M’y voici, dans cette vieille rue Saint-Jacques, où habite Charlotte; je
n’arriverai jamais assez tôt, pour leur offrir les premiers rameaux de
«joli bois», que le père de Berthe est allé me cueillir, ce matin, dans
la forêt.
L’étrange et brave cœur: il est bien l’image complète de l’ébauche
qu’est Berthe; à vivre près de lui, on ne songe plus au ridicule de ses
habits, à la singularité des papillotes. Il vit en communion avec la
nature, simplement; c’est cette sincérité, cette bonté qui seront dans
la vie la grande force de Berthe.
A table, on cause de mon voyage à Barbizon, les fleurs embaument, M.
Dolfière a voulu que je lui fleurisse sa boutonnière; Charlotte, avec
ses dents, a coupé le brin que j’ai piqué ensuite au veston de son
fiancé.