TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE PREMIER

LE LENDEMAIN D'ERFURT

Intentions respectives de Napoléon et d'Alexandre au sortir

d'Erfurt.--Offres de paix à l'Angleterre.--Napoléon veut soumettre

l'Espagne par les armes et comprimer l'Autriche par la terreur.--Raisons

qui lui font détester l'idée d'une nouvelle guerre et de nouvelles

victoires en Allemagne.--Il craint notamment de réveiller la question

polonaise, qui peut le brouiller avec la Russie.--Quelle est a ses yeux

la grande utilité de l'alliance.--Instructions à Caulaincourt.--Projets

ultérieurs: la Méditerranée et l'Orient.--Tendance d'Alexandre à

s'isoler de l'Europe.--Son imagination se détourne de

l'Orient.--Influence dominante de Spéranski.--Passion

réformatrice.--Spéranski et l'alliance française.--Erreur persistante

sur les dispositions de l'Autriche.--Souvenir reconnaissant pour

Talleyrand; l'empereur Alexandre _lui donne une famille_.--Roumiantsof à

Paris.--Campagne de Napoléon au delà des Pyrénées.--Résultats

incomplets.--Retour à Valladolid.--Mouvements de l'Autriche.--Napoléon

s'opiniâtre à l'idée de contenir et d'immobiliser l'Autriche par la main

de la Russie.--Rapprochement historique.--Occupations d'Alexandre

pendant la campagne d'Espagne.--Situation brillante de

Caulaincourt.--Propos de salons.--Arrivée du roi et de la reine de

Prusse; importance attribuée à leur voyage.--Napoléon torture la Prusse;

protestation d'Alexandre.--Confiance de nos ennemis dans le pouvoir de

la reine Louise.--Le ménage impérial.--Souhait de nouvel an adressé par

Napoléon à Alexandre.--La reine Louise chez l'ambassadeur de France.--Le

Roi détruit l'intérêt qu'inspire la Reine.--Réapparition et triomphe de

la favorite.--La politique pendant le voyage.--Napoléon requiert le

concours diplomatique d'Alexandre contre l'Autriche.--Le Tsar persiste

dans un système de demi-mesures.--La note identique.--Lettre explicative

à Roumiantsof.--Le prince de Schwartzenberg à Pétersbourg.--Alexandre

encourage l'Autriche à la guerre en croyant l'en détourner.

CHAPITRE II

RUPTURE AVEC L'AUTRICHE.

Retour de Napoléon à Paris.--Son humeur.--Disgrâce de Talleyrand; effet

produit en Russie par cette mesure.--Relations clandestines de

Talleyrand avec l'empereur Alexandre.--Napoléon juge que la guerre avec

l'Autriche se rapproche.--La Russie marchera-t-elle?--Représentants de

cette puissance à Paris.--L'ambassadeur prince Kourakine; sa loyauté,

son insignifiance politique et ses ridicules.--Le comte Nicolas

Roumiantsof.--Conversations véhémentes de l'Empereur avec ce

ministre.--Légère détente.--Napoléon se reprend à l'espoir d'immobiliser

l'Autriche et requiert à nouveau le concours diplomatique de la

Russie.--_La grande démarche_.--Conséquences irréparables de la guerre

d'Espagne.--Rôle de Metternich.--Roumiantsof se dérobe et quitte la

place.--L'Autriche dévoile bruyamment ses dispositions

offensives.--Caractère national de la guerre.--Pressants appels de

Napoléon à la Russie.--Perplexités d'Alexandre.--Procédés

évasifs.--Propos de table et conversations d'affaires.--Événements de

Turquie et de Suède.--Irruption des Autrichiens en Bavière.--Duplicité

d'Alexandre; ses déclarations en sens contraire à Caulaincourt et à

Schwartzenberg.--Il s'arrête au parti de ne faire à l'Autriche qu'une

guerre illusoire et fictive.

CHAPITRE III

LA COOPÉRATION RUSSE.

