Je viens d’aller faire ma leçon aux arbres du parc. L’air était si doux,
que sous les feuillages blonds, près de l’herbe fraîche encore, on se
serait cru au printemps. Mon plan bien en tête, j’ai improvisé. Les
paroles, les images surtout, naissaient à chaque pas.
La marche rythme ma pensée, je suis toute surprise de parler ainsi sans
embarras; quand un mot s’obstine à ne pas venir, je n’ai qu’à regarder
les feuilles, à m’avancer plus loin sous le bosquet, en cherchant, et le
mot, le mot cher à d’Aveline, est là sur mon chemin.