ASTARBÉ.

Je voudrais une rose à mettre sur mon coeur.

Kléber s'efforce de gagner l'ombre de la grande pyramide; mais la trombe

de paille hachée atteint le cheval, l'emporte et laisse à pied le mort

et les vivants.

Kléber, au désespoir, appelle son armée. Il énumère ses exploits, ce qui

est toujours agréable pour un militaire, et ne s'arrête qu'à un bruit de

chevaux: il en conclut que ce sont ses braves dromadaires qui l'ont

entendu, et il fait un mouvement de joie; mais il reconnaît presque

aussitôt le soudan et sa cavalerie. On le somme de se rendre; il refuse

et va périr avec sa femme, lorsque le Nil, qui est arrivé à son

quantième du mois, déborde à propos et noie les gardes du tyran!

Kléber saisit Astarbé évanouie, monte avec elle au haut de la grande

pyramide, et, près de disparaître dans les caveaux funèbres, s'écrie:

Enfin je l'ai sauvée.

ASTARBÉ, _reprenant ses sens_.

Ah! mon père! mon père!

S'il est perdu, je veux mourir!

KLÉBER, _avec un cri de joie_.

O sort prospère!

Voyez, Moïse, là, nous l'apporte en nageant.

ASTARBÉ, _tombant à genoux avec une exaltation pieuse_.

Ah! je veux croire au Dieu qui fit le caïman!

Tableau final composé de la pyramide, de Kléber, d'Astarbé et du

crocodile. Musique douce, imitant une inondation; la toile se baisse.

Le monde tel qu'il sera · 第 67 / 91 题