3. J.-C. Toujours et à toute heure, dans les plus petites choses comme
dans les plus grandes. Je n'excepte rien, et j'exige de vous un
dépouillement sans réserve.
Comment pourrez-vous être à moi, et comment pourrai-je être à vous, si
vous n'êtes libre au dedans et au dehors de toute volonté propre?
Plus vous vous hâterez d'accomplir ce renoncement, plus vous aurez de
paix; et plus il sera parfait et sincère, plus vous me serez agréable,
et plus vous obtiendrez de moi.
4. Il y en a qui renoncent à eux-mêmes, mais avec quelque réserve; et
parce qu'ils n'ont pas en Dieu une pleine confiance, ils veulent encore
s'occuper de ce qui les touche.
Quelques-uns offrent tout d'abord, mais la tentation survenant, ils
reprennent ce qu'ils avaient donné, et c'est pourquoi ils ne font
presque aucun progrès dans la vertu.
Ni les uns ni les autres ne parviendront jamais à la vraie liberté d'un
coeur pur, jamais ils ne seront admis à ma douce familiarité, qu'après
un entier abandon et un continuel sacrifice d'eux-mêmes, sans lequel on
ne peut ni jouir de moi ni s'unir à moi.
5. Je vous l'ai dit bien des fois, et je vous le redis encore:
Quittez-vous, renoncez à vous, et vous jouirez d'une grande paix
intérieure.
Donnez tout pour trouver tout, ne recherchez, ne redemandez rien:
demeurez fermement attaché à moi seul, et vous me posséderez.
Votre coeur sera libre, et dégagé des ténèbres qui l'obscurcissent.
Que vos efforts, vos prières, vos désirs n'aient qu'un seul objet:
d'être dépouillé de tout intérêt propre, de suivre nu Jésus-Christ, de
mourir à vous-même, afin de vivre pour moi éternellement.
Alors s'évanouiront toutes les pensées vaines, les pénibles inquiétudes,
les soins superflus.