Constitutions la Mere P. lui fera dire trente Messes dans la matinée
suivante immédiatement après sa mort, & si le Monastere est assez
commode, on pourra lui faire dire trois trenteins, dont l'un sera de
saint Gregoire. Et si c'étoit une Fête telle que l'on ne peut pas dire
la Messe des morts, on lui fera apliquer celle de la Fête, donnant aux
Prêtres leur rétribution, comme s'ils l'avoient dite des morts: & si on
ne les peut pas dire toutes dans notre Eglise, on les fera dire le même
matin en diverses Eglises, afin que l'ame reçoive au plûtôt les
suffrages qui lui sont si importans.
COLLOQUES.
Que l'on pourra faire le matin.
Très sainte Trinité, Pere, Fils & Saint Esprit: comme vous êtes trois en
personnes, & un en essence, comblée de perfections infinies; ainsi je
vous louë, je vous benis & je vous glorifie en union des loüanges, des
bénédictions & de la gloire que vous rend l'ame de notre Seigneur
Jesus-Christ, sa très-Sainte Mere & tous les bien-heureux: désirant de
vous loüer dans le même esprit, & vous priant par les mérites de notre
Seigneur Jesus-Christ, que vous soyiez benite & glorifiée de tous, sur
la terre comme au Ciel. Ainsi soit-il.
Comme vous êtes créatrice, conservatrice & médiatrice de toutes choses,
je vous adore, & me soumets à vous en tout, comme à mon Créateur qui
m'avez créé de rien à votre ressemblance, en union de l'adoration que
vous rend l'ame de notre Seigneur J. C. sa trés-sainte Mere & les
Bien-heureux, désirant de vous adorer dans le même esprit; & vous priant
par les mérites de notre Seigneur J. C. que vous soyiez adorée de tous
sur la terre comme dans le Ciel, Ainsi soit-il.
Comme vous êtes le Souverain bien, désiré des Créatures: je mets en vous
ma joie, mon amour & ma complaisance: je me réjoüis avec vous de votre
bien, de votre gloire, en union de l'amour dont vous a aimé l'ame de
notre Seigneur J. C. sa très-sainte Mere, & tous les Bien-heureux, de la
joye & de la complaisance qu'ils ont de vos perfections & de votre
félicité: vous priant par les mérites de notre Seigneur J. C. que vous
soyiez aimée de tous sur la terre, comme dans le Ciel. Ainsi soit-il.
O mon Dieu, comme vous êtes le Souverain Bienfaiteur, d'où procéde tous
bien, ainsi je vous rends grace de ceux qui ont été faits à l'humanité
de notre Seigneur J. C. à sa très-sainte Mere, aux Bien-heureux, à moi &
à tous les hommes; en union des actions de grâces que vous rend l'Ame de
notre Seigneur J. C. sa très-Sainte Mere, & les Saints, désirant de vous
remercier avec leur esprit, & vous priant par les mérites de notre
Seigneur J. C. que vous soyiez remerciée de tous sur la terre, comme
dans le Ciel. Ainsi soit-il.
Comme vous êtes le Souverain Seigneur & Dominateur, auquel on doit tous
ses services, & la derniere fin à laquelle nous devons raporter toutes
nos intentions & nos actions: ainsi je m'offre perpétuellement à votre
service & je dirige mes pensées, affections, paroles, oeuvres &
souffrances à votre pure gloire, en union de l'oblation que notre
Seigneur J. C. vous fit de lui-même au tems de sa mort & de la
consécration que vous ont fait d'eux-mêmes en cette vie, la
Bien-heureuse Vierge & les Saints, désirant & vous priant par les
mérites de notre Seigneur J. C. que tous se dédient au service de votre
Divine Majesté, avec leur même esprit. Ainsi soit-il.
Comme vous connoissez parfaitement mes nécessités corporelles &
spirituelles, & celles des ames qui combattent encore sur la terre, ou
qui souffrent dans le Purgatoire, ainsi je vous les representent toutes;
& vous prie pour celles que vous connoissez devoir vous apartenir par la
foi & les bonnes oeuvres; en union, de l'Oraison que notre Seigneur J.
C. en tant qu'homme fait continuellement devant votre Divine Majesté, en
union aussi de celle de sa très-sainte Mere & de tous les Saints.
Et je vous suplie par votre infinie bonté & vos divines perfections, par
les mérites de notre Seigneur J. C. de la Bienheureuse Vierge & des
Saints, que vous nous donniez à tous la lumiere pour vous connoitre, une
parfaite contrition, le pardon de nos pechés, & la grace d'éviter ce qui
pourroit mettre obstacle à notre salut & à notre perfection; & que nous
nous faisions violence, pour mortifier l'amour propre, la propre
volonté, le propre Jugement, les passions déreglées, les mauvaises
habitudes & inclinations, afin que nous soyons toujours résigné à votre
sainte volonté, & détachées de toutes choses pour votre gloire.
