Nul repos pour celui qui ne le trouve pas en soi. Le coeur inquiet qui
cherche au dehors dans les créatures la paix dont il est privé
intérieurement, se fait une grande illusion; elle n'est pas là.
Pourquoi vous tromper vous-même? La mer soulevée par les tempêtes
n'est pas plus agitée que le monde; et vous lui dites: Apaise mon
trouble! il n'y a de calme que dans le sein de Dieu: il n'y a de joie
que dans la conscience pure. Les plaisirs distraient, les passions
enivrent un moment; mais ce moment passé, que reste-t-il? Et encore
que d'ennui souvent et que d'amertume pendant sa durée! Vous
représentez-vous, au contraire, une félicité comparable à celle qui
accompagne l'innocence; quelque chose qui, dès ici-bas, ressemble plus
au ciel, que l'état d'une âme détachée de la terre, et tranquille sous
la main de Dieu qu'elle possède déjà par l'espérance et par l'amour?
Eh bien donc, que cet état devienne le vôtre; _venez et goûtez combien
le Seigneur est doux_[114]; faites un effort, veuillez seulement:
celui qui donne le bon vouloir, vous donnera aussi de l'accomplir.
[114] Ps. XXXIII, 9.