* * * * *
Au quartier-général de Milan, le 20 prairial
an VIII (9 juin 1800).
_Aux deux consuls restés à Paris._
Vous aurez vu, citoyens consuls, par les lettres de M. de Mélas, qui
étaient jointes à ma précédente lettre, que le même jour que l'ordre
de lever le blocus de Gênes arrivait au général Ott, le général
Masséna, forcé par le manque absolu de vivres, a demandé à capituler.
Il paraît que le général Masséna a dix mille combattants; le général
Suchet en a à peu près autant; si ces deux corps se sont, comme je le
pense, réunis entre Oneille et Savone, ils pourront entrer rapidement
en Piémont par le Tanaro, et être fort utiles, dans le temps que
l'ennemi serait obligé de laisser quelques troupes dans Gênes.
La plus grande partie de l'armée est dans ce moment à Stradella. Nous
avons un pont à Plaisance, et plusieurs trailles vis-à-vis Pavie.
Orsi, Novi, Brescia et Crémone sont à nous.
Vous trouverez ci-joints plusieurs bulletins et différentes lettres
interceptées, qu'il vous paraîtra utile de rendre publiques.
Je vous salue.