Comme Jeune, la Bretagne
Va dans la mort s’assoupir;
Sur la côte ou la montagne,
Son chant n’est plus qu’un soupir.
Pour l’entendre, j’ai fait taire
Toute voix qui vient d’ailleurs;
Et, dans mon cœur solitaire,
Se sont tus jusqu’à mes pleurs.
On dit qu’en visions brèves,
Devant les yeux clos déjà,
Surgissent plus grands les rêves
Qu’aux jours vivants on songea.
Or, je viens chanter aux portes
Les derniers rêves cueillis
Sur les lèvres presque mortes
Du plus aimé des pays.