Premiers et foudroyants succès de notre armée d'Allemagne: Napoléon à

Vienne.--Immobilité des Russes.--Composition de leur armée; le prince

Serge Galitsyne.--Causes de leur inaction; responsabilités

respectives.--Prétextes allégués.--Instances de Caulaincourt; ses moyens

de persuasion; parallèle entre la France conservatrice et l'Autriche

révolutionnaire.--L'ordre de marche indéfiniment retardé.--Effets

désastreux de cette mesure pour la Russie elle-même et pour

l'alliance.--L'archiduc Ferdinand à Varsovie.--Poniatowski se jette en

Galicie.--Insurrection de cette province.--Agitation dans les provinces

russes limitrophes.--Réveil de la question polonaise.--Émotion à

Pétersbourg.--Langage de Roumiantsof et d'Alexandre.--Réplique de

Caulaincourt.--Scène d'attendrissement.--Essling.--Paroles d'Alexandre

sur le maréchal Lannes.--Impression produite sur Napoléon par l'inertie

des Russes.--Lettre remarquable du 2 juin 1809.--L'alliance entre dans

une phase nouvelle.--Défaut réciproque de sincérité.--Napoléon réserve

le sort de la Galicie.--Il se dispose à une lutte décisive.--Entrée en

scène de l'armée russe.--Extrême lenteur de ses mouvements.--Le général

Souvarof laisse reprendre Sandomir sous ses yeux.--Indignation de

Napoléon.--Caractère des opérations russes en Galicie.--Jeu convenu

entre les deux quartiers généraux.--Querelles entre Polonais et

Russes.--Wagram.--Scènes de Cracovie.--État des esprits à Pétersbourg:

exaspération des salons.--Alexandre accentue son langage.--Première note

au sujet de la Pologne: la question officiellement posée.--Armistice de

Znaym.--Droits acquis par les Polonais et ménagements dus à la

Russie.--Problème qui se pose devant Napoléon au lendemain de Wagram.

CHAPITRE IV

LA PAIX DE VIENNE.

Ouverture des conférences d'Altenbourg.--La Russie se fera-t-elle

représenter au congrès?--Influence qu'elle exerce indirectement sur la

marche des négociations; elle est la cause des lenteurs apportées de

part et d'autre a se découvrir et à se prononcer.--Comment la question

de Galicie renferme en elle toutes les autres.--Napoléon ne peut

déterminer les conditions de la paix avant d'avoir pénétré les

sentiments d'Alexandre au sujet de la Galicie.--Projets divers.--Idée

d'un partage inégal entre le duché et la Russie.--Enquête confiée au duc

de Vicence.--Avant de se résoudre au principe d'un grand sacrifice,

l'Autriche tient à sonder la Russie et à savoir ce qu'elle peut en

attendre.--Metternich et Nugent.--Arrière-pensée de Metternich: ses

premiers efforts pour substituer l'Autriche à la Russie dans les faveurs

de Napoléon.--Arrivée de Tchernitchef à Vienne.--Lettre

d'Alexandre.--L'aide de camp du Tsar à la table de l'Empereur.--Langage

énigmatique.--Impatience de Napoléon.--La cour de Dotis; conflit

d'influences.--L'Autriche entame la question de Galicie.--Mission de

Bubna à Vienne.--Napoléon subordonne l'intégrité de la monarchie vaincue

à un changement de souverain; première idée d'une alliance avec la

maison d'Autriche.--Rêve et réalité.--Pression exercée sur M. de

Bubna.--L'équivalent des sacrifices de Presbourg.--Accident arrivé à

l'empereur Alexandre; sa convalescence.--L'ambassadeur de France à son

chevet.--Conversations de Péterhof.--Difficulté d'Alexandre à

s'expliquer.--Il ne s'oppose pas en principe à une légère extension du

duché.--Comment Napoléon profite et abuse de cette condescendance.--Son

_ultimatum_ aux Autrichiens.--Résistance de l'empereur François.--Colère

de Napoléon.--Conversation orageuse avec Bubna.--Coup de

théâtre.--L'arbitrage russe.--L'Autriche adhère en principe à

l'_ultimatum_ français.--Transfert des négociations à Vienne.--Napoléon

fait quelques concessions en Galicie; la Russie perd Lemberg.--Signature

précipitée de la paix.--Le _gros lot_ et la part de la

Russie.--Garanties offertes à cette puissance.--Lettre de Champagny à

Roumiantsof; caractère et importance de cette communication.--Faute

commise par Napoléon.--La paix de Vienne aggrave la question de Pologne,

la porte à un état aigu et marque le point de départ d'un débat décisif

pour le sort de l'alliance.

CHAPITRE V

LA DEMANDE EN MARIAGE.

