(_Suivent les signatures_.)
]
[5: _La Petite Revue anecdotique_, 25 février 1868.]
[6: «Natif de Bort en Limousin, et d'une famille obscure et pauvre,
Marmontel fut dès l'enfance placé chez un curé qui était son parent, et
qui lui apprit un peu de latin. Ne s'étant pas bien comporté chez cet
ecclésiastique, son père lui fit apprendre le métier de tailleur. Il
vint à Toulouse et entra en qualité de garçon chez Lamanière, tailleur
des jésuites. Un jour, en portant un habit à un pensionnaire, il le
trouva occupé à un thème dont il ne pouvait venir à bout. Marmontel
s'approcha, lut l'ouvrage de l'enfant, et lui fit connaître ses fautes.
«Puisque vous savez le latin, lui dit l'écolier, faites-moi le plaisir
d'arranger ce thème.» Marmontel fit des corrections élégantes. Le préfet
de l'enfant, peu accoutumé à tant de perfection de sa part, lui dit:
«Mon ami, qui a fait ce thème?--Le garçon tailleur, répondit
l'enfant.--Oh! parbleu, je veux le connaître, dit le jésuite.» Il le
mande, lui parle, est satisfait de lui, et lui propose de reprendre ses
études. Marmontel y consent, et, pour lui donner les moyens de
subsister, il le place en qualité de précepteur dans une maison
bourgeoise. Dès lors, il prit un goût décidé pour les belles-lettres,
et, pendant son cours de philosophie et de droit, il s'associa aux
d'Auffrery, aux Forest, aux Dutour, aux Revel, et ils formèrent ensemble
l'_Académie des Galetas_ [la Petite Académie], où ils rectifiaient leurs
compositions réciproques. Il travailla avec eux pour les Jeux floraux et
remporta une foule de prix. Voulant aller se perfectionner dans la
capitale, M. de Mondran, l'ami des talents et des artistes, lui donna
une lettre de recommandation pour son gendre, La Popelinière, fermier
général, qui se piquait de littérature, et qui le garda longtemps chez
lui avec distinction.»
Taverne est le seul qui ait ainsi conté les débuts de Marmontel, et je
reproduis son récit tel quel, sans m'en porter garant. Il se termine
d'ailleurs par une erreur manifeste: M. de Mondran ne devint le
beau-père de La Popelinière qu'en 1759, près de quinze ans après
l'arrivée de Marmontel à Paris.]
[7: Le théâtre du Vaudeville donna encore, le 23 janvier 1813,
_Marmontel et Thomas, ou la Parodie de Cinna_, vaudeville en un acte.
«Il n'y a dans cet ouvrage, dit le _Magasin encyclopédique_, après avoir
rappelé l'épisode qui en avait fourni le sujet, ni ce qui provoque une
chute, ni ce qui justifie un succès. Le public, qui l'avait entendu avec
une paisible indulgence, n'a pas vu sans surprise la toile se lever et
Vertpré venir proclamer le nom de M. Dumolard.» Celui-ci l'a gardé en
portefeuille.]
[8: Voir dans le _Mercure de France_ du 8 nivôse an XIII, (29 décembre
1804) un article violent, presque grossier, de Fiévée contre Marmontel
et ses contemporains, article cité et réfuté par _le Publiciste_ du 13
fructidor (31 août 1805). Voir aussi la _Décade philosophique_, tome 43
(an XIII, 1er trimestre), p. 567, et tome 44, p. 27-37.]
[9: J'ai copié ce fragment de lettre dans la partie restée inédite du
manuscrit de la _Correspondance littéraire_, appartenant à la
Bibliothèque Ducale de Gotha.]
[10: Publiée dans le tome IV (p. 170) de ses _Oeuvres_, réunies par son
fils (Typ. Firmin Didot, 1853-1859, 8 vol. in-8), et non mises dans le
commerce. Le destinataire de cette lettre ne peut être Jean de Vaines,
mort en 1803.]
[11: Bort, chef-lieu de canton de l'arrondissement, et à trente
kilomètres sud-est d'Ussel (Corrèze), sur la Dordogne. Les concrétions
basaltiques connues sous le nom d'_orgues de Bort_ sont une des
curiosités de ce beau pays, fréquenté depuis quelques années seulement
par les touristes.]
