S. MATTEO

L'église de Saint-Mathieu (pl. 45, E 45), fondée en 1027, ainsi que le

monastère annexé, (aujourd'hui transformé en prison judiciaire), par

Donna Teuta, femme d'Hildebert Albito, attire la curiosité du voyageur

qui admire sa surprenante voûte peinte par les _Frères Melani de Pise_.

Pour mieux jouir de tous les sujets religieux et des ornements

d'architecture qui la décorent, il est nécessaire de s'arrêter au milieu

de l'église, sur une petite pierre bleuâtre, octangulaire. De là, on

aperçoit l'admirable artifice de ce travail, et la voûte se montre alors

beaucoup plus élevée qu'elle ne l'est en réalité.

Nous voici à l'extrémité du quai: vous avez à gauche la rue

Sainte-Marthe (pl. 27, F 4), où est l'église de ce nom édifiée en 1342,

dans laquelle on voit à droite de l'autel une peinture qui représente la

Nativité de Jésus-Christ, par _L. Pêcheux de Lyon_, et à gauche sainte

Marthe agenouillée devant le Seigneur, par _G.-B. Tempesti_. Il faut

observer à droite de la porte d'entrée un Crucifiement sur panneau de

l'ancienne école pisane.

Revenant vers Lungarno, vous avez encore à gauche la spacieuse place de

Saint-Silvestre, (pl. 46, G 5). Dans l'église (maintenant fermée), est

un remarquable bas-relief en terre cuite, ouvrage du célèbre _Della

Robbia_. Du couvent annexe, on a fait une maison de correction pour les

enfants.

Auprès du _pont de la Forteresse_ ou des _Piagge_, se trouvent la

Barrière et l'agréable promenade qui portent ce nom. Du pont, on jouit,

de chaque côté, d'un admirable coup d'oeil.

Lorsque vous avez traversé le pont, prenez le chemin que vous voyez sous

une sombre voûte du palais Scotto-Corsini, vous entrerez dans l'enceinte

de l'_antica fortezza_ (pl. 2, F 7), construite en 1475, par les

Florentins, quand ils se furent rendus maîtres de Pise. La petite église

qu'on rencontre à gauche est celle de _S.-Andrea in Chinseca_, où fut

baptisé Galilée, et où est ensevelie la mère de S. Ranieri.

Toujours à gauche, à peu de pas de là, vient la maison où, le 18 février

de l'an 1564, naquit de Vincent Galilei, florentin, officier de cette

forteresse, et de Julie Ammannati de Pescia, le célèbre Galilée, dont la

statue, comme il est déjà dit, se trouve dans la grande salle des hommes

illustres de l'Université. A l'occasion du troisième Centenaire de sa

naissance (18 février 1864), on a placé sur la porte de cette maison une

pierre en marbre où sont gravés ces mots: _Ici naquit Galileo Galilei,

le 18 février 1564_. On frappa aussi une médaille en commémoration de

cet événement.

Les murs et les remparts de l'ancienne forteresse réunis au susdit

palais Scotto-Corsini, forment une ravissante promenade, où l'on monte

au moyen d'un escalier qui est dans la cour. Cette promenade se compose

d'une longue galerie en arcades couverte d'un second passage en plein

air, interrompu par des tourelles et des plates-formes plantées d'arbres

et renfermant un beau jardin avec un charmant bosquet.

Dans ce vaste palais existe une suite de délicieuses salles, et l'on

remarque particulièrement la plus grande, où sont de belles fresques du

peintre Ademollo, représentant du côté droit: Enée quittant Didon, puis

le serment des Troyens; sur le mur, entre les fenêtres, le malheureux

Priam demande à Achille le corps de son fils; vient après le combat

entre Pâris et Ménélas, et, en dernier lieu, la vieille Hécube, mère de

Priam, qui va prier au Temple.

A chaque extrémité de cette salle se trouvent, dans deux grands meubles

en acajou entourés de cristal, de la riche vaisselle, des porcelaines de

Chine, une infinité d'objets de décoration pour tables à manger, en

argent plaqué et en bronze doré. Au-dessus de ces meubles, il y a une

collection de superbes vases en faïence et une infinité d'autres objets

précieux.

Deux salles plus loin, vous trouvez encore des fresques où sont peints

des traits d'histoire grecque, et près de la porte d'entrée un grand

tableau offrant le portrait en grandeur naturelle de la noble dame

Scotto, debout, habillée en velours noir, portant des bijoux de perles

et d'émeraudes. Avec elle, est sa fille, la princesse Corsini. Cette

dernière est représentée dans sa première jeunesse, vêtue de blanc avec

parure de turquoises et de diamants, assise devant un piano.

Au rez-de-chaussée du palais est une petite chapelle dédiée à saint

André Corsini, où l'on voit, en face la porte, un joli tableau qui

représente le saint. Cette chapelle contient une quantité d'objets

intéressants, entre autres un tableau où est peint un _Ecce Homo_

attribué à l'école de _Leonardo da Vinci_, et deux grands cierges donnés

par Pie IX. On peut y dire la messe et rien ne manque de ce qui est

nécessaire pour les cérémonies religieuses: chasubles, aubes ornées de

riches dentelles, etc. Tout le pavé du palais est en marbre à la

vénitienne.

Du donjon regardant la porte Florentine, un escalier conduit à un

souterrain qui, traversant sous l'Arno, va aboutir au fort de la

Verruca.

Lorsque vous avez franchi une arcade faisant face à la maison où naquit

Galilée, et qui était l'entrée occidentale de la forteresse, laissant à

gauche la porte Florentine, tournez à droite dans la rue S. Martino et

vous trouverez l'église de S. Martino (pl. 28, E 6.), construite par le

comte Boniface de la Gherardesca. Elle a appartenu successivement aux

Chanoines _Lateranensi_ et aux Clarisses. C'est là que l'on conserve le

corps de sainte Bone, pisane.

Après avoir parcouru une partie de la rue Saint-Martin, vous verrez à

gauche, dans le mur d'une maison, une statuette qui, dit-on, représente

_Chinseca de'Sismondi_, laquelle, en 1006, par un acte de courage

héroïque, sauva sa patrie d'une invasion de Barbares conduits par le

féroce Musetto, qui avaient tenté d'incendier la ville pendant la nuit.

A peu de pas, tournant à gauche vous rentrez dans la rue S. Giovannino,

où est l'église S. Giovanni. En face est celle de Saint-Bernard avec le

couvent annexé des _Cappuccine_ (pl. 42 E 6). Et revenant encore à Saint

Martin, vous trouverez bientôt à droite la place de Saint-Sépulcre.

Une journée à Pise : guide historique, artistique et commercial · 第 29 / 55 题