A Quimperlé

A Édouard Schuré.

I

Elle est vieille et vaste, la chambre.

Le lit de passage où je dors

A, ce soir de premier Novembre,

Je ne sais quoi qui sent les morts.

Les rideaux, d’attitude roide,

Descendent à plis empesés,

Et des souffles de tombe froide

Rampent le long des draps glacés.

La pendule, verte de mousse,

Tinte des heures d’autrefois;

On dirait une voix qui tousse

Pour faire taire d’autres voix.

Et c’est bientôt un grand silence,

Un silence lourd et profond

Où, dans le vide, se balance

Une ombre accrochée au plafond.

La chambre est vieille, vaste, haute...

Ce soir, si j’ai bien entendu,

Les gens contaient à table d’hôte

Une aventure de pendu...

La chanson de la Bretagne · 第 24 / 95 题