[12: À cette allusion beaucoup trop rapide et discrète, il est permis
aujourd'hui d'opposer des documents positifs. M. Ernest Rupin a retrouvé
et publié l'extrait baptistaire d'où il résulte que Jean-François
Marmontel, né le 11 juillet 1723 et baptisé le surlendemain, était fils
de Martin Marmontel, tailleur d'habits, originaire d'Auvergne, et de
Marianne Gourdes, native de Bort. La notice de M. Rupin, publiée dans le
_Bulletin de la Corrèze_ (tome IV, 1882), a été tirée à part; elle est
ornée d'un portrait gravé à l'eau-forte par M. Ad. Lalauze.]
[13: Jean-Gilles du Coëtlosquet, né au manoir de Kérigou (à deux
kilomètres de Saint-Pol-de-Léon), le 15 septembre 1700, évêque de
Limoges (1739-1757), précepteur des enfants de France (1758-1771),
membre de l'Académie française (1761), en remplacement de l'abbé
Sallier, mort à Paris le 21 mars 1784. Il eut pour successeur à
l'Académie le marquis de Montesquiou. Voir sur Coëtlosquet l'étude que
lui a consacrée M. René Kerviler dans _la Bretagne à l'Académie
française au XVIIIe siècle_ (V. Palmé, 1889, in-8).]
[14: Jacques-Antoine Malosse, né au Puy le 14 décembre 1713, entré dans
l'ordre le 11 septembre 1729. En 1762, il se retira au Puy.]
[15: Les anciens éditeurs ont tous imprimé à tort le P. _Bourges_. Jean
Bourzes, dont la date et le lieu de naissance ne sont pas connus, entra
dans l'ordre en 1695. Tour à tour professeur de physique à
Aubenas(1711-1712), de philosophie à Tournon (1713-1717), préfet des
études à Rodez (1717-1713), de nouveau professeur de philosophie à
Perpignan (1720-1725), il tint, en effet, les classes de cinquième, de
quatrième et de troisième à Mauriac (1729-1738); il mourut au grand
séminaire d'Auch, en 1741, après avoir passé les deux dernières années
de sa vie à Toulouse, où Marmontel dit, un peu plus bas, qu'il le revit
«infirme et presque délaissé».]
[16: Le P. Jacques Vanière (1664-1739) n'est pas l'auteur du fameux
_Gradus ad Parnassum_, dont la première édition, sous le titre de
_Epithetorum et synonymorum thésaurus_, remonte à 1652, mais il y fit en
1722 des additions et corrections importantes. Voy. Barbier, _Examen des
dictionnaires historiques_, v° _Aler_.]
[17: Le P. Claude-Alexandre By (et non _Bis_, comme on l'a imprimé
jusqu'à ce jour), né à Mâcon le 28 juillet 1703, entré le 7 août 1721,
préfet des études et prédicateur à Mauriac (1736-1738), était, en 1762,
directeur des retraites à la maison professe de Toulouse.]
[18: Le P. Ignace Decebié ou de Cebié (on trouve ces deux formes, mais
non _Cibier_, comme le portent les anciennes éditions), né à Àurillac le
20 février 1711, entré dans l'ordre le 6 octobre 1728, professa les
humanités à Mauriac de 1736 à 1738. En 1762, il était missionnaire à
Aurillac.]
[19: Le P. Jean-Pierre Balme professa la rhétorique à Mauriac de 1737 à
1739. En 1742, il partit pour les Antilles.]
[20: Selon M. Rupin, cette initiale dissimulerait Mlle Broquin, dont la
famille existe encore à Bort. Des vieillards se souvenaient d'avoir vu
sur un hêtre de l'île Verdier, ou des Amours, le chiffre _M. B._, que la
tradition attribuait aux deux amoureux, et sous lequel on lisait la date
de 1746. L'arbre fut déraciné en 1830.]
[21: Il y a six localités de ce nom dans le département de la Corrèze;
celle dont parle Marmontel est située à 13 kilomètres d'Ussel et à 17
kilomètres de Bort.]
[22: Coëtlosquet. Voyez ci-dessus, note n° 13.]
[23: Annet-Charles de Gain, marquis de Linars, page de la petite écurie
en 1709, marié, le 19 juillet 1723, à Anne-Perry de Saint-Auvent, fille
d'Isaac, marquis de Monmoreau, et d'Anne de Rochechouart, comtesse de
Saint-Auvent, mort à soixante-seize ans et enterré à Linars le 20 mai
1768. L'élève de Marmontel était le second de six enfants du marquis,
Jean, chevalier de Malte et plus tard capitaine de dragons. (L'abbé
Nadaud, _Nobiliaire du diocèse de Limoges_, 1856-1880, 4 vol. in-8.)]
