«Que cet adorable Sacrement opère en moi, ô mon Sauveur! la rémission
de mes péchés; que ce sang divin me purifie; qu'il lave toutes les
taches qui ont souillé cette robe nuptiale dont vous m'aviez revêtu
dans le baptême, afin que je puisse m'asseoir avec assurance au
banquet des noces de votre Fils. Je suis, je l'avoue, une âme
pécheresse, une épouse infidèle, qui ai manqué une infinité de fois à
la foi donnée: _Mais revenez_, me dites-vous, ô Seigneur! _revenez, je
vous recevrai_[719]: pourvu que vous ayez repris votre première robe,
et que vous portiez, dans l'anneau que l'on vous met au doigt, la
marque de l'union où le Verbe divin entre avec vous. Rendez-moi cet
anneau mystique: revêtez-moi de nouveau, ô mon Père, comme un enfant
prodigue qui retourne à vous, de cette robe de l'innocence et de la
sainteté que je dois apporter à votre Table. C'est l'immortelle parure
que vous nous demandez, vous qui êtes en même temps l'époux, le
convive et la victime immolée qu'on nous donne à manger. C'est à cette
Table mystérieuse que l'on trouve l'accomplissement de cette parole:
_Qui me mange vivra pour moi_[720]. Qu'elle s'accomplisse en moi, ô
mon Sauveur! que j'en sente l'effet: transformez-moi en vous, et que
ce soit vous-même qui viviez en moi. Mais, pour cela, que je
m'approche de ce céleste repos avec les habits les plus magnifiques;
que j'y vienne avec toutes les vertus; que j'y coure avec une joie
digne d'un tel festin et de la viande immortelle que vous m'y
donnez[721].»
[719] Jer., III, 1.
[720] Joann., VI, 58.
[721] Bossuet.