3. J.-C. En toutes choses, veillez à ce que vous faites et à ce que vous
dites. N'ayez d'autre intention que celle de plaire à moi seul. Ne
désirez, ne recherchez rien hors de moi.
Ne jugez point témérairement des paroles ou des actions des autres: ne
vous ingérez point de ce qui n'est point commis à votre charge; alors
vous serez peu ou rarement troublé.
Mais ne sentir jamais aucun trouble, n'éprouver aucune peine du coeur,
aucune souffrance du corps, cela n'est pas de la vie présente; c'est
l'état de l'éternel repos.
Ne croyez donc pas avoir trouvé la véritable paix, lorsqu'il ne vous
arrive aucune contrariété; ni que tout soit bien, quand vous n'essuyez
d'opposition de personne; ni que votre bonheur soit parfait, lorsque
tout réussit selon vos désirs.
Gardez-vous aussi de concevoir une haute idée de vous-même, et
d'imaginer que Dieu vous chérit particulièrement, si vous sentez votre
coeur rempli d'une piété tendre et douce: car ce n'est pas en cela qu'on
reconnaît celui qui aime vraiment la vertu, ni en cela que consiste le
progrès de l'homme et sa perfection.