[24: Les _Sermons_ du P. de La Rue (1643-1725) _pour le Carême et
l'Avent_ ont été publiés par l'auteur en 1719, 4 vol. in-8, et
réimprimés en 1781 (Toulouse, Sens et Nîmes, 4 vol. in-12). Ils avaient
été publiés dès 1706 sur des copies infidèles par le libraire Foppens,
de Bruxelles, et remis en circulation sous le nom du P. Le Maure, prêtre
de l'Oratoire, Bruxelles, 1734, 4 vol. in-12.]
[25: Les _Sermons_ du P. Timoléon Cheminais de Montaigu (1652-1689) ont
été publiés pour la première fois en 1691, et réimprimés en 1734, 1738,
1756 (in-12 et in-24).]
[26: Frédéric-Jérôme, cardinal de La Rochefoucauld de Roye, archevêque
de Bourges de 1729 au 29 avril 1758, coadjuteur de l'abbaye de Cluny
(1738), chargé de la feuille des bénéfices (1755) et grand aumônier
(1756).]
[27: Claude-Annet, baron d'Anval, seigneur de Teissonières, capitaine au
régiment d'Enghien, chevalier de Saint-Louis, marié, en 1741, à Marie de
Bort, dame de Teissonières. (Nadaud.)]
[28: Et non _Noaillac_, comme le portent les anciennes éditions. Il y a
eu deux jésuites du nom de Nolhac (probablement les deux frères), tous
deux nés au Puy: l'un, Jacques-Antoine, le 22 octobre 1713; l'autre,
Antoine, le 17 janvier 1715. Le premier, entré le 29 septembre 1728,
professa les humanités et la rhétorique et la philosophie; en 1761, il
était recteur à Béziers; le second, entré en 1732, qui professa
également les mêmes classes, devint, après la suppression de l'ordre,
curé de Saint-Symphorien d'Avignon, où il fut massacré le 18 octobre
1791 et jeté dans la Glacière. Il est assez difficile de déterminer quel
est celui des deux que Marmontel a connu.]
[29: Fondé en 1382, par le cardinal de Pampelune, neveu d'Innocent VI,
pour vingt boursiers et quatre prêtres.]
[30: Cette première lettre n'est pas connue.]
[31: Poitevin-Peitavi, auteur de _Mémoires pour servir à l'histoire des
Jeux Floraux_ (Toulouse, 1815, 2 vol. in-8), s'est inscrit en faux
contre cette assertion. Marmontel remporta, en effet, deux prix en 1744
et en 1745, mais non le prix d'honneur, c'est-à-dire l'amarante, qu'il
n'obtint que le 3 mai 1749, avec une ode sur _la Chasse_, alors qu'il
était deux fois déjà lauréat de l'Académie française. Les autres pièces
couronnées sont les suivantes: _l'Églogue_, idylle (1744); _la Jonction
des deux mers par Hercule_, poème (1745); _l'Incarnation du Verbe_,
Philis (À Mme la c. D.) (1745); _l'Origine du fard_, idylle (1745).]
[32: Marmontel veut certainement parler ici de Jean Reynal, né à
Grammont en Rouergue, en 1702, d'une famille obscure, entré à seize ans
chez les doctrinaires de Villefranche. Professeur à vingt-cinq ans, il
enseigna successivement, au collège de l'Esquille, la rhétorique et la
philosophie, fut recteur du collège, puis appelé, malgré sa résistance,
au généralat de la congrégation. Il mourut en 1763. Reynal avait composé
un poème latin sur _l'Aimant_.]
[33: Charles-Antoine de La Roche-Aymon, né en 1697, mort le 27 octobre
1777, évêque _in partibus_ de Sarepta (1725), puis de Tarbes (1729),
archevêque de Toulouse en 1740, archevêque de Reims en 1752, grand
aumônier de France, cardinal, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et
ministre de la feuille des bénéfices.]
[34: Poitevin-Peitavi cite, parmi les confrères de Marmontel à la
_Petite Académie_, le chevalier de Rességuier, d'Aufrery, Castilhon, le
président d'Orbessan, le président du Puget, etc. Cette association
n'était pas en concurrence avec la séculaire institution des Jeux
floraux; c'était plutôt une sorte de séminaire poétique où l'on
s'exerçait aux luttes futures.]
