Demain commence le concours de licence et d’agrégation. J’y vais
indifférente, résignée à un échec possible.
Il me serait doux cependant de réussir, pour l’École d’abord, et parce
qu’il serait fier de me voir agrégée.
Il est temps d’en finir, je me traîne depuis huit jours: je n’ai de goût
à rien, je ne puis fixer ma pensée, elle s’éparpille, elle s’évapore.
J’ai ouvert le Léopardi que j’ai lu, et relu tant de fois, quand mon
journal restait clos, pendant cette retraite intérieure qui a suivi la
mort de Charlotte.
Que de tristesses se réveillent, entre ces lignes écrites, lues dans les
larmes.
Étendue sur ma natte, je rêve à des choses mal définies; c’est un
brouillard, un brouillard étouffant, je me réveille, je ne sais plus ce
qui m’a fait pleurer.
Je crois que je pleure sur moi-même.