[Illustration: Le thème général des manoeuvres allemandes.]
[Illustration: Carte montrant les lignes de la Compagnie française des
Câbles télégraphiques sur la côte vénézuélienne.]
[Illustration: Ensemble des lignes de la Cie française des Câbles
télégraphiques.]
Un singulier chef d'État de l'Amérique du Sud, le président Castro,
dictateur de la république vénézuélienne, vient de se signaler par une
nouvelle fantaisie qui, cette fois, touche directement la France.
Sous prétexte que la Compagnie française des Câbles ne remplissait pas
complètement les obligations de son cahier des charges et n'avait pas
assuré de façon parfaite les services télégraphiques avec l'Amérique du
Nord, il a fait prononcer la déchéance par les tribunaux à sa dévotion
et ordonné la fermeture immédiate de tous les bureaux de la côte, à
l'exception de celui de la Guaira, dont il avait besoin pour ses
communications avec l'Europe. Ce n'est pas tout: aux réclamations
courtoises de M. Désiré Brun, représentant de la Compagnie, il a répondu
brutalement par un arrêté d'expulsion.
Ces actes arbitraires, ces abus de pouvoir, constituent à tous égards
des illégalités flagrantes; la légitimité de l'annulation du contrat
fût-elle admise, qu'elle n'impliquerait nullement une spoliation, et la
mesure coercitive prise contre M. Brun, en violation des conventions
internationales, ne se justifie pas davantage. Notre gouvernement a donc
chargé M. Taigny, remplissant les fonctions de ministre de France à
Caracas pendant l'absence de M. Wiener, de remettre au président Castro
une protestation et d'exiger de lui les satisfactions que l'affaire
comporte.
[Illustration: M. Taigny, chargé d'affaires de France à Caracas.]
[Illustration: Le président Cipriano Castro.]