Je voudrais une rose à mettre sur mon coeur.
Kléber s'efforce de gagner l'ombre de la grande pyramide; mais la trombe
de paille hachée atteint le cheval, l'emporte et laisse à pied le mort
et les vivants.
Kléber, au désespoir, appelle son armée. Il énumère ses exploits, ce qui
est toujours agréable pour un militaire, et ne s'arrête qu'à un bruit de
chevaux: il en conclut que ce sont ses braves dromadaires qui l'ont
entendu, et il fait un mouvement de joie; mais il reconnaît presque
aussitôt le soudan et sa cavalerie. On le somme de se rendre; il refuse
et va périr avec sa femme, lorsque le Nil, qui est arrivé à son
quantième du mois, déborde à propos et noie les gardes du tyran!
Kléber saisit Astarbé évanouie, monte avec elle au haut de la grande
pyramide, et, près de disparaître dans les caveaux funèbres, s'écrie:
Enfin je l'ai sauvée.
ASTARBÉ, _reprenant ses sens_.
Ah! mon père! mon père!
S'il est perdu, je veux mourir!
KLÉBER, _avec un cri de joie_.
O sort prospère!
Voyez, Moïse, là, nous l'apporte en nageant.
ASTARBÉ, _tombant à genoux avec une exaltation pieuse_.
Ah! je veux croire au Dieu qui fit le caïman!
Tableau final composé de la pyramide, de Kléber, d'Astarbé et du
crocodile. Musique douce, imitant une inondation; la toile se baisse.