Donnez-nous, Seigneur, les graces & les secours temporels & spirituels
dont nous avons besoin pour vous servir & pour nous sauver: la vie, la
santé & les autres biens temporels, non pas selon nos inclinations, mais
seulement ce qui peut être utile à votre gloire, & à notre salut. Ainsi
soit-il.
COLLOQUES.
Que l'on pourra faire le soir à la très-sainte Vierge.
Très-sainte & très-heureuse Vierge, notre Reine & notre Mere, je loüe
l'indépendante, simple, parfaite, souverainement bonne, immense,
immuable, éternelle & incompréhensible essence divine qui vous a
communiqué des dons si excellens, en vous faisant Mere de Dieu, Reine
des Anges & des Saints, souveraine du monde: c'est d'Elle que vous avez
reçu cette abondante grace qui vous a renduë si pure, si parfaite, si
élevée au-dessus des Anges & des Saints, si solide en toutes les
perfections, & participante de la gloire éternelle en un si haut degré
que nous ne le pouvons comprendre.
Je benis l'infinie puissance qui vous a communiqué tant de force contre
l'ennemi infernal, l'infinie sagesse qui vous a faite si sage & si
prudente, & la bonté éternelle qui vous a renduë si bonne & si
bienfaisante à l'égard des hommes.
Je glorifie la divine beauté qui vous a embellie & ornée de tant de
vertus héroïques, la divine connoissance qui de toute éternité vous a
placée à la tête de toutes les pures Créatures & vous a destinée à être
le chef d'oeuvre des ses ouvrages, & la vérité éternelle qui vous a
renduë si attachée au vrai, si fidelle & si sincere.
J'exalte la vie Divine, qui vous en a donné une si précieuse, la Divine
volonté qui vous a voulu tant de bien de toute éternité, le Divin amour
qui vous a cherie si fort, & qui vous a renduë si charitable.
J'adore la Divine misericorde qui vous a préservée de toutes les miseres
du peché, & qui vous a renduë si miséricordieuse, la Divine Justice qui
vous a faite si juste, la divine sainteté qui vous a faite si sainte.
Je glorifie cette Providence Divine qui a eu tant de soins de vous, la
Divine Prédestination qui vous a prédestinée à une si grande gloire; le
livre dans lequel vous avez été écrite de toute éternité après votre
Fils, & la Divine & infinie Béatitude qui vous rends si glorieuse & si
heureuse au Ciel.
Je remercie le Pere Eternel qui vous a daigné prendre pour sa Fille,
plus chérie & plus aimée de lui que toutes les autres; le Fils qui vous
a choisie pour Mere, & le saint Esprit pour Epouse.
Je rends graces à la sainte Trinité pour la bonté qu'elle a fait
paroître en vous sanctifiant & vous comblant de Privileges si signalés.
Je prie aussi les Bien-heureux que par leurs Cantiques & en notre nom,
ils rendent à la Divine Majesté des loüanges & des actions de graces,
pour les dons singuliers qu'elle vous a conféré, ô notre Reine, chantant
continuellement pour ce sujet ces divines paroles. Ainsi soit-il:
Bénédict: gloire, honneur, actions de graces, vertu & force à notre Dieu
dans tous les siécles des siécles. Ainsi soit-il.
Après Dieu, je mets mon amour, ma joye & ma complaisance en vous:
très-sainte Reine & Mere très-débonnaire? Désirant de vous aimer aussi
ardemment que les Séraphins & tous les Bien-heureux. Je me réjoüis de
tant de faveurs que Dieu vous a faite; je vous loüe, je vous benis &
vous adore de l'adoration qui est dûë à la Mere de Dieu, en union des
loüanges, honneurs & bénédictions que vous rendent les Anges & tous les
Saints; désirant de le faire dans le même esprit, & que vous soyiez
connuë, aimée, reverée servie parfaitement de tout le monde.
Je vous remercie de toutes les graces que vous m'avez faites, & que vous
me faites continuellement, particulierement d'avoir donné au monde &
allaité son Sauveur, des exemples de vertu que vous m'avez donnés, des
faveurs que vous m'avez procurées de votre cher Fils, & de m'avoir
apellée à votre service particulier.
Je vous offre mes sens, & mes puissances, désirant de m'employer toute
entiere à votre service, pour la gloire de votre Fils & pour la votre, &
de vous servir de la maniere qui peut être plus agréable à l'un & à
l'autre.
