IX

CE QUE JACQUETTE N'APPREND PAS DE SA GOUVERNANTE. MAIS L'ESSENTIEL EST

QUE MADEMOISELLE DE QUINSONAS A TOUT CE QU'IL FAUT POUR INSPIRER À LA

FAMILLE UNE TRANQUILLITÉ PARFAITE.

Jacquette ne fit ni une ni deux quand elle put attraper sa gouvernante;

elle lui posa des questions sur quelques points dont l'incertitude lui

pesait:

«Comment se fait-il que les grandes personnes disent des horreurs que

les enfants ne doivent pas entendre?»

«Pourquoi faut-il un monsieur et une dame pour faire des cochonneries?»

«Qu'est-ce qui fait rire quand on parle de M. l'abbé Pucelle?»

«Pourquoi avez-vous giflé papa?»

Mlle de Quinsonas reçut ces interrogations sans sourciller et dit que

les enfants devaient se contenter de ce qu'on leur apprend aux heures de

leçon, se garder de chercher au delà, et surtout de mettre l'oeil aux

fenêtres et au trou des serrures, parce qu'on risque de s'y voir par

avance en enfer, grillée comme une côtelette.

Jacquette se montra un peu désappointée, car elle avait pensé qu'on lui

donnait une gouvernante pour s'éclairer sur ce qui se passait

communément autour d'elle. Elle se demanda si Marie Coquelière n'eût pas

suffi encore longtemps aux soins de sa petite personne; au moins la

nourrice savait des histoires de fées et se soumettait à ses trente-six

mille volontés.

C'était bien mal estimer la valeur de Mlle de Quinsonas, qui lui apprit

à lire, à compter autrement que sur ses doigts, à connaître à fond la

vie des grands hommes de Plutarque, et lui enseigna la religion d'une

manière un peu plus difficile à comprendre que l'on n'avait fait

jusque-là. Songez que Mlle de Chamarante savait tout juste ses prières

du matin et du soir. En plus de cela, sa gouvernante lui fit apprendre

par coeur un petit traité de morale composé par Mgr de Trélazé, évêque

d'Angers, son propre oncle, lequel contenait un appendice indiquant mot

à mot tout ce qu'il faut savoir, croire et pratiquer pour être sauvé.

Elle jugeait tout commentaire superflu, périlleux pour l'élève et pour

le maître plus encore.

L'étude des textes achevée, Mlle de Quinsonas devenait une longue

personne à déhanchement de fausse maigre, qui se tenait sans cesse aux

côtés de Jacquette et la menait promener en lui parlant du beau temps,

de la pluie et, à la rigueur, des beaux exemples que l'antiquité nous

fournit.

On ne pouvait dire ni qu'elle fût jolie, ni qu'elle fût laide, ni

qu'elle fût sotte, ni qu'elle fût intelligente. Instruite par

l'adversité à apprécier l'aubaine d'une place avantageuse, elle

cultivait elle-même une prudente neutralité et vivait dans la crainte

d'offenser quelqu'un. Elle ne mangeait pas à sa faim, ne buvait pas à sa

soif, car toute sa personne indiquait qu'elle était gourmande et portée

vers la satisfaction de nombreuses sensualités. Ses traits, quoique peu

harmonieux, n'étaient point vulgaires; elle avait l'oeil vif, ces lèvres

rouges et charnues que Malitourne avait remarquées à la porte de la

lingerie et dont les dents les plus irrégulières n'arrivaient point à

rompre la séduction puissante; par exemple, un menton parfait; le tout

soutenu par une taille heureusement assez longue pour porter allègrement

des seins pesants qui eussent excédé un buste ordinaire.

Ces dames, qui la jugeaient beaucoup trop haut montée sur jambes,

apprécièrent la discrétion de sa tenue, et, malgré les hommages que les

hommes lui rendaient, se rallièrent à elle, tant elle semblait les

recevoir avec candeur et bonhomie. Elle n'avait jamais l'air d'entendre

un compliment, laissait tomber une oeillade dans son corsage comme en un

puits perdu, et arrêtait au bon moment un geste indiscret, mais en ayant

l'air d'attraper des mouches.