[35: Henri-Gabriel du Puget, né le 23 juillet 1725, de Charles-Joachim
du Puget, président au Parlement de Toulouse, et de Marie de Pralheau,
conseiller en 1748, président à mortier le 23 mai 1759, mort le 25
octobre 1772.]
[36: Jean-Gaspard de Maniban, né à Toulouse le 2 juillet 1686, fils d'un
président à mortier, fut lui-même élevé à cette dignité en 1714; nommé
premier président en 1721, il mourut dans l'exercice de ses fonctions,
le 30 août 1762. Il avait épousé, en 1707, Jeanne-Christine de
Lamoignon, fille de Chrétien-François de Lamoignon, président à mortier
au Parlement de Paris.]
[37: Selon Poitevin-Peitavi, «ce récit est absolument incroyable de ceux
qui se souviennent du ton du pays et des moeurs de ce temps-là, qui
savent que M. du Puget était de l'âge de Marmontel, aussi vigoureux que
lui, exercé, comme tous les jeunes Toulousains, au maniement des armes,
et sentant, au moins à vingt-deux ans, que la prérogative de pouvoir
être toujours armé avait pour objet principal la défense de son honneur
et la répression des outrages que Marmontel se vante de lui avoir faits
impunément».]
[38: Les Thermes de Julien appartenaient depuis le XIVe siècle à l'ordre
de Cluny, qui n'en fut dépossédé qu'en 1790. (Leroux de Lincy, _Mémoires
de la Société des antiquaires de France_, tome XVIII.)]
[39: Selon le duc de Luynes et le _Journal_ de Barbier, la retraite ou
la disgrâce de Philibert Orry fut officiellement connue dans les
premiers jours de décembre 1745; mais le bruit s'en était répandu
auparavant parmi les gens bien informés, car Marmontel, dans une lettre
adressée au marquis de Fulvy, neveu du ministre, dit qu'il arriva à
Paris au mois d'octobre 1745. Cette lettre, datée du 26 décembre 1788, a
été publiée dans les _Étrennes d'Apollon_, de d'Aquin de Chateaulyon,
pour 1789, et réimprimée par Labouisse-Rochefort dans ses _Souvenirs et
Mélanges_, t. I, p. 197.]
[40: Raisouche-Montet, dit Roselly, né à Paris en 1722, débuta en 1742
et fut reçu l'année suivante. Parmi ses principaux rôles, on cite ceux
de Cimber dans _la Mort de César_, de Voltaire, de Pylade dans _Oreste_,
d'Arcire dans _Aristomène_, de Marmontel (dont il sera question plus
loin) et de Télémaque dans _Pénélope_, tragédie de l'abbé Genest,
reprise en 1745. Ce rôle fut, quelques années plus tard, la cause de sa
mort; insulté et provoqué par son camarade Ribou qui le lui disputait,
il reçut deux coups d'épée dont il mourut deux jours plus tard, le 22
décembre 1750. La querelle est racontée tout au long dans le _Journal_
de Collé (éd. H. Bonhomme, I, 264-266). Voir aussi, dans la dernière
édition de la _Correspondance_ de Grimm (II, 19), une épigramme sur ce
duel.]
[41: Jean-Grégoire Bauvin, né à Arras, en 1714, mort le 7 janvier 1776.
La tragédie des _Chérusques_, adaptation d'_Arminius_ de Schlegel, fut
jouée au Théâtre-Français, grâce à la protection de Marie-Antoinette
(1772). Grimm prétend que les États d'Artois avaient promis une pension
à l'auteur si sa pièce était jouée trois fois et que le public mit de la
bonne volonté à la lui faire obtenir.]
[42: C'est probablement pour cela qu'elle est devenue si rare.
_L'Observateur littéraire_ (1746, in-12), qu'il ne faut pas confondre
avec la feuille, portant le même titre, rédigée par l'abbé de La Porte
(1758-1761), a été réimprimé par Villenave dans l'édition de 1821,
d'après un exemplaire incomplet de 24 pages sur 120, le seul que
Villenave ait pu se procurer.]