Accueil fait par l'empereur Alexandre au traité de Vienne.--Extrême

mécontentement.--La lettre ministérielle du 20 octobre atténue cette

impression.--Alexandre réclame la signature d'un traité portant garantie

contre le rétablissement de la Pologne.--Digression historique de

Roumiantsof.--Le despotisme tempéré par les salons.--Caulaincourt

sollicite des instructions précises.--Désir soutenu et progressif chez

Napoléon de restaurer l'alliance et de lui rendre son lustre.--Motifs

dont il s'inspire.--Le divorce résolu.--Nécessité de ménager et de

préparer Joséphine.--Séjour de Fontainebleau.--Napoléon incline à

épouser la grande-duchesse Anne Pavlovna.--Raisons de cette

préférence.--Comment Napoléon sait préparer une demande en

mariage.--Attentions et galanteries.--L'ambition suprême du prince

Kourakine.--L'emprunt russe à Paris.--Nouvelles assurances.--La famille

impériale de Russie; la grande autorité en matière de mariage.--Retour

de Fontainebleau.--Première lettre secrète au duc de Vicence.--Réserves

concernant l'âge et les aptitudes physiques de la princesse.--Napoléon

consent au traité portant interdiction de rétablir la Pologne; connexité

des questions.--L'alliance tend à se resserrer.--Scène du 30 novembre

aux Tuileries.--Imminence du divorce.--Pressé par le temps, Napoléon se

décide à épouser la grande-duchesse de confiance et abandonne à

Caulaincourt tout pouvoir d'appréciation.--Variété des moyens qu'il met

en oeuvre pour ressaisir Alexandre.--L'anniversaire du couronnement et le

discours au Corps législatif.--Phrase à effet sur les

Principautés.--Commentaire dicté par l'Empereur.--Seconde lettre au duc

de Vicence.--Démarche irrévocable.--Le ministre de l'intérieur à la

tribune du Corps législatif; exposé de la situation de l'Empire; passage

concernant la Pologne.--Le bruit du mariage russe se répand.--Napoléon

l'attend à recevoir la visite d'Alexandre; il voudrait faire du mariage

et du voyage la manifestation extérieure et l'apothéose de

l'alliance.

CHAPITRE VI

AUTRICHE ET RUSSIE.

À défaut de la princesse russe, Napoléon tient à s'assurer

éventuellement d'autres partis.--Alliances possibles.--Le roi et la

reine de Saxe à Paris; causes réelles et résultat de ce

voyage.--L'Autriche.--Ouverture de Metternich à M. de Laborde.--Derniers

cercles tenus par l'impératrice Joséphine aux Tuileries; rencontre de

Floret et de Sémonville: dialogue interrompu et repris.--La soirée du 15

décembre 1809 et la journée du 16; prononcé officiel du

divorce.--Napoléon pendant la séance du Sénat.--Nouvelles plaintes

d'Alexandre, antérieures à l'arrivée de nos courriers.--Réponse

conciliante: mécontentement intime.--L'Empereur en retraite à Trianon;

premier mot à l'Autriche; instruction verbale et caractéristique au duc

de Bassano.--Comparaison entre les deux négociations; différence qui les

sépare.--Voyage de l'empereur Alexandre à Moscou: ajournement forcé de

nos demandes.--Schwartzenberg et Laborde.--Napoléon reçoit encore une

note russe au sujet de la Pologne.--Mouvement de colère.--Lettre du 31

décembre 1809 à l'empereur Alexandre.--Visite à la

Malmaison.--Intervention de Joséphine et d'Hortense.--Mme de

Metternich.--Conversation sous le masque.--Prestige de la maison

d'Autriche.--Evolution graduelle qui paraît s'opérer dans l'esprit de

l'Empereur.--Quelles que soient actuellement ses préférences intimes, il

reste ferme dans la position prise vis-à-vis de la Russie.--Il attend

impatiemment une réponse de Pétersbourg.--Lenteur des

communications.--Premier courrier du duc de Vicence.--Signature de la

convention contre la Pologne.--L'article premier.--Enquête sur la

grande-duchesse Anne.--Retour de l'empereur Alexandre.--Ses impressions

de voyage.--La négociation s'entame.--Attitude d'Alexandre: ses

révélations sur le caractère de sa mère et de ses soeurs.--Théorie de

Roumiantsof.--Demande formelle.--Première réponse de l'Impératrice

mère.--La grande-duchesse Catherine consultée: situation de cette

princesse.--Délais successifs.--Excès de précaution.--Satisfactions

accessoires.--L'empire d'Occident.--Caulaincourt augure favorablement de

l'issue finale.

