Soldats!
Le gouvernement a pris les mesures pour éclairer les habitants égarés
des départements de l'Ouest; avant de prononcer, il les a entendus. Il
a fait droit à leurs griefs, parce qu'ils étaient raisonnables. La
masse des bons habitants a posé les armes. Il ne reste plus que des
brigands, des émigrés, des stipendiés de l'Angleterre.
Des Français stipendiés de l'Angleterre! ce ne peut être que des
hommes sans aveu, sans coeur et sans honneur. Marchez contre eux; vous
ne serez pas appelés à déployer une grande valeur.
L'armée est composée de plus de soixante mille braves: que j'apprenne
bientôt que les chefs des rebelles ont vécu. Que les généraux donnent
l'exemple de l'activité! La gloire ne s'acquiert que par les fatigues,
et si l'on pouvait l'acquérir en tenant son quartier-général dans les
grandes villes, ou en restant dans de bonnes casernes, qui n'en aurait
pas?
Soldats, quel que soit le rang que vous occupiez dans l'armée, la
reconnaissance de la nation vous attend. Pour en être dignes, il faut
braver l'intempérie des saisons, les glaces, les neiges, le froid
excessif des nuits; surprendre vos ennemis à la pointe du jour, et
exterminer ces misérables, le déshonneur du nom français.
_Faites une campagne courte et bonne._ Soyez inexorables pour les
brigands; mais observez une discipline sévère.