[43: Le sujet du concours était _la Gloire de Louis XIV perpétuée dans
le roi, son successeur._]
[44: Il est assez singulier, comme Villenave l'observe avec raison, que
Marmontel n'ait rien dit ici de l'édition de _la Henriade_ (Prault,
1746, 2 vol. in-12, vignettes de Cochin) pour laquelle il écrivit une
_Préface_ maintes fois réimprimée depuis dans les _Oeuvres complètes_ de
Voltaire. (Voir la _Bibliographie_ de M. C. Bengesco, tome Ier, n° 375.)
Le débit de cette édition expliquerait encore mieux que celui du poème
académique la générosité de Voltaire.]
[45: Harenc de Presle, banquier, rue du Sentier. Son cabinet de tableaux
renfermait, selon l'_Almanach des artistes_ (1777, p. 180), un Guide,
deux Murillo, des Rubens, des Van Dyck, Wouwerman, Van Huysum, Teniers,
et autres; il y avait joint de précieux ouvrages du fameux Boule. M. G.
Duplessis a cité, dans son travail sur _les Ventes de tableaux... aux
XVIIe et XVIIIe siècles_ (1874, in-8°), le _Catalogue d'objets rares et
précieux en tous genres provenant du citoyen Aranc (sic) de Presle_,
vendus aux enchères, le 11 floréal an III (30 avril 1795), par les soins
de J.-A. Lebrun jeune. Il faut joindre à ce catalogue une addition de
quatre pages contenant la mention de _Recueils d'estampes reliés en
maroquin et en veau_.]
[46: Depuis la publication de _la Politique de tous les cabinets de
l'Europe_ (1793, 2 vol. in-8), de la _Correspondance secrète inédite de
Louis XV_, par Boutaric, et du _Secret du Roi_, par M. le duc de
Broglie, la part prise par Favier à la diplomatie occulte n'est pas
douteuse. Sa vie privée, qui fut celle d'un épicurien, est moins connue,
et, si l'on sait la date de sa mort (2 avril 1784), on n'a pas encore
signalé celle de sa naissance. On peut du moins lire sur lui quelques
pages de Sénac de Meilhan dont se sont inspirés tous ceux qui, de nos
jours, ont parlé de Favier. (Voy. _le Gouvernement, les Moeurs et les
Conditions en France avant la Révolution_, éd. de Lescure,
Poulet-Malassis, 1862, in-18.)]
[47: _Denys le Tyran_, joué le 5 février 1748, obtint alors seize
représentations, et en eut six autres à la reprise du 25 novembre de la
même année. (Mouhy, _Abrégé de l'histoire du Théâtre Français._)]
[48: Louis-Anne de Lavirotte, né à Nolay (Côte-d'Or), en 1725, mort à
Paris le 3 mai 1759, a publié, entre autres traductions, celle de
l'_Exposition des découvertes physiques de Newton_, par Mac-Laurin
(Paris, 1749, in-8).]
[49: Daniel Huet n'a rien écrit sous le titre de _Théologie_; peut-être
Marmontel veut-il désigner sa _Demonstratio evangelica_ (1679,
in-folio). Mais la traduction de l'abbé de Prades n'a pas vu le jour.
Jean-Martin de Prades, né à Castel-Sarrazin en 1720, mort à Glogau en
1782, dut son éphémère célébrité à une thèse sur les miracles (1751),
qui fit scandale, et dont Diderot rédigea la défense avec l'auteur et
l'abbé Yvon.]
[50: L'un s'appelait l'abbé Debon et n'a pas laissé de traces dans
l'histoire des lettres; le second, l'abbé Forest, a publié un _Almanach
historique et chronologique du Languedoc_ (1752, in-8), que l'on
consulte encore, et des _Mémoires contenant l'histoire des Jeux floraux_
(Toulouse, 1775, in-4°).]
[51: Ce n'est pas une simple note, mais tout un petit volume qu'il
faudrait consacrer à la destinée bizarre, voluptueuse et tragique de
cette Marie-Gabrielle Hévin de Navarre, tour à tour maîtresse de Maurice
de Saxe, de Monet, de Marmontel,--sans parler des amants dont le nom lui
échappait parfois au moment le moins opportun, comme on va le voir
bientôt,--et, finalement, épouse légitime de Louis-Antoine de Mirabeau,
frère de l'«Ami des hommes». À défaut d'une étude complète que Louis
Paris avait annoncée et qu'il n'a pas publiée, on peut consulter, outre
les présents _Mémoires_, ceux de Monet et de Grosley, quelques pages
insuffisamment informées de L. de Loménie dans son livre sur les
_Mirabeau_, enfin une notice de M. A. Joly, doyen de la faculté des
lettres de Caen, sur _Mademoiselle Navarre, comtesse de Mirabeau_,
d'après des documents inédits (Caen, 1880, in-8°, 56 p.), extraite des
_Mémoires_ de l'Académie de cette ville.]
