20 juillet.

Charlotte est reçue.

C’est dans ma chambre, où ils m’attendaient tous les deux (pour épargner

à ma Lolotte l’angoisse de voir passer ce feuillet blanc, qui affiche si

peu de noms à la porte de l’École), que je leur ai annoncé la bonne

nouvelle.

En route, j’avais croisé d’Aveline, qui m’avait dit tout de suite le

résultat; il voulait me parler de moi, me serrant si affectueusement la

main. Mais je brûlais de me sauver, d’aller les rejoindre, j’ai crié:

merci, merci, et au galop, je suis revenue dans ma chambre.

Nous étions ivres tous les trois, Charlotte pleurait, je riais, lui nous

tenait chacune par la main, et confondant nos mains dans un même baiser:

«Vivent les Sèvriennes, vive Mlle Lonjarrey, hourrah pour Marguerite

Triel.»

En partant, il m’a dit:

--«Maintenant que Charlotte va être un peu plus votre sœur,

mademoiselle, voulez-vous me faire la grâce de m’accepter pour ami.

--»Oh! oui, ai-je répondu, en y mettant tout mon cœur.»

Charlotte nous regardait avec des yeux ravis.

--«Tu sais qu’il t’adore, et qu’il veut dans un médaillon sculpter nos

deux profils.»

Je me suis sentie rougir.

Les Sèvriennes · 第 94 / 222 题