EN FENDANT DE LA MAIN L’HERBE DES PRAIRIES

En fendant de la main l’herbe des prairies et en respirant

son odeur particulière,

Je lui demande des concordances spirituelles,

Je demande le plus copieux et le plus étroit compagnonnage

entre les hommes,

Je demande que s’élèvent les brins d’herbe des mots,

des actes, des individus,

Ceux du plein air, rudes, ensoleillés, frais, nourrissants,

Ceux qui vont leur chemin, le torse droit, qui

s’avancent avec liberté et autorité, qui précèdent

au lieu de suivre,

Ceux qu’anime une audace indomptable, ceux dont

la chair est forte et pure, exempte de taches,

Ceux qui regardent nonchalamment en plein visage

les Présidents et les gouverneurs, comme pour

leur dire: _Qui êtes-vous?_

Ceux que remplit une passion sortie de la terre, les

simples, les sans-gêne, les insoumis,

Ceux de l’Amérique intérieure.

Poèmes de Walt Whitman · 第 28 / 73 题