CHAPITRE VII

LE MARIAGE AUTRICHIEN.

I. DERNIÈRE ATTENTE.--Impression produite sur l'Empereur par les

premières réponses de la Russie.--Un mot de lui; sa pensée

dominante.--Il soupçonne que la Russie prépare un refus et se met

lui-même en mesure d'opérer son évolution vers l'Autriche.--Premier

conseil tenu aux Tuileries.--Caractère imposant de cette réunion.--But

de l'Empereur en provoquant une délibération solennelle.--Comment il

pose la question.--Rapport de Champagny.--Doutes qui subsistent sur

l'opinion émise par divers membres du conseil: discordance dans les

témoignages des contemporains.--Passions d'ordre intérieur; la droite et

la gauche du conseil.--Les révolutionnaires et la Russie.--Harangue de

Murat.--L'alliance conservatrice.--Avis prophétique de

Cambacérès.--Eugène, Talleyrand, le cardinal Fesch, Fontanes.--Dans

quelle mesure l'Empereur se mêle à la discussion.--Il lève la séance et

laisse le débat sans conclusion.--La controverse se transporte et se

poursuit dans tous les milieux.--L'alliance russe devant l'opinion.--Les

Jacobins, le faubourg Saint-Germain, les _Constitutionnels_.--Situation

mondaine des deux ambassades.--Mémoire de Pellenc.--Renseignements sur

Marie-Louise.--L'alliance autrichienne et les gens d'affaires.--Napoléon

cherche à provoquer un mouvement d'opinion en faveur de l'archiduchesse,

mais réserve sa décision jusqu'à ce qu'il ait reçu des renseignements

plus probants sur les dispositions de la Russie.

II. LES JOURNÉES DES 6 ET 7 FÉVRIER 1810.--Nouveau courrier du duc de

Vicence.--État de la négociation au 20 janvier.--Pourparlers avec

l'Impératrice mère: objections intimes et étranges.--Alexandre affecte

de s'irriter contre sa mère.--Portrait qu'il trace de Napoléon.--Les

échos de Pétersbourg et de Gatchina.--L'Impératrice parait disposée à

consentir, sans s'y résoudre encore.--Prolongation des

délais.--Déchiffrement des deux dépêches dans la nuit du 5 au 6

février.--Au vu de ces pièces, Napoléon se sent confirmé dans son

jugement sur les intentions évasives de la Russie et décide de conclure

avec l'Autriche en vingt-quatre heures.--Journées des 6 et 7 février;

emploi des différentes heures.--L'après-midi du 6; Eugène emporte le

consentement de Schwartzenberg.--Joie exubérante de Napoléon.--Conseil

nocturne.--Délibération fictive.--La nouvelle se répand.--Napoléon après

le conseil.--Plan qu'il se trace pour l'avenir: son désir d'éviter une

rupture politique avec la Russie; sa manière de prendre congé.--La

matinée du 7.--Signature du contrat.--Le prince Kourakine à la porte du

ministre des relations extérieures.--Napoléon prend instantanément

toutes les mesures pour régler la remise, le voyage et le mariage de

l'archiduchesse.--Comment il annonce son choix à la Russie.--Langage

prescrit à Caulaincourt; mécontentement intime contre l'empereur

Alexandre.--Motif déterminant du mariage autrichien.

III. Le refus de la Russie.--Suite et fin de la négociation.--Jeu souple

et fuyant d'Alexandre.--Il promet une réponse définitive de sa

mère.--L'Impératrice exprime un refus sous forme d'ajournement à deux

ans.--Efforts de Caulaincourt pour que le Tsar fasse revenir

l'Impératrice sur sa détermination.--Scènes vives et

curieuses.--Alexandre coupe court aux instances de notre

ambassadeur.--Napoléon et Alexandre se trouvent s'être donné

respectivement congé à deux jours d'intervalle.--Parti

forcé.--Renseignements de police; lettre lue sur le bureau du prince

Kourakine.--Attitude respective du fils et de la mère.--Véritables

causes du refus de la Russie.