[52: Jean Monet, dans ses amusants et trop courts _Mémoires_ (Paris,
1772, 2 vol. in-8), a cité plusieurs lettres à lui adressées par Mlle
Navarre, dont il prétend n'avoir été que l'ami. Ces lettres, charmantes
de verve et de naturel, sont précisément datées de Reims et d'Avenay, où
l'enchanteresse faisait chaque année un séjour plus ou moins prolongé.]
[53: Les deux éditions des _Poésies_ de Lattaignant (1750 et 1757)
renferment plusieurs épîtres adressées à Mlle Navarre, mais non pas
celle à laquelle Marmontel fait allusion ici, non plus qu'une autre
épître à lui adressée par le chanoine, et dont une copie figurait dans
un recueil manuscrit provenant de Viollet-le-Duc.]
[54: Il y a eu deux personnages de ce nom: Louis de Brancas, marquis de
Céreste (1672-1750), maréchal de France en 1741, et
Buffile-Hyacinthe-Toussaint de Brancas, comte de Céreste, dit comte de
Brancas (1697-1754), tous deux diplomates et militaires. Le titre donné
par Mlle Clairon à son interlocuteur fait supposer qu'il s'agit du
premier.]
[55: Le 30 avril 1749. _Aristomène_ eut alors dix-sept représentations,
momentanément interrompues après la sixième par l'indisposition de
Roselly. Reprise le 1er décembre suivant, cette tragédie fut encore
jouée onze fois. (Mouhy, _Abrégé de l'histoire du Théâtre français_.)]
[56: Voyez ci-dessus, note n° 40.]
[57: Alexandre-Jean-Joseph Le Riche de La Poupelinière (telle est la
véritable orthographe de son nom), né à Paris en 1692, mort dans la même
ville le 5 décembre 1762. Ses mésaventures conjugales l'ont rendu plus
célèbre que ses goûts de Mécène et de «virtuose». Voyez le livre
suivant.]
[58: J'avais cru tout d'abord que Marmontel faisait allusion à
Madeleine-Céleste Fieuzal, fille de François Fieuzal, dit Durancy, et de
Françoise-Maisne Dessuslefour, dite Darimath, baptisée le 23 mai 1746, à
Saint-Laurent (De Manne, _Galerie de la troupe de Voltaire_); mais cette
date ne saurait coïncider avec celle du séjour de Marmontel dans le
quartier du Luxembourg, après sa rupture avec Mlle Navarre, c'est-à-dire
vers 1749 ou 1750. Il sera question plus loin du début de la jeune
Durancy à la Comédie-Française.]
[59: M. Ad. Jullien a cité, d'après Denizart (_Collection de décisions
nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence_), dans son étude
sur le _Théâtre des demoiselles Verrière_ (1875, gr. in-8), le texte de
l'acte de baptême de Marie-Aurore, présentée le 19 octobre 1748 en
l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, comme fille de Jean-Baptiste de
La Rivière, bourgeois de Paris, et de Marie Rinteau, sa femme; mais,
lorsqu'à l'âge de quinze ans elle accepta la main du comte de Horn,
bâtard de Louis XV, elle se fit reconnaître pour fille naturelle de
Maurice de Saxe. Restée veuve à seize ans, sans que, dit-on, le mariage
ait été consommé, elle épousa, au mois de mars 1777, à Londres, dans la
chapelle de l'ambassade française, Claude-Louis Dupin de Francueil,
l'ancien amant de Mme d'Épinay. De cette union fort disparate, quant à
l'âge des conjoints, naquit, le 13 janvier 1778, un fils qui fut le père
de George Sand.]
[60: Il est à peine nécessaire, sans doute, de rappeler ici que ce
surnom de Chantilly fut celui de Marie-Justine-Benoîte
Cabaret-Duronceray, alias Mme Favart (1727-1772). Quant à Mlle
Beauménard, dite _Gogo_ (rôle qu'elle jouait dans le _Coq du village_),
et qui devint, en 1761, l'épouse légitime de Jean-Gilles Colleson, dit
Bellecour, on peut consulter sur elle _le Colporteur_, de Chevrier, la
_Galerie de la troupe de Voltaire_, de De Manne, et _les Comédiens du
Roi de la troupe française_, de M. E. Campardon.]
