Après Vêpres

Quand les belles hymnes latines,

Avec l’encens des encensoirs,

Sur l’aile des voix enfantines

Montent, dans la splendeur des soirs,

Les vitraux rouges, où flamboie

La braise du soleil couchant,

Éclatent d’une immense joie

Qui vibre et chante avec le chant;

Et les vierges, têtes baissées

Sur les mystérieux missels,

Sentent s’ouvrir dans leurs pensées

L’infini lointain des grands ciels.

Triste et souriant, sur leurs âmes,

Se penche le mystique époux,

Le seul Dieu qu’aient aimé les femmes,

Le Dieu pâle, pensif et doux.

Triste et consolant, il se penche!...

Dans l’ombre qui va grandissant,

On voit sourdre sur sa chair blanche

Un pleur secret, un pleur de sang.

Et, quand l’église s’est éteinte,

Ses bras cloués restent ouverts

Pour l’ardente et sublime étreinte

Dont il embrasse l’univers.

La chanson de la Bretagne · 第 87 / 95 题