IV. Le rejet de la convention.--Alexandre eût-il consenti au mariage si

Napoléon avait ratifié la convention contre la Pologne?--Calcul probable

du Tsar.--Pourquoi Napoléon a réservé sa signature.--Sa révolte contre

l'article premier.--Le 6 février, il se décide définitivement à ne point

ratifier la convention telle qu'elle lui est soumise et à en envoyer une

autre toute ratifiée.--Comment il veut que le texte nouveau soit

formulé.--Les décorations polonaises.--Post-scriptum

significatif.--Assurances hyperboliques et torts réciproques.--Les

journées des 6 et 7 février 1810 dans leurs rapports avec

l'avenir.--Crise de l'alliance: le mariage et la convention eussent

rénové l'entente; l'échec simultané de l'un et l'autre projet détermine

une rupture morale entre les deux empereurs et prépare inévitablement

leur brouille.

CHAPITRE VIII

LA CÉLÉBRATION.

L'empereur Alexandre n'a pas cru à la possibilité du mariage

autrichien.--Sa première impression.--Son compliment à

l'Empereur.--Remarques aigres-douces.--Rôle de l'opinion publique dans

les événements qui vont suivre.--Impression produite à Paris par

l'annonce du mariage; engouement des hautes classes pour

l'Autriche.--Les colonies étrangères: Allemands et Polonais.--Tableau de

Vienne au lendemain de la nouvelle.--Le parti antirusse.--Ses efforts

pour déplacer l'Autriche vers l'Orient et l'y mettre en opposition avec

la Russie.--Déception et angoisses à Pétersbourg.--Impopularité de

l'Impératrice mère.--Arrivée du traité modifié.--Complet

désarroi.--Plaintes du chancelier Roumiantsof; son appréciation sur

l'alliance; appel à l'avenir.--Napoléon dans son rôle de

fiancé.--Déplaisir que lui causent les reproches et les insinuations de

la Russie.--Premier éclat de sa colère.--Il se radoucit et se

contient.--Arrivée de Berthier à Vienne; le mariage par procuration; la

France et l'Autriche en coquetterie réglée.--Napoléon s'excuse en Russie

des distinctions accordées aux représentants de l'autre cour.--Les deux

emprunts.--Voyage de Marie-Louise; caractère et portée des

manifestations qui se produisent sur son passage.--Le comte de

Metternich à Paris et à Compiègne.--La Russie en observation

jalouse.--Le jour solennel.--Le corps diplomatique au Louvre.--Heures

d'attente.--Toast du comte de Metternich.--Le roi de Rome et le roi des

Romains.--L'ambassade russe pendant la cérémonie.--Craintes pour

l'avenir.--Napoléon et Charles XII.--Enthousiasme et confiance

populaires: _la plus belle époque du règne_.--Efforts de Napoléon pour

donner à l'Europe quelques gages de modération.--Tentatives inutiles

auprès de l'Angleterre; continuité fatale de la lutte.--Le mariage ne

finit rien et prépare de nouveaux conflits.--Attitude de l'empereur

Alexandre à l'époque de la célébration: en cet instant où la fortune de

Napoléon touche à son apogée, le péril d'une guerre avec la Russie se

lève sur l'horizon.

CHAPITRE IX

LE SECRET DU TSAR

Le prince Adam Czartoryski dans le cabinet de l'empereur

Alexandre.--Début de leurs relations.--Pétersbourg en 1796.--Rencontre

dans les jardins de la Tauride.--Scène mémorable.--Les leçons de

Laharpe.--Générosité native et premières aspirations d'Alexandre.--Il

voudrait apaiser et consoler la Pologne.--Joie et confiance de

Czartoryski.--Alexandre aux prises avec la réalité.--Revirement

progressif et complet.--Sous le coup des terreurs inspirées par

Napoléon, le désir de restaurer la Pologne, en l'unissant à la Russie,

rentre dans l'esprit du Tsar.--Première idée d'une guerre offensive

contre la France.--Le parti russe à Varsovie.--Proposition transmise par

Galitsyne.--Conseils demandés à Czartoryski.--Défiance

réciproque.--Divergence de vues entre le Tsar et son chancelier.--Le

représentant de la tradition.--Le traité en suspens.--Envoi à Paris d'un

contre-projet russe. Napoléon mis en demeure de souscrire à une

capitulation diplomatique.--Angoisses croissantes d'Alexandre.--Le

regard d'Austerlitz.--Nouvel entretien avec Czartoryski.--Projet de

surprendre et d'enlever le grand-duché.--Combinaisons

diverses.--Politique secrète et personnelle d'Alexandre.--Tentative

auprès de l'Autriche.--M. d'Alopéus.--Mission simulée auprès de Murat;

