RÉFLEXION.

Nous avons un grand combat à soutenir: contre notre esprit, qui nous

égare, séduit par de fausses lueurs et par une funeste curiosité;

contre nos désirs, qui nous troublent; contre nos sens, dont les

convoitises souillent l'âme et la courbent vers la terre. Lamentable

condition de l'homme déchu! Mais Dieu ne l'a point abandonné: il peut

vaincre s'il veut. La foi réprime l'inquiétude maladive de l'esprit,

et le fixe dans la vérité. Une entière soumission à la volonté divine

produit la paix du coeur, en étouffant les vains désirs et ceux même

qui trompent la piété par une apparence de bien. Enfin nous triomphons

des sens par la prière, l'humilité, la pénitence, en _châtiant le

corps_ rebelle, et le _réduisant en servitude_[219]. C'est dans cette

guerre de chaque moment que le chrétien se perfectionne, et c'est en

combattant avec fidélité qu'il peut dire comme l'Apôtre: _Je ne pense

point être encore arrivé où j'aspire; mais oubliant ce qui est en

arrière, et m'étendant à ce qui est devant, je cours au terme de la

carrière pour saisir le prix que Dieu nous a destiné_, la félicité

céleste _à laquelle il nous a appelés par Jésus-Christ_[220].

[219] I. Cor., IX, 27.

[220] Philipp., III, 13, 14.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 149 / 453 题