Un tact si parfait lui conquit la confiance absolue de la marquise,

voire celle de Mme de Matefelon, qui peu à peu se reposèrent entièrement

sur elle du soin de Jacquette; et l'on fut tellement tranquille à ce

point de vue-là, qu'on ne se gêna pas plus qu'avant le fameux esclandre

qui avait motivé l'intervention d'une nièce d'évêque: la petite allait

et venait dans le château, dans les corridors, les jardins, à l'office

ou à table, et il semblait à tous que les influences les plus fâcheuses

dussent être paralysées par la seule présence de la gouvernante.

De toutes les personnes de la maison, Jacquette était celle qui

l'appréciait le moins. Elle apprenait à mentir et à dissimuler pour le

plaisir de fâcher durant un bon quart d'heure la figure toujours trop

pareille de Mlle de Quinsonas. Par exemple, elle descendait avec sa

gouvernante l'allée des fontaines, et, arrivée à l'escalier qui mène aux

jardins bas, elle virait brusquement et remontait, les jambes à son cou,

sous le prétexte qu'elle avait oublié son mouchoir, la passementerie à

parfilage ou le manuel de Mgr de Trélazé. Elle avait tôt fait de mettre

une bonne distance entre elle et Mlle de Quinsonas, de qui elle

escomptait le train de derrière alourdi, et, quand elle savait ne plus

figurer aux yeux de celle-ci qu'une quille bleuâtre au bout de la longue

allée, elle lui adressait un pied de nez ou lui tirait la langue. A qui

la rencontrait essoufflée, elle feignait l'émotion et disait que sa

gouvernante avait ses vapeurs, «là-bas, au pied du grand vase où il y a

des hommes poilus qui ont une petite queue pointue de chaque côté»; et

elle lui faisait porter des élixirs par quelqu'un de ces messieurs, qui,

en la courtisant, la mettaient au supplice, car elle craignait sans

cesse d'être compromise.

X

ON RACONTE L'AVENTURE UN PEU CAVALIÈRE DE LA CHAISE PERCÉE DE NINON QUI,

PAR UN TOUR SINGULIER, CONTRIBUE À NOUS FAIRE SAVOURER LE PARFUM D'UN

PUR AMOUR.

Si vous vous souvenez du propos que Jacquette avait tenu à table et qui

nous a valu l'installation de Mlle de Quinsonas, vous devez penser qu'il

n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd et que ce vaurien de

Châteaubedeau avait dû pour le moins en tirer fortement vanité. L'idée

était venue à quelqu'un de le donner pour amant à Ninon! Et par le

hasard de la présence d'un petit perroquet, cette idée était maintenant

si répandue qu'elle semblait avoir fait le tour du monde. Le chevalier

Dieutegard qui adorait Ninon en secret, et la femme de chambre, Thérèse,

qui aimait caresser Châteaubedeau la nuit, lui manifestaient de la

jalousie, chacun à leur manière. Quant à lui, il n'avait pas hésité à

glisser dans l'oreille de l'une et de l'autre «qu'il n'y a pas de fumée

sans feu». Dieutegard, enclin aux interprétations chagrines croyait au

feu, mais non Thérèse.

Cette fille servait la marquise de trop près pour ignorer qu'elle

n'avait pas d'amant. Car enfin, et je ne sais si vous le remarquez,

Ninon, qui tout d'abord paraissait si légère, est la personne de la

maison qui se conduit le mieux.

Thérèse se prêta donc à l'accomplissement d'une fantaisie que ce petit

drôle de Châteaubedeau eut le toupet de lui proposer et qui consistait à

l'introduire subrepticement dans la chambre de Mme de Chamarante.

