Êtes-vous sincèrement résolu à vous sauver? en avez-vous la volonté
ferme? Alors préparez-vous au travail, au combat; car le salut est à
ce prix: _La voie qui conduit à la perte est large_: mais qu'étroite,
dit l'Évangile, _est celle qui conduit à la vie_[90]! Sans doute
l'onction de la grâce adoucit, pour le fidèle, ce travail, ce combat;
au milieu des fatigues et des souffrances, il jouit d'une paix céleste
que le pécheur ne connaît point. Cependant il a besoin de continuels
efforts pour triompher de lui-même, pour vaincre ses désirs, ses
passions, et le monde, _et le prince de ce monde_[91]. Qui a fait les
saints, sinon cette lutte courageuse et persévérante? _Les uns ont été
tourmentés, ne voulant pas racheter leur vie, afin d'en trouver une
meilleure dans la résurrection. Les autres ont souffert les moqueries,
les fouets, les chaînes et les prisons; ils ont été lapidés, sciés,
éprouvés_ en toute manière; _ils sont morts par le tranchant du
glaive; vagabonds, couverts de peaux de brebis et de peaux de chèvres,
oppressés par le besoin, l'affliction, l'angoisse, ils ont erré dans
les déserts, et dans les montagnes, et dans les antres, et dans les
cavernes de la terre; eux dont le monde n'était pas digne. Enveloppés
donc d'une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout ce qui
nous appesantit, et du péché qui nous environne, et courons par la
patience au combat qui nous est proposé; les regards fixés sur Jésus,
l'auteur et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui
était préparée, a souffert la croix, en méprisant l'ignominie; et
maintenant il est assis à la droite du trône de Dieu_[92].
[90] Matth., VII, 13, 14.
[91] Joann., XIV, 30.
[92] Heb., XI, 35-38; XII, 1, 2.