Charlotte est reçue.
C’est dans ma chambre, où ils m’attendaient tous les deux (pour épargner
à ma Lolotte l’angoisse de voir passer ce feuillet blanc, qui affiche si
peu de noms à la porte de l’École), que je leur ai annoncé la bonne
nouvelle.
En route, j’avais croisé d’Aveline, qui m’avait dit tout de suite le
résultat; il voulait me parler de moi, me serrant si affectueusement la
main. Mais je brûlais de me sauver, d’aller les rejoindre, j’ai crié:
merci, merci, et au galop, je suis revenue dans ma chambre.
Nous étions ivres tous les trois, Charlotte pleurait, je riais, lui nous
tenait chacune par la main, et confondant nos mains dans un même baiser:
«Vivent les Sèvriennes, vive Mlle Lonjarrey, hourrah pour Marguerite
Triel.»
En partant, il m’a dit:
--«Maintenant que Charlotte va être un peu plus votre sœur,
mademoiselle, voulez-vous me faire la grâce de m’accepter pour ami.
--»Oh! oui, ai-je répondu, en y mettant tout mon cœur.»
Charlotte nous regardait avec des yeux ravis.
--«Tu sais qu’il t’adore, et qu’il veut dans un médaillon sculpter nos
deux profils.»
Je me suis sentie rougir.