Elle le laissa monter derrière elle, un matin, sans trahir un geste de

dépit ou de jalousie; Châteaubedeau même en était vexé, et il la pinçait

dans les parties protubérantes, ce qui faisait souffler la malheureuse

sur le chocolat de la marquise, la bouche en cul de poule, pour ne pas

crier.

On entrait chez Ninon par le cabinet de toilette, qu'une toile de Jouy à

vignettes rouges séparait de la garde-robe. Thérèse dit à Châteaubedeau

de se faufiler derrière la toile et de s'y tenir coi jusqu'à ce que la

marquise vînt à sa toilette et qu'elle-même quittât la chambre sous un

prétexte qu'elle saurait dénicher, la finaude.

Avant de se cacher, il huma les petits pots épars sur le marbre, toucha

les peignes, enfonça le nez dans la poudre et se rougit les lèvres. Il

était plus ému qu'il n'eût voulu le dire et éprouvait le besoin de faire

beaucoup de choses, successivement ou confusément, plutôt que de rester

tranquille. De ce qu'il ferait quand il se trouverait nez à nez avec la

marquise, il ne savait rien exactement. Il était prêt à tout, mais

ignorait à quoi. Il ne débutait pas dans les entreprises; aucune de ses

prouesses passées, toutefois, ne se laissait mesurer avec celle-là. Il

imaginait un grand roulement de tonnerre: la foudre tombe; elle vous

dérobe votre montre au gousset, vous met le feu à la perruque, ou vous

coupe en deux comme un tronc d'arbre, au petit bonheur! Il se voyait

surtout racontant l'exploit à Dieutegard, de ce ton calme, ou refroidi,

duquel on narre un épisode sur quoi l'on a dormi des semaines.

Il s'approcha de la porte, faisant de ses pieds un velours; il cligna de

l'oeil au trou de la serrure, qu'une clé posée tout de guingois rendait

impropre à laisser distinguer quoi que ce fût; il écouta et entendit

Ninon qui ânonnait, la bouche pleine, quelque chose comme: «ê... ô...

ê... ô... bulu... bulu... bulu...»; puis, la cuillerée de chocolat

passée, la marquise articula: «Bougresse! que c'est chaud!...» Thérèse

murmurait des excuses; Ninon s'emportait et évacuait de ces mots

particuliers à l'humeur du réveil et qui s'allient si peu avec la pureté

universelle du matin. Quand Ninon eut mangé, elle poussa un petit «han!»

de satisfaction, et tout s'adoucit. Une odeur d'ambre venait avec un air

frais par la serrure.

Soudain la porte s'ouvre contre Châteaubedeau qui, surpris, tombe à la

renverse.

«--Qu'est-ce qu'il y a?» demande de son lit la marquise.

«--Rien, Madame», dit Thérèse, qui a peine à retenir un éclat de rire;

«c'est le couvercle de la chaise de Madame la marquise que Madame la

marquise avait sans doute laissé ouvert.»

«--Ce n'est pas possible!» dit Ninon qui saute à bas de son lit et

accourt, tandis que Thérèse pousse le garnement derrière la toile, comme

un paquet de linge.

Quand Ninon arriva, elle ne vit rien et demeura là, un moment, debout.

Elle avait l'oeil brouillé encore, et elle se grattait à travers la

chemise qui montait et descendait du genou à mi-cuisse, selon les

mouvements de la main.

Châteaubedeau reprit ses sens au milieu de robes, de jupes, de caleçons

soyeux et parfumés. Son premier soin fut de voir Ninon, qu'il entendait

marcher, là, tout près, et pieds nus. Il y parvint par une crevasse qui

trouait le visage d'une bergère assise élégamment sur une gerbe de blé

écarlate.

Ninon, coiffée d'un petit bonnet de nuit, allait et venait sur le

parquet frais qui flattait la plante de son pied grassouillet, car elle

semblait faire fi des mules tenues à la main par Thérèse.

