Que vous importent les discours et les pensées des hommes! Ce ne
seront point eux qui vous jugeront. S'ils vous accusent à tort, celui
qui voit le fond des consciences vous a déjà justifié. S'ils vous
reprochent des fautes réelles, n'êtes-vous pas heureux d'être averti,
heureux de souffrir une humiliation salutaire? Ce qui vous trouble,
c'est l'orgueil, qui ne saurait supporter d'être repris. L'humble ne
s'irrite point, ne s'émeut point, lors même que la passion le condamne
injustement. Plein du sentiment de sa misère, on ne saurait jamais
tant s'abaisser, qu'il ne s'abaisse dans son coeur encore davantage.
Voulez-vous que rien n'altère le calme de votre âme? abandonnez-vous à
Dieu en toutes choses; et dans les peines, les contrariétés, les
traverses, dites avec Jésus-Christ: _Oui, mon Père, parce qu'il vous a
plu ainsi_[101]!
[101] Luc., X, 21.