mission réelle à Vienne.--Paroles tentatrices.--Le point de dissentiment

entre Pétersbourg et Vienne.--Alexandre persiste à réunir les

Principautés et offre à l'Autriche des compensations.--La Serbie.--Le

grand projet de 1808.--Indiscrétion calculée.--Mystérieux efforts

d'Alexandre pour détourner de Napoléon la Pologne et l'Autriche: il

entame des hostilités indirectes parallèlement à une reprise de

négociation.

CHAPITRE X

AUTOUR D'UNE PHRASE.

Arrivée du contre-projet russe à Paris.--Napoléon au lendemain de son

mariage.--Parfait contentement.--Douces paroles à

l'Autriche.--Établissement de Metternich à Paris.--Son plan.--Il dénonce

les agitations de la Russie.--Examen du contre-projet et nouvelle

révolte contre l'article premier.--Napoléon prend lui-même la parole et

dicte une série d'observations.--Chef-d'oeuvre de polémique.--Craintes

pour le duché; idée d'une confédération défensive entre la Suède, le

Danemark et l'État de Varsovie.--Les soirées de Compiègne.--Les

Bonapartes et les Pozzo.--Napoléon et les hommes d'ancien

régime.--Empressement de l'Autriche à offrir ses services.--Napoléon

cherche à se dégager vis-à-vis de la Russie et à ne plus signer de

traité.--Il ajourne sa réponse au contre-projet.--Ses artifices

dilatoires.--Comment il met à profit sa situation de nouveau

marié.--Voyage en Flandre.--Lettre à l'empereur Alexandre.--Tâche

ingrate de Kourakine.--Faveur croissante de Metternich; son rôle entre

l'Empereur et l'Impératrice.--Il envenime le différend avec la

Russie.--Il s'essaye sans succès à reprendre et à soulever la question

d'Orient.--Attitude d'Alexandre; tactique de Roumiantsof.--Effervescence

à Varsovie.--Napoléon mis en cause à propos du langage des

journaux.--Mécontentement progressif.--Explosion violente.--La dictée du

1er juin 1810.--Première menace de guerre.--Le bal de l'ambassade

d'Autriche.--Accident arrivé au prince Kourakine.--Napoléon s'arrête à

l'idée de ne plus continuer la controverse.--Il soulève une question

préalable.--Rupture de la négociation; responsabilités respectives.

CHAPITRE XI

MÉSINTELLIGENCE CROISSANTE.

Metternich saisit l'Empereur dans le moment de son irritation contre les

Russes pour lui signaler leurs progrès sur le Danube.--Espérances

données à l'Autriche.--État des esprits à Vienne: les deux

partis.--Avances significatives du ministère.--Intervention personnelle

de l'empereur François.--Metternich sollicite Napoléon de manquer aux

engagements d'Erfurt et de retirer le don des Principautés.--Refus de

l'Empereur; raisons de sa loyauté.--Il interdit à la Russie toute

conquête transdanubienne.--Nouveaux sujets de mécontentement contre

Roumiantsof; violente prise à partie de ce ministre.--Les Russes dans

les villes d'eaux d'Allemagne; politique féminine.--La colonie russe de

Vienne.--Situation de notre ambassade dans cette ville; résistances

aristocratiques et mondaines.--Le roi de Vienne.--Le salon de la

princesse Bagration.--Intrigues de M. d'Alopéus.--Réapparition de Pozzo

di Borgo.--Napoléon exige son expulsion et demande le rappel du comte

Razoumovski.--Nouveau méfait des Russes de Vienne.--Napoléon porte

plainte; il se substitue à son ministre et prend lui-même la plume;

notes corrigées et remaniées de sa main.--Le prince Kourakine en

villégiature.--Conversation de l'Empereur avec le frère de cet

ambassadeur; tonnantes paroles.--Conception fondamentale que se fait

l'Empereur de ses rapports avec la Russie.--L'alliance est la condition

de la paix.--Effet produit en Europe et en Russie par la résistance de

l'Espagne.--Napoléon cherche à ajourner le conflit dans le Nord et ne

renonce pas à l'éviter.--Caractère de ses relations personnelles avec

l'empereur Alexandre.--Redoublements d'efforts contre l'Angleterre;

