24 avril.

M’y voici, dans cette vieille rue Saint-Jacques, où habite Charlotte; je

n’arriverai jamais assez tôt, pour leur offrir les premiers rameaux de

«joli bois», que le père de Berthe est allé me cueillir, ce matin, dans

la forêt.

L’étrange et brave cœur: il est bien l’image complète de l’ébauche

qu’est Berthe; à vivre près de lui, on ne songe plus au ridicule de ses

habits, à la singularité des papillotes. Il vit en communion avec la

nature, simplement; c’est cette sincérité, cette bonté qui seront dans

la vie la grande force de Berthe.

A table, on cause de mon voyage à Barbizon, les fleurs embaument, M.

Dolfière a voulu que je lui fleurisse sa boutonnière; Charlotte, avec

ses dents, a coupé le brin que j’ai piqué ensuite au veston de son

fiancé.

Les Sèvriennes · 第 83 / 222 题