[61: Thérèse des Hayes, fille de Marie-Anne Carton Dancourt, dite _Mimi_
Dancourt, et de Samuel Boulinon des Hayes, née vers 1713, morte à Paris
en 1752.]
[62: Anne-Antoinette-Christine Somis, fille d'un musicien italien. Une
note du duc de Luynes (27 avril 1745) nous la montre faisant sa partie,
avec Jélyotte et Mlle Fel, dans un concert organisé par M. d'Ardore,
ambassadeur de Naples, en l'honneur du mariage du Dauphin. Diderot a
parlé de «cette folle de Mme Van Loo» et des distractions qu'elle lui
causait pendant qu'il se faisait peindre par son neveu, Michel Van Loo.
(Salon de 1767, _Oeuvres complètes_, éd. Assézat, tome XI.)]
[63: Le 28 novembre 1748.]
[64: Balot de Sauvot, reçu avocat en 1736, et plus tard bailli de
Saint-Vrain (Seine-et-Oise), mort en 1761, avait retouché deux ballets,
_Pygmalion_, de Lamotte (1748), et _Platée_, d'Autreau (1749), musique
de Rameau, ce qui lui avait valu de la part de Voltaire le surnom de
_Balot l'imagination._ Son seul titre à l'attention de la postérité est
un _Éloge de Lancret_ (1743, in-8), réimprimé de nos jours, d'abord dans
la _Revue universelle des Arts_ (tome XIII), puis par M. Jules Guiffrey
(1874, in-8), avec notes et documents complémentaires.]
[65: On trouvera le texte de ce procès-verbal et celui d'une plainte de
Mme de La Popelinière contre son mari pour coups et blessures (1746)
dans un joli petit volume de M. Émile Campardon, _la Cheminée de Mme de
La Popelinière_ (Charavay frères, 1879, in-16). M. Campardon y a
également cité quelques-uns des couplets grivois qui circulèrent alors
et décrit, d'après le _Journal_ de Barbier, les cheminées en carton et à
ressorts que les «camelots» du temps vendaient aux curieux.]
[66: Préface de cette tragédie, jouée le 20 mai 1750.]
[67: Jouée pour la première fois le 24 mai 1752, et reprise le 27
novembre suivant, elle eut alors quatre représentations.]
[68: Dans la préface du _Théâtre_, éd. de 1787.]
[69: Rousseau (_Confessions_, livre X) prétend qu'il se fit de Marmontel
un «irréconciliable ennemi», parce qu'en lui offrant un exemplaire de sa
_Lettre à d'Alembert_, il écrivit sur le titre que ce n'était point pour
l'auteur du _Mercure_, mais pour M. Marmontel. «Il n'a manqué depuis
aucune occasion de me nuire dans la société et de me maltraiter
indirectement dans ses ouvrages.» Jean-Jacques avait déjà noté le
prétendu grief de Marmontel contre lui dans une lettre à Mme de Créquy
(5 février 1761).]
[70: 1751, in-12.]
[71: Jouée le 5 février 1753, la tragédie d'_Égyptus_ n'eut qu'une seule
représentation et ne fut pas imprimée.]
[72: Sur les excentricités et les bizarreries d'humeur du prince (et non
comte) de Kaunitz, voir les _Souvenirs_ du baron de Gleichen, publiés
par Paul Grimblot (L. Techener, 1868, in-12).]
[73: Florimond-Claude, comte de Mercy-Argenteau (1722-1794), ambassadeur
d'Autriche à la cour de France de 1766 à 1790, dont les importantes
correspondances officielles et secrètes ont été l'objet de publications
dues à MM. d'Arneth, Geffroy et J. Flammermont.]
[74: Georges-Adam, comte de Starhemberg, né à Londres le 10 août 1724,
mort en 1807, ambassadeur d'Autriche en France de 1756 à 1766.]
[75: Fils du feld-maréchal Frédéric-Henri, comte de Seckendorf
(1673-1763).]