blocus continental; préparatifs d'expéditions; vues persistantes de

Napoléon sur l'Égypte: son plan pour 1812 est une grande campagne

navale.--Précautions militaires dans le duché de Varsovie.--Suite de

l'action russe à Vienne.--Diplomatie occulte et diplomatie

officielle.--Désaveu apparent de Pozzo di Borgo; son envoi en mission

secrète à Constantinople.--Propagande en Pologne.--La Russie commence

mystérieusement ses préparatifs militaires; travaux sur la Dwina et le

Dniéper; formation de plusieurs armées.--Projets défensifs et

offensifs.--Alexandre prend le premier ses dispositions en vue d'une

rupture; les fautes et les excès de Napoléon vont la précipiter.

CHAPITRE XII

L'ÉLECTION DE BERNADOTTE.

Le blocus continental dans le nord de l'Europe.--Son objet essentiel; la

guerre aux denrées coloniales.--Origine de cette idée: le Comité de

salut public; Napoléon subit à la fois l'entraînement de ses passions et

la fatalité des impulsions antérieures.--Erreur et vice fondamental du

système.--Le blocus engendre l'extension indéfinie de l'Empire.--Réunion

de la Hollande.--Silence désapprobateur d'Alexandre.--Efforts de

Napoléon pour fermer au commerce ennemi l'entrée des fleuves

allemands.--Le sort des villes hanséatiques en suspens.--Droit de

cinquante pour cent sur les denrées coloniales; l'Europe enlacée dans un

réseau de prohibitions; une Inquisition nouvelle.--Contrarié dans la mer

du Nord, le commerce anglais se réfugie dans la Baltique.--Infractions

commises en Poméranie aux lois du blocus.--La Suède se fait l'entrepôt

des marchandises anglaises.--Tentatives de Napoléon pour peser sur ce

royaume.--Danger de faire pénétrer l'action française dans le voisinage

immédiat de la Russie.--La Suède incline politiquement vers la France,

le lien de l'intérêt matériel l'enchaîne à l'Angleterre.--Mort du prince

royal.--Convocation d'une diète appelée à élire son successeur.--Le roi

Charles XIII songe à faire nommer le frère du feu prince et soumet cette

candidature à l'agrément de l'Empereur.--Velléité de Napoléon en faveur

du roi de Danemark.--Idée de réunir les couronnes Scandinaves.--Le

_Journal de l'Empire_.--Napoléon se rallie au choix proposé par la cour

de Suède.--Sagesse de cette décision.--Le baron Alquier reçoit l'ordre

de partir pour Stockholm et d'y appuyer le prince

d'Augustenbourg.--Arrivée du lieutenant Moerner à Paris.--Un groupe de

Suédois s'adresse spontanément à Bernadotte, qui demande à l'Empereur

l'autorisation de poser sa candidature.--Napoléon combattu entre des

intérêts et des passions contradictoires.--Il refuse d'appuyer

Bernadotte par ménagement pour la Russie, mais lui permet de se

présenter.--Faux calculs.--Le départ de M. Alquier contremandé;

abstention systématique.--Vains efforts du baron de Lagelbielke pour

obtenir une parole de l'Empereur.--La Suède se tourne désespérément vers

Napoléon et lui demande «un de ses rois».--Déclarations antirusses du

chargé d'affaires Desaugiers: désaveu et rappel de cet agent.--La diète

d'OErebrö; intrigues électorales.--Arrivée de Fournier.--Le courrier

_magicien_.--Manoeuvre finale qui décide le succès de

Bernadotte.--Résistances du vieux roi: sa capitulation.--Bernadotte

élu.--Responsabilité de l'Empereur dans cet événement doublement funeste

à la France.--Explications données à la Russie.--Soulèvement de

l'opinion à Pétersbourg; impassibilité apparente d'Alexandre: son

arrière-pensée.--L'un et l'autre empereur envisagent de plus près

l'hypothèse d'une rupture.--Ils songent simultanément à restaurer la

Pologne afin de s'en faire un moyen de combat.--Travail préparatoire

confié par Alexandre au comte Potocki.--Paroles de Napoléon à

Metternich: il sonde l'Autriche sur l'idée d'un échange entre la Galicie

et les provinces illyriennes.--Le prince et le comte de Metternich; la

politique du fils en opposition avec celle du père.--Suite, progrès et

échec final de la négociation entamée par le comte

Schouvalof.--Rétablissement de Metternich à Vienne.--Étroite relation

entre les tentatives des deux empereurs auprès de l'Autriche et leurs

desseins éventuels sur la Pologne.