Et comme vous êtes notre fidelle Protectrice auprès de la Divine
Majesté, je vous represente mes besoins corporels & spirituels, & ceux
de mes Soeurs, de nos Prelats & Peres spirituels, Parens, Amis
Bienfaiteurs vivans & trépassés & de ceux que Dieu connois devoir lui
apartenir, vous priant par les merites de votre très cher Fils & par les
grandes graces qui vous ont été faites, que vous nous procuriez toutes
celles dont nous avons besoin pour le servir dignement. Ainsi soit-il.
Table des chapitres que contient le Livre des Avis.
Avis pour le regard de la conversation entre les Soeurs
Sur la maniere de maintenir la paix entre elles. _Chapitre 1._ p. 3.
Avis pour ce qui concerne le Choeur & l'Office _ch. 2._ p. 11.
Des cérémonies & de la façon extérieure de réciter l'Office.
_ch. 3._ p. 14.
De la maniere intérieure de réciter l'Office. _ch. 4._ p. 16.
De ce que l'on doit faire à la fin de l'Office. _ch. 5._ p. 20.
Oraison pour dire devant Matine. p. 21.
Avis pour la méditation. _ch. 6._ p. 25.
Obstacles à la méditation. p. 30.
Remede contre l'ignorance. _ch. 7._ _idem_
Remede contre le sommeil. _ch. 8._ p. 32.
Remede contre la lacheté dans le service de Dieu. _ch. 9._ _idem_
Remede contre les distract. _ch. 10._ p. 34.
Remede contre les passions déréglées. _ch. 11._ p. 35.
Avis sur la maniere d'entendre structureusement la sainte
Messe. _ch. 12._ p. 42.
Avis sur la maniere de se bien confesser. _ch. 13._ p. 49.
Avis sur la maniere de détruire quelques vices par le secours
de l'examen particulier. _ch. 14._ p. 55.
Avis pour le regard de la conscience.
De la maniere de faire tous les soirs l'examen de conscience.
_ch. 15._ p. 58.
Dévotion que l'on pourra faire le soir dans le tems que l'on
va reposer, & le matin après que l'on est levé. _ch. 16._ p. 65.
Des secours spirituels que l'on doit donner aux malades.
_ch. 17._ p. 72.
Colloques que l'on pourra faire le matin. p. 80.
Colloques que l'on pourra faire le soir à la très-Sainte
Vierge. p. 84.
Antide Joseph Dejouffroy Duzelle Docteur en Thologie, Prêtre Chanoine en
l'Illustre Chapitre Metropolitain de Besançon, Vicaire General de
Monseigneur Antoine Pierre de Grammont Archevêque de Besançon Prince du
St Empire, & par lui nommé Visiteur General des Maisons Religieuses du
Diocèse, nous ayant été representé par les Religieuses Annonciades de la
Communauté établie à Besançon; que les exemplaires des Livres de
Constitutions, Regles, & Avis, de cet Ordre, devenoient extrémement
rares, & au point que dans plusieurs Maisons de l'Ordre ces Livres
manquoient: à quoy voulant obvier. Nous avons permis & permettons
ausdites Religieuses Annonciades de Besançon de faire réimprimer lesd.
Livres de leurs Constitutions, Regles, & Avis: & au Sr. Jean Loüis
Boudret Imprimeur de cette Ville, d'en faire l'Impression. Donné à
Besançon le 12 jour du mois d'Août 1744. Jouffroy Duzelle Vic. General.
A propos de ce livre
La transcription électronique conserve l'orthographe de l'original, y
compris ses incohérences (par exemple mistere/mistére/mystere).
Ce livre est la dernière partie d'un recueil comportant trois documents,
imprimé chez Jean-Louis Boudret, Besançon, 1745:
Constitutions pour les religieuses de l'ordre de l'Annonciade céleste,
fondé à Genes en l'Année 1604.
Réimprimées en lad. Ville en l'Année 1643.
Et traduites à Paris de l'Italien en François l'année 1644.
Regles pour les officieres du monastere de l'Annonciade.
Fondé à Genes l'année de notre Salut 1604.
Réimprimées à Genes, & accomodées à la pratique de l'observance des
Constitutions pour les Monastéres du même Ordre.
L'Année M. DC. XXIV.
Sur l'Imprimé à Paris.
Avis pour les religieuses de l'ordre de l'Annonciade céleste,
Fondé à Genes l'année de notre Salut 1604.
R'imprimés en ladite ville, & accomodés à la pratique de l'observance
des Constitutions; pour l'instruction des exercices spirituels, à
l'usage des Monasteres du même Ordre.
L'Année M. DC. XXIV.
Les signature et pagination de chaque partie sont indépendantes.
L'autorisation d'impression ("Antide Joseph Dejouffroy Duzelle...")
figure à la dernière page de ce recueil.