[76: Guillaume-Anne Keppel, lord Albemarle, mort à Paris le 22 décembre
1754, d'une attaque d'apoplexie. De son mariage avec Anne de Lenox,
fille de Charles II, duc de Richmond, il avait eu cinq garçons et deux
filles. Selon le duc de Luynes (XIII, 415), Mlle Louise Gaucher, dite
Lolotte, était «une fille considérée en Angleterre et dont on avait
toujours dit du bien»; son amant lui laissa un mobilier d'environ 20,000
écus. Les _Mémoires secrets_ (23 septembre 1782) l'accusent crûment
d'avoir rempli le rôle d'espionne près de l'ambassadeur et prétendent
que, de ce chef, elle toucha jusqu'à sa mort (1765) une pension de
12,000 francs que lui faisait le ministère.]
[77: Selon les _Mémoires_ de Dufort de Cheverny (I, 204), cet accident
aurait eu lieu en 1757, à Bordeaux, et Mlle Lolotte serait venue
elle-même à Bagnères, et non à Barèges, se guérir des suites d'un
empoisonnement qui coûta la vie à neuf personnes. Antoine de Ricouard,
comte d'Hérouville, lieutenant général (1713-1782), auteur du _Traité
des légions_, publié d'abord sous le nom de Maurice de Saxe (1757,
in-4°), avait eu de Lolotte deux filles, «bien mariées depuis», toujours
suivant Dufort.
Diderot a fait allusion à cette liaison dans le dialogue intitulé: _Ceci
n'est pas un conte_. La date du mariage de d'Hérouville et de Lolotte
n'est pas connue.]
[78: Pierre-Louis-Marie Maloët (1730-1810), médecin de Mesdames Victoire
et Sophie, et plus tard médecin consultant de Bonaparte.]
[79: Dans _Roland_, opéra, musique de Lully, paroles de Quinault.]
[80: _Acanthe et Céphise, ou la Sympathie_, pastorale héroïque, en trois
actes, représentée le 18 novembre 1751. M. de Lajarte (_Bibliothèque
musicale de l'Opéra_) n'indique pas le nombre de représentations, mais
ajoute que cet ouvrage n'a jamais été repris.]
[81: _La Guirlande, ou les Fleurs enchantées_, opéra-ballet en un acte,
fut donnée le 21 septembre 1751, et par conséquent avant _Acanthe et
Céphise_.]
[82: Le ballet des _Sybarites_, ou de _Sibaris_ (titre que porte la
partition manuscrite), forme la troisième partie des _Surprises de
l'Amour_, dont Gentil-Bernard avait fourni à Rameau les deux premières
(_Adonis_ et _Anacréon_). Les _Sybarites_ furent représentés le 12
juillet 1757.]
[83: Denis-François Tribou, né vers 1695, mort à Paris le 14 janvier
1761. Il avait, au moment de sa mort, la charge de théorbe de la musique
du roi. Dans sa jeunesse, Tribou avait été l'amant de la duchesse de
Bouillon et d'Adrienne Lecouvreur; la jalousie que la duchesse conçut de
cette rivalité a fait peser sur la mémoire de celle-ci d'odieux soupçons
touchant la mort mystérieuse de la grande tragédienne.]
[84: Pierre Jélyotte, né en 1713, mort en 1797. Un passage des
_Mémoires_ de Dufort de Cheverny (II, 366) a permis à M. R. de Crèvecoeur
de rectifier ces deux dates, inexactement connues jusqu'alors.]
[85: Jacques-Bernard de Chauvelin (1701-1767), maître des requêtes, en
1728, intendant d'Amiens en 1731 et intendant des finances en 1753,
frère aîné de l'abbé Henri-Philippe de Chauvelin, dont il a été question
plus haut, et du marquis François-Claude de Chauvelin, ancien
ambassadeur de France à Tunis, mort subitement le 24 juin 1773, à la
table de jeu de Louis XV.]
[86: Collé (_Journal_, éd. Bonhomme, I, 184) dit que ce fut le 23 juin
1750 que Thiriot lui communiqua les vers de Frédéric et la réponse de
d'Arnaud. Marmontel, en racontant à près de cinquante ans de distance la
scène dont il prétend avoir été le témoin, cite incorrectement les deux
vers du roi. L'autographe, qui a passé, en 1868, dans la vente du
docteur Michelin (de Provins) porte:
_Ainsi le couchant d'un beau jour
Promet une plus belle aurore_.
De plus, ce n'est pas Frédéric qui répondit à d'Arnaud, mais d'Arnaud
qui, dans son remerciement, esquivait avec assez d'adresse la
comparaison:
_Grand roi, Voltaire à son couchant
Vaut mieux qu'un autre à son aurore_.
]