CHAPITRE XIII

LE CONFLIT.

Jusqu'à la fin de 1810, les relations conservent une apparente

sérénité.--Prévenances réciproques et faux sourires.--Le dissentiment au

sujet du blocus va manifester l'antagonisme des volontés et des

principes.--Résultats du système continental.--Détresse et péril de

l'Angleterre.--Symptômes d'une crise financière à Londres.--La paix

possible.--Efforts désespérés du commerce britannique pour se ménager

des accès en Europe; il cherche en Russie un débouché et des facilités

de transit.--Napoléon sollicite Alexandre de fermer les ports de

l'empire à tous les bâtiments porteurs de denrées coloniales.--Formation

sur la Baltique d'une flotte marchande de six cents bâtiments à

destination de la Russie.--Instances plus pressantes de Napoléon.--Il

rentre en explication sur l'ensemble des rapports.--L'aide de camp

Tchernitchef à Paris: ses succès mondains, ses occupations

clandestines.--Le bal de Fontainebleau.--Longues conversations avec

Tchernitchef; franchise audacieuse de l'Empereur.--_L'amie

géographique_.--Lettre à l'empereur Alexandre.--La pensée de

Tilsit.--Alexandre refuse d'adopter les nouveaux tarifs et de proscrire

indistinctement tous les neutres.--Raisons de sa résistance.--Il est mis

en demeure de coopérer à la fermeture de la Suède..--Son embarras;

espoir secret qu'il fonde sur Bernadotte.--Envoi de Tchernitchef à

Stockholm; but apparent et objet réel de sa mission.--Profonde

duplicité.--Intimité croissante entre l'émissaire russe et le prince

royal de Suède: entrevue officielle, audiences particulières, déjeuner

en tête-à-tête.--Bernadotte dans son cabinet et devant le front des

troupes.--Gradation dans discours; sa parole d'honneur et sa parole

_sacrée_.--Amertume profonde contre Napoléon.--Tchernitchef rassure son

maître sur les dispositions de la Suède.--La Russie approvisionne

l'Allemagne de denrées coloniales.--Colère concentrée de

Napoléon.--Fautes suprêmes.--Incorporation à l'empire des villes

hanséatiques.--But de cette réunion.--L'annexion du littoral allemand

fait naître la question de l'Oldenbourg.--Situation géographique de cet

État; étroite parenté entre le prince régnant et l'empereur

Alexandre.--Napoléon propose au duc un échange; sur son refus, il

décrète l'occupation de ses États.--Violation du traité de

Tilsit.--Avant de connaître la réunion des villes hanséatiques et de

l'Oldenbourg, Alexandre se met lui-même et le premier en contradiction

ouverte avec les principes de l'alliance.--La baisse du change en Russie

et la balance du commerce.--L'ukase du 31 décembre 1810.--Rupture

économique avec la France.--Napoléon et Alexandre arrivent simultanément

au terme de leur évolution divergente.--Achèvement des préparatifs

militaires de la Russie; Alexandre dispose de deux cent quarante mille

hommes contre les trois divisions de Davoust.--Il se laisse gagner

subitement à l'idée de commencer la guerre et de prendre

l'offensive.--Son projet d'envahir le duché, de reconstituer la Pologne

et de soulever l'Europe.--Confidences décisives à Czartoryski.--Le sort

de l'Europe entre les mains des cinquante mille soldats du

duché.--Attitude de l'Angleterre; résistance passive; la tactique de

Waterloo.--Les préparatifs menaçants de la Russie obligent Napoléon à se

détourner de l'Espagne et à se reporter précipitamment vers le

Nord.--Reflux de la puissance française sur l'Allemagne.--Motifs qui

empêcheront Alexandre de donner suite à ses plans d'offensive et

permettront une reprise de négociation.--La France et la Russie au

commencement de 1811; malentendu persistant au sujet de la Pologne;

griefs particuliers et griefs généraux; identité d'intérêts affirmée en

principe.--L'alliance ou la guerre.

Napoléon et Alexandre Ier (2/3) L'alliance russe sous le premier Empire · 第 71 / 72 题