Elle marchait ainsi jusqu'à la fenêtre située au fond du cabinet, et

revenait face à Châteaubedeau en se caressant le corps avec sollicitude,

notamment dans la région abdominale, comme on fait d'un fruit pour en

éprouver la maturité. Elle fronçait le sourcil, frappait parfois le sol;

son angoisse était répétée sur le visage de la fidèle Thérèse. Tout à

coup, elle troussa haut sa chemise, s'assit sur la chaise, et son regard

s'éclaircit, tandis que la femme de chambre, rassérénée, posait les

mules sous les talons de sa maîtresse.

On entendit un bruit pareil à celui qu'un enfant produit en soufflant,

les lèvres serrées, dans une bouteille vide, sans en boucher

hermétiquement le goulot. Thérèse hocha la tête et dit avec compétence:

«--Autant de perdu.»

La marquise, d'un mouvement de dépit, envoya promener les deux mules, et

ses talons nus martelaient le sol en faisant vibrer la chair des mollets

et des cuisses.

«--Madame la marquise reconnaîtra, dit Thérèse, que j'avais prévenu

Madame la marquise que c'était le jour de sa rhubarbe.»

Ninon, les coudes aux genoux, les deux poings appuyés contre les joues,

rougissait et dardait un oeil cruel. Thérèse lui conseilla de se cogner

sur les genoux, en se fondant sur l'exemple de M. Goubin, l'apothicaire,

qui n'obtenait de sa femme aucune selle hormis par cette méthode toute

mécanique. Et Ninon abaissa les poings, fort gravement, sur ses genoux

arrondis et lisses comme de belles pommes de Calville. Pour l'exciter,

la femme de chambre battait la mesure en frappant l'une contre l'autre,

par la semelle, les petites mules vagabondes qu'elle venait de quérir au

bout de la pièce.

Enfin la méthode Goubin fut couronnée de succès, et Thérèse, se penchant

avec intérêt sur la chaise, dit que, sauf le respect qu'elle devait à

Madame la marquise, elle eût juré que Madame la marquise avait rendu des

noix grollières.

Ceci fait, elle poussa prestement le meuble béant, jusque sous la

tenture de Jouy, selon un dessein assurément prémédité et dont

Châteaubedeau sentit toute la malice à son endroit. D'accroupi qu'il

était, il se releva d'un bond et pinça si fort le bras de la pauvre

fille qu'elle cria.

Ninon, qui se trouvait à califourchon sur un bassin de faïence

rouennaise, et regardait devant soi avec des yeux de carpe flottante,

fut réveillée en sursaut et surprit la jambe du page au moment où il se

mettait debout. Elle démêla la farce et, comme elle n'était point femme

à se troubler pour la présence d'un homme dans sa chambre, elle dit

seulement «Sortez, Monsieur!» d'un ton qui défit totalement

Châteaubedeau. Il montra son nez enfariné, ses lèvres rougies, et il

n'osait seulement pas lever les yeux sur la marquise, tant il était

penaud. Elle profita de son trouble et lui jeta avec adresse, en pleine

figure, son éponge souillée d'une eau saumâtre.

Ce n'est pas pour le médiocre plaisir de taquiner un lecteur pudibond,

que je vous ai raconté cette scène, mais bien pour que vous croyiez

davantage à mon histoire, car vous savez de reste, comme dit Montaigne,

que «nous avons beau nous monter sur des échasses, encore faut-il

marcher de nos jambes, et, au plus élevé trône du monde, ne sommes-nous

assis que sur notre derrière». Les marquises, même dans les contes, sont

sujettes à cet inconvénient. J'aurais assez, pour ma part, le goût des

nobles récits; j'avoue n'être tout à fait heureux que lorsque le ton se

hausse et qu'une belle gravité se répand sur ma page; mais je ne puis

m'offrir cela qu'au prix de maintes humiliations, car je ne sens bien

vivre un homme qu'après que j'ai touché quelqu'une de ses petitesses.

