L'âme chrétienne, détachée du monde, n'a qu'un désir pour le temps
comme pour l'éternité; d'être unie à Jésus, de cette union ineffable
dont la divine peinture nous ravit dans le cantique mystérieux de
l'amour. _Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui; il repose entre
les lis, jusqu'à ce que l'aurore se lève, et que les ombres
déclinent_[99]. Hélas! que cherchez-vous au dehors? Rentrez, rentrez
en vous-même, préparez au céleste époux une demeure digne de lui, et
il viendra, et il s'y reposera; car ses délices sont d'habiter dans le
coeur qui l'appelle. Alors, seul avec Jésus, loin des bruits de la
terre, dans le silence des créatures, il vous parlera, _comme un ami
parle à son ami_[100], et transporté de l'entendre, vous ne voudrez
plus à jamais écouter que lui.
[99] Cant., II, 16, 17.
[100] Exod., XXXIII, 11.