécutés de nos jours, on trouve
la place de Saint-Paul.