Le véritable amour, dites-moi, n'est-ce pas celui qui transpose les cent

misères du corps et de l'âme, qu'il voit de près, plutôt que celui qui

s'exalte de loin à l'idée de princesses séraphiques? Le parler de tous

les jours m'émeut plus que la langue des dieux, et, s'il est vrai que la

poésie, comme tout art, doit s'élever vers le ciel sous peine d'être

reniée des hommes à bref délai, encore faut-il qu'elle touche le sol

d'un talon ferme.

Et vous allez voir tout de suite comme la chaise percée de Ninon va nous

éclairer sur les sentiments de deux jeunes gens rivaux, plus et mieux

que n'eussent fait de longues dissertations amoureuses.

Voilà donc notre Châteaubedeau qui descend en s'essuyant, crachant,

grommelant, tamponnant son jabot; démoli, honteux, pis qu'abîmé par la

marquise, raillé par une femme de chambre!

Il ne tarda pas à rencontrer le chevalier Dieutegard, qui rôdait

toujours sous les appartements de Ninon. A la vue de Châteaubedeau,

Dieutegard fut tenté de fuir et également tenté de s'approcher, de lui

parler et de l'entendre prononcer le nom de celle qu'il aimait. Certes,

il était dévoré de jalousie, mais le sentiment de sa grande timidité

l'entraînait, non sans une miette d'admiration, vers celui qui osait

toucher l'objet de son culte. Car il ne doutait pas qu'avec cette mine

défaite, Châteaubedeau ne sortît du lit de la marquise. Il lui souhaita

donc le bonjour, mais n'osa rien lui demander.

L'autre, tout en rajustant son habit, prenait cet air fat et lassé des

jeunes blancs-becs qui viennent de livrer un assaut galant. Il souffla,

en gonflant de grosses joues.

«--Il fait bon, dit-il, respirer le grand air.»

Dieutegard ne dit rien. Alors Châteaubedeau ajouta:

«--Peste soit des alcôves!»

Dieutegard ne bronchait pas.

«--... Avec leurs poudres et leurs parfums...»

«--Qui a des poudres et des parfums?» dit enfin le chevalier.

Châteaubedeau de ne point répondre. Il mit les deux pouces aux aisselles

et cracha loin.

«--Veux-tu des femmes? dit-il; j'en ai soupé!»

Dieutegard pensait à Ninon; il rougit que l'autre la mêlât au nombre des

femmes. Mais Châteaubedeau était ouvert; il parla tout net de Ninon et

raconta que cette femme insatiable ne pouvait se résoudre à se séparer

de lui le matin et l'obligeait à assister à sa toilette intime. Il dit

avec une grande précision tout ce dont il avait été témoin

effectivement, et il prenait chaque chose si bien par le menu que

Dieutegard ne doutait pas qu'il dît la vérité.

Mais, par le merveilleux privilège de l'amour, le chevalier ne retenait

rien des réalités décevantes dont un balourd affligeait une personne

chérie, et l'injure faite à son idole l'élevait encore plus haut dans la

région imaginaire où il avait coutume de l'honorer.

Il pensa un moment souffleter son camarade; il en fut retenu, non par la

peur, mais par la crainte de perdre à jamais Ninon s'il endommageait ce

garçon aimé d'elle. Il le pria donc seulement de ne plus lui parler de

ce sujet; et, s'étant calmé, il lui demandait aussitôt après des détails

nouveaux, car il s'enivrait d'entendre parler de Ninon, même de cette

manière.

La voix de la marquise, au-dessus de leurs têtes, fit fuir Châteaubedeau

et retint au contraire le chevalier. Cette voix se répandait sur toute

sa personne comme un baume, et, toutes les fois qu'il l'entendait, il

avait l'idée que, si elle ne s'adressait pas à lui, pour le combler

d'expressions de tendresse, c'était par suite d'un malentendu qui ne

saurait tarder à être dissipé, car il le méritait bien. Et il était sans

cesse repossédé par l'espérance.

La leçon d'amour dans un parc · 第 13 / 29 题