[5] Car je rechercherai toujours la verité, quoique je n'aye guères
trouvé jusqu'ici que la vraisemblance. _Memorie di Gibbon scritte da
esso._
NB. _Sono costretto a citare la traduzione francese di queste_ Memorie,
_non avendo potuto procurarmene l'edizione inglese._
[6] Car je n'ai ni gloire ni honte à recueillir de mes ancêtres. _Ivi._
[7] Les traductions anglaises de Bossuet évêque de Meaux, l'exposition
de la doctrine catholique, et l'histoire des variations des Protestants,
achevèrent ma conversion: et certes, je fus renversé par un noble
adversaire. _Ivi._
[8] Je n'ai point à rougir que mon esprit si tendre encore se soit
embarassé dans les pièges sophistiques dont n'ont pu se defendre les
entendemens subtils et vigoureux d'un Chillingworth et d'un Bayle, qui
de la superstition se sont élevés ensuite au scepticisme. _Ivi._
[9] Gibbon dice altrove che non permuterebbe l'invincibil suo amore per
la lettura, con tutti i tesori dell'India.
[10] Je la vis et j'amai. Je la trouvai sans pédanterie, animée dans la
conversation, pure dans ses sentimens, et élégante dans les manières. La
première et soudaine émotion se fortifia par l'habitude et le
rapprochement d'une connaissance plus familière. Elle me permit de lui
faire deux ou trois visites chez son père. J'ai passé quelques jours
heureux dans les montagnes de Franche-Comté. Ses parens encouragèrent
honorablement ma recherche. Dans le calme de la retraite, les légères
vanités de la jeunesse n'agitant plus son coeur distrait, elle prêta
l'oreille à la voix de la vérité et de la passion; et je puis me flatter
de l'espérance d'avoir fait quelque impression sur un coeur vertueux. A
Crassi, a Lausanne, je me livrai à l'illusion du bonheur: mais, à mon
retour en Angleterre, je découvris bientôt que mon pêre ne voudrait
jamais consentir à cette alliance, et que, sans son consentement, je
serais abandonné et sans espérance. Après un combat pénible, je cédai à
ma destinée. Je soupirai comme amant, j'obéis comme fils.
Insensiblement, le tems, l'absence et l'habitude d'une nouvelle vie
guérirent ma blessure. Ma guérison fut accélêrée par un rapport fidèle
de la tranquillité et de la gaieté de la demoiselle elle même; et mon
amour se convertit peu-à-peu en amitié et en estime. _Ivi._
[11] Tout considéré, je puis appliquer au premier fruit de ma plume, les
paroles d'un artiste bien supérieur, passant en revue les premières
productions de son pinceau. Après avoir examiné quelques portraits qu'il
avait peint dans sa jeunesse, mon ami, Sir Josué Raynolds, convint avec
moi, qu'il était plus humilié que flatté de la comparaison avec ses
ouvrages actuels; et qu'après tant de tems et d'application, il s'était
imaginé que ses progrès étaient beaucoup au-dessus de ce qu'il
reconnaissait qu'ils etaient en effet. _Ivi._
[12] C'est à Rome, un 15 octobre 1764, que rêvant, assis au milieu des
ruines du capitôle, pendant que nus-pieds les moines chantaient vêpres
dans le temple de Jupiter, l'idée de tracer le déclin, et la chûte de
cette ville, vint pour la première fois se saisir de mon esprit. Mais
mon plan était borné d'abord à la decadence de la capitale plutôt qu'à
celle de l'Empire; et quoique mes lectures et mes réflexions
commençassent à se diriger vers cet objet, quelques années s'ecoulèrent,
et bien des diversions survinrent, avant de m'engager sérieusement dans
l'exécution de ce laborieux ouvrage.
[13] Edimbourg, le 18 mars 1776.
Mon cher Monsieur, pendant que je suis encore à dévorer avec autant
d'avidité que d'impatience votre volume historique, je ne puis résister
au besoin de laisser percer quelque chose de cette impatience, en vous
remerciant de votre agréable présent, et vous exprimant la satisfaction
que votre ouvrage m'a fait éprouver. Soit que je considère la dignité de
votre style, la profondeur de votre sujet, on l'étendue de votre savoir,
votre livre me parait également digne d'estime; et j'avoue que si je
n'avais pas déjà joui du bonheur de votre connaissance personelle, un
tel ouvrage dans notre siècle, de la part d'un Anglais, m'aurait donné
quelque surprise. Vous pouvez en rire; mais comme il me parait que vos
compatriotes se sont livrés à-peu-près pour une génération entière, à
une faction barbare et absurde, et ont totalement négligé tous les beaux
arts, je ne m'attendais plus de leur part à aucune production estimable.
Je suis sûr que vous aurez du plaisir comme j'en ai moi même à apprendre
que tous les hommes de lettres de cette ville, se reunissent à admirer
votre ouvrage et à désirer sa continuation avec sollicitude.
Quand j'entendis parler de votre entreprise, il y a déjà quelque tems,
j'avoue que je fus un peu curieux de voir comment vous vous tireriez du
sujet de vos deux derniers chapitres (XV e XVI). Je trouve que vous avez
observé un tempérament très prudent, mais il était impossible de traiter
ce sujet de manière à ne pas donner prise à des soupçons contre vous, et
vous devez vous attendre que des clameurs s'élèveront. Si quelque chose
peut retarder votre succès auprès du public, c'est cela; car à tout
autre égard, votre ouvrage est fait pour réussir généralement. Mais
parmi beaucoup d'autres signes de décadence, la superstition, qui
prevaut en Angleterre, annonce la chûte de la philosophie et la perte du
goût, et quoique personne ne soit plus capable de les faire revivre que
vous, vous aurez probablement à votre début des combats à livrer.
Je vois, ecc. ecc.
DAVID HUME.
_Ivi._
[14] Gibbonus adversarios cum in, tum extra patriam nactus est, quia
propagationem religionis christianae, non, ut vulgo fieri solet, aut
more theologorum, sed ut historicum et philosophum decet, exposuerat.
[15] L'ouvrage de Burke est le remède le plus admirable contre la
contagion française qui a fait trop de progrès, même dans cet heureux
pays. J'admire son éloquence, j'approuve sa politique, j'adore sa
chevalerie, et il n'y a pas jusqu'à sa superstition que je lui passe.
L'église primitive, que j'ai traitée avec un peu de liberté, fût
elle-même à sa naissance une innovation, et je tenais à la vieille
machine du paganisme.
_Lettere di